Mithridatic - Miserable Miracle

Après des débuts houleux, le groupe Mithridatic sort enfin son premier album le 11 mars 2016. Connus depuis 2005 sous le nom de Mariscorn, c’est en 2007 que la bande adoptera le nom de Mithridatic après des changements de line-up.  Deux démos entre 2007 et 2010 (Dawn Of Bitterness, Guillotine Supremacy), un EP en 2015 (The Hunt Is On), c’est neuf ans après les débuts de la nouvelle formation que ce petit dernier paraît sous le nom de Miserable Miracle chez Kaotoxin Records (The Erkonauts, 6:33, Otargos), et dire que nous avons été agréablement surpris serait un euphémisme.

 

Le line-up vend du rêve : Remolow et Guitou (ex-Somnation) respectivement à la basse et au chant, Romain Sanchez et Alexandre Brosse aux guitares, et le génial Kévin Paradis à la batterie (Svart Crown, Melechesh, Benighted…). Pas des débutants, on a déjà une idée de la raclée qui nous attend. Vérifions ça sur la galette !

Si on devait résumer en un mot la première impression qu’on a à l’issue du premier morceau (« The Supply… »), ce serait très vraisemblablement : terreur. Le décor est mis en place, l’univers dans lequel on va baigner pendant trois quarts d’heure est décrit auditivement. Ce concept d’intro glauque n’est pas forcément original, surtout dans le black metal, mais ici c’est tout particulièrement réussi : le son va crescendo, plaintes torturées, percussions tribales pour un effet vraiment dérangeant. Rapidement rejoints par un chant guttural aigu pouvant évoquer celui de Satanic Warmaster,  les riffs glacés de l’intro cèderont leur place au second titre « … For Terror And The Crowd », qui secouera l’auditeur comme il faut. Le son est très propre, équilibré, génial pour un premier album. Le chant de Guitou (alternativement grave-aigu selon les morceaux et les passages) ainsi que les riffs et arrangements confèrent une saveur à la sauce blackened death metal digne des maîtres, tout en assumant totalement les influences de groupes tels que Morbid Angel. On reconnaît notamment l’héritage des anciens sur des titres tels que « Funambule Pénitent », qui pourra évoquer Behemoth (à leur mi-carrière), « Miserable Miracle » qui rappellera Morbid Angel, « Dispense The Adulterated » qui serait un genre d’hybride entre Inquisition et Archgoat ; le tout saupoudré de Mayhem par ci par là. L’exploit tient aussi du fait que malgré la palpabilité de ces influences, les morceaux de « Miserable Miracle » n’en restent pas moins originaux et sans donner d’impression de déjà-vu : on aurait plutôt tendance à dire qu’il s’agit des héritiers qui, suivant le chemin des Maîtres, affinent encore et subliment un savoir faire remontant aux années 1990.

 

Polyvalence, technique et originalité : les musiciens de Mithridatic s’affirment de façon martiale comme des virtuoses à travers cet album. On ne peut qu’admirer la qualité de cet album d’autant qu’il s’agit de leur premier. Rappelons-le encore pour ceux qui n'auraient pas suivi. On ne doute pas un seul instant que ce groupe se tiendra sous peu au premier plan de la scène black metal nationale et au delà s’il persiste dans cette voie. Miserable Miracle est un chef d’œuvre et pose les bases pour un succès imminent, tout en plaçant la barre très haut pour la suite.

Espérons qu’ils ne se brûlent pas les ailes pendant cette ascension !