Memories of a Dead Man - VITRIOL

Les français de MOADM reviennent en 2012 avec leur second album, VITRIOL, sorti par le tandem Season of Mist/Klonosphere. Pour ce nouvel opus, la formule semble avoir changée, le groupe a évolué vers un style se rapprochant du postmetal, tout en gardant des influences de Post Hardcore à la While She Sleeps et un côté plus atmosphérique pouvant se rapprocher de Deftones.

Cet album se compose de 11 chansons, qui sont dans l’ensemble assez longues, à savoir environ 5 minutes 30 en moyenne, sans pour autant tomber dans du progressif ou dans des instrus interminables.

Dès le premier titre, Tomorrow at dawn…, la formation parisienne donne le ton et nous offre un aperçu de l’orientation musicale qu’aura l’album. Le groupe mélange les ambiances offrant un premier morceau pouvant paraitre complexe, voire déroutant pour certains à première écoute, mais le brouillard se dissipe par la suite.

On parlait des influences post Hardcore un peu plus haut. Elles se manifestent notamment sur ce morceau, et sur l’album en général par la voix de Pierre, qui semble s’opposer sur ce titre aux refrains de la chanson chantés par Audrey Henry, bassiste du groupe.

Les paroles quant à elles ne sont pas super gaies, mais c’est bien écrit et ça ne tombe pas dans les clichés. Le thème récurrent semble être le suicide et la destruction de soi. D’ailleurs la dernière chanson, INRI, est l'acronyme de l'expression latine Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm à savoir « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». L’album se finit donc ainsi, sur une crucifixion.

Les fans des instrumentales seront satisfaits car la voix semble avoir mis en retrait à certains moments comme sur Under the Cross, ce qui est d’après moi une assez bonne idée.

Côté instrumentale, on retrouve un melting pot post Hardcore – metal atmosphérique, où les tempos bourrins se mélangent avec des rythmes plus posés. Mais on retrouve également des éléments puisés dans le doom comme sur An Ode to Myself ou Trismegistus King offrant un rythme plus lent et lourd pas désagréable à l’écoute. On flirte même avec le drone sur Meshi’ha, pouvant faire penser à Year Of No Light. 

Cependant, la voix et l’instrumentale restent assez éloignés l’un de l’autre, si bien que si l’on venait à écouter la voix d’un côté et l’instru de l’autre, on l’aurait l’impression d’entendre deux groupes différents. C’est d’ailleurs ça qui fait le charme du groupe. La comparaison avec Deftones prend alors tout son sens, même si musicalement les deux groupes sont assez éloignés.

On peut se demander à la première écoute sous quel genre on peut caser cet album. Plus on avance, plus on comprend qu’on ne peut pas le faire. On finit par laisser les deux ambiances cohabiter, se toucher, parfois même se mélanger.

La principale remarque qu’on pourrait faire à cet album est le côté linéaire que peut prendre certains titres qui semblent trop rapprochés les uns des autres. La formule, à force, semble en effet perdre de son efficacité.

Un autre problème est que le groupe ne donne peut être pas assez d’importance aux passages instrumentales, alors qu’ils ont largement les capacités d’en écrire de très bons, on peut prendre l’exemple de INRI ou de An Ode to Myself. Il semble d’ailleurs étrange que son ode à lui-même soit la chanson avec le moins de textes.


A part ces quelques petits détails, l’album est très bon et le groupe a toutes les capacités pour s’imposer encore plus par la suite sur la scène française.