Memories of a Dead Man - Ashes of Joy

Dans une industrie musicale sans pitié pour ceux qui refusent d’évoluer, MOADM s’impose comme l’un des futurs grands de la scène de l’alternative metal. Il y déverse l’expression d’une rage exacerbée, chargée d’émotions sombres et désespérées. En refusant de succomber aux modes qui naissent et meurent au fil du temps, tout en étant respectueux de l'héritage de ses aînés, le groupe nous sert un savant mélange de brutalité et de mélancolie, soutenue par une voix profonde, puissante et envoûtante.

Leur musique exclue toute barrière et alterne violence et calme, agressivité et sensibilité, tout en restant en per- pétuelle évolution pour mieux nous emporter. Les conventions sont bousculées, avec une écriture et des structures a l’approche novatrice et aux fondations pachydermiques alliés a des sentiments de plénitude, de dépression et de folie furieuse. Ce tout s’unit pour nous assommer et nous emporter vers une lente et transcendante agonie.Au travers de l’écriture de ce nouveau disque MOADM n’a eu qu’un seul but : propager et partager ses atmosphères lugubres, sa puissance et sa subtilité, son univers à la fois énergique et cérébral.

Le groupe compte près de 350 concerts à son actif, auprès d’artistes de renommée tels que Tesseract, Devil sold his soul, New Model army (Royaume-Uni), Sonic syndicate (Suède), Saul Williams (Etats- Unis), Anonymous (Canada) ou les formations françaises Aqme, Black Bomb A, The Arrs, Trepalium, Hacride, Zuul Fx, Klone et bien d’autres.

Line up :

Ben D : guitare solo/composition
Pierre D : chant/textes
Tony G : guitare et chœurs
Hervé O : basse
Jeff E : batterie

Moadm est un groupe forgé dans le post Hardcore unique en son genre puisque né dans l'union des cinq membres du groupes se refusant aux limites du genre. Ashes of Joy prend une place décisive dans leur carrière, après leur album Vitriol qui fut bien accepté par la communauté, il est maintenant temps de confirmer cette avancée.

C'est un album de 12 titres qui nous est présenté, aux touches soignées par un artwork de qualité qui vient apporter un côté plus clair et neutre comparé à celui qui avait illustré Vitriol.

Cette dernière production de chez Season of Mist s'ouvre sur un titre introductif Prelude (solemn Requiem) assez progressif qui pose dès maintenant les bases de la sonorité Moadm. Quelque chose mélangeant sensibilité à un côté très sombre. Une sorte de croisement entre un queque chose de malsain et dérangeant associé à une ligne beaucoup plus sobre et claire.

C'est dans cette continuité qu'arrive Aurora. Le chant de Pierre a la particularité d'être à la fois expressif et tranchant. On retrouve un rythmique basée sur un riff classique, revêtu d'une piste mélodique sur le couplet. On est très loin de quelque chose de violent et agressif. Le bridge effetué par une guitare au son légèrement saturé amène ce côté coloré. C'est la dessus que va se baser l'ensemble de mon analyse, car au delà d'un son parfois sec, on retrouvera toujours la chaleur dégagée par une guitare, un rythme de batterie, une ligne à la basse ou encore la voix.

On s'attaque alors à une sonorité parsemée de subtilités qui vous sera possible d'acquérir seulement pas votre propre interprétation. Je doute que le son Moadm soit une simple ''formule'' ou recette magique qui formerait l'ensemble des compositions présentent sur cet album. J'ai plus l'impression de percevoir un désir commun de mettre en musique un ressenti très profond, d'où ce mélange violence/mélodie.

The fall of doG_ Maelstrom involu nous plonge encore plus dans cette logique (qui n'est peut être que la mienne). Les plans instrumentaux sont simples mais efficaces, de toute évidence je doute que la complexité ou la démonstration technique soient vraiment ce que recherche le groupe, il est question ici de cohérence dans l'ensemble des titres. Mais si l'aspect technique garde sa sobriété, on notera un gros travail sur la structure des différentes compositions. Il faut amener quelque chose de propre tout en laissant le choix à l'auditeur de suivre ou non le chemin proposé par le groupe.

Melancholia est pour moi le titre le plus représentatif de mon argumentation sur la sensibilité que dégage cette production. Toujours sous un registre très progressif (une dizaine de minutes tout de même), d'ailleurs j'ai été amené à trouver comme influence Porcupine Tree qui pourrait être justifiée de par quelques passages à la guitare. Un morceau réfléchi, vocalement violent mais qui ne se transforme pas dans de la brutalité simple.

Et puisqu'on parle du style prog' le morceau qui suit trouve aussi son compte dans un voyage sublimé par une basse ultra efficace par Hervé. Notons qu'il est très appréciable (pour une fois) de différencier les instruments les uns aux autres... surtout pour la basse ! Pour une fois qu'elle est audible dans une prod... Touched with pensiveness est tout aussi puissant en ressenti, il prend aux tripes et je pense que les musiciens derrières leurs instruments ressentent eux aussi cette puissante vague. On a surtout pas envie que ça s'arrête...

Mais il faut savoir reprendre ces esprits ! Wounded Knee nous fait cette piqûre de rappel nous disant qu'on n'est pas non plus la pour planer. Un morceau qui trouve parfaitement sa place comme titre de relance ! From mud to heaven s'installe doucement, tout comme le fera La Nausee. J'ai tout de même envie d'ouvrir une parenthèse, je me suis retenu de faire un quelconque rapprochement entre l'artwork de cette production avec celle d'un certain album de Gojira From Mars to Sirius (surtout me demandez pas d'où est-ce que je suis allé chercher ça). J'ai l'impression que ce titre m'oblige à aborder vaguement le sujet.

On retrouve la plage plus ou moins étrange de Draft of the second qui est un titre que j'ai eu du mal à cibler. Je pense que c'est du au refrain qui m'a interpellé à la première écoute. Je trouve également dommage que Going out with the whore's saliva se trouve si loin dans l'album, même si je ne vois pas où j'aurai pu le placer autre part. Le risque avec le penchant prog' est de perdre l'auditeur. Même si je ne pense pas m'être perdu dans l'écoute, il est vrai que certains passages peuvent être déroutants si on porte notre regard sur l'ensemble de l'album.

L'album se termine sur deux titres aux aspects mélancoliques, qui nous laisseront relativement dubitatif sur l'expérience que nous venons de vivre aux côté des Moadm.

C'est un album très intéressant et loin des caractères classiques du registre Post Hardcore. Très personnel avec une vague progressive qui submerge l'ensemble de cette production, Ashes of Joy fait parti de ces albums qui nous bouleversent. Reste à savoir si cette expérience peut être retranscrite sur les planches des scènes.