Monster Magnet - Last Patrol

Le « monstreux aimant » a connu des heures bien difficiles après les problèmes d'addiction médicamenteuse de son leader de toujours, Dave Wyndorf, un retour avec un opus constitué de faces-b pas forcément bien accueilli par tout le monde (4-Way Diablo, 2007).

Seulement tout cela est bel et bien fini. D'abord grâce au retour en puissance des allumés avec le justement salué Mastermind (2010), constitué d'autant de douceurs psychédéliques furieusement rock'n'roll. A moins que ça ne soit l'inverse ? Le groupe a surfé sur ce regain d'énergie en proposant par deux fois une tournée revisitant l'un de ses classiques, Dopes To Infinity en 2011 et Spine Of God en 2012. Et pas que le revival soit une mauvaise chose mais deux fois d'affilées il y a de quoi se poser des questions.

Mais la seule qui importe bien est : Last Patrol fait il honneur à l'oeuvre d'un des piliers du stoner ?

Ce qui frappe à la première écoute sur ce nouvel album de la bande à Dave (Wyndorf hein, pas Mustaine ou autre) c'est le pourcentage de passages acoustiques et le rendu plutôt calme de celui ci. En effet si I Live Behind The Clouds commence l'album en montant en puissance on ne peut pas dire qu'il finisse par être aussi heavy que le Hallucination Bomb (ah cette grosse basse bien grasse!) qui ouvrait Mastermind pour prendre un exemple récent. Et si l'éponyme nous entraîne vers des terrains bien plus connus (ce riff 100% Wyndorf), les passages plus atmosphériques sont légions au cours des neuf minutes qui le composent.

On y trouve d'ailleurs les premières percussions du disque qui reviendront à pas mal de reprise. Le travail effectué sur les arrangements est un régal pour l'oreille et ferait presque de Last Patrol l'album le plus « détaillé » de Monster Magnet : percus (déjà évoquées), orgue sur le bien nommé Hallelujah, claviers inquiétants sur End Of Time et beaucoup de titres électro-acoustique (The Duke Of Supernatural, Stay Tuned, Paradise).

Ce qui donne son unité à ce disque très ouvert est son côté spatial qui ramène aux plus vieux travaux du quintet. Seul Mindless Ones représente la face la plus rock'n'roll et la plus directe de MM et se montre pour le coup de qualité mais moins surprenant que ses petits camarades.

Paradise rappelle le Dead Christmas de Dopes To Infinity, entre la pop et le psychédélique. The Duke Of Supernatural aborde un visage beaucoup plus sudiste et groovy sur lequel la gratte sèche se taille encore une fois la part du lion. Stay Tuned est assurément le titre le moins « complexe » du lot (ce terme ne convient pas à la musique de Monster Magnet mais vous voyez ou je veux en venir) avec juste deux pistes de guitares (sèches et électrique) et la voix plus douce que jamais du père Dave.


En définitive Last Patrol est une sacré réussite au niveau de son écriture très fine mais toujours aussi acide et entraînante. 
Loin de se laisser vivre Dave sait encore surprendre tout en gardant l'identité de son bébé, la grande classe !

Un trip loin, par delà les nuages pour le meilleur opus de la Space Machine depuis fort longtemps.