Monte Ida - Devotion

Monte Ida est un trio screamo rennais fondé sur les cendres d'Alpha Windmill Excursion. Avec Devotion sorti le 6 septembre 2014, le groupe donne naissance à son premier éponyme de cinq titres enregistré au Studio Vetter et masterisé par Amaury Sauvé ( As We Draw). Il marque son empreinte dans le sillon d'un screamo européen, peut-être plus subtilement produit que ses homologues américains qui sont réputés pour leur connaissance du genre.

Line-up: 

Cédric Derouet (Batterie)
Quentin Pautonnier ( Chant, Basse)
Pierre-Marie Roinel ( Chant, Guitare)

Teramene débute sur un instrumental lent, saillant, émouvant; rejoint progressivement par une voix qui indique d'emblée le ton de l'album. Mélancolie et langueur s'accouplent pour se laisser tatouer par une rage d'une spontanéité incroyable et dense, intarissable. Dès les premières notes d'Eco, on entend la fragilité de l'intro se briser et sortir de sa chrysalide afin de donner naissance à ce que Devotion maitrise de main de maître: une fureur omniprésente qui embrigade l'auditeur. Nous n'avons pas accès ici à une énième production ado-screamo comme les années 2000 nous en ont hérigé à la pelle. Monte Ida, c'est la rage d'un harcore pur au niveau vocal accompagné du trio basse-guitare-batterie qui sait dominer et se démarquer des influences notables. La pureté du blanc sur le fond de la pochette du disque anxieusement filtré au rouge saillant creuse le screamo dans ce qu'il nécessité: une production à travers laquelle le goût de déjà-vu ne s'insinue pas.

Opere alterne riffs puissants et dégradants, batterie sournoise et sinueuse, avec un son clair insolent d'ingénuité. Une émotion extrême se dégage d'une telle particularité, où chaque élément est avec ajustement imbriqué dans l'autre. Cette voix si puissante signe votre arrêt de mort à chaque vers balancé à contre-courant de nos sens: " Searching for knowledge in mud and tears that never show the way to follow/ We're kind of unequel energies/ One always fighting the other".

Tauri se laisse entamer par une caisse claire alourdissante, amidonnée par la langueur d'un duo basse-guitare que l'on n'ose pas attendre sous ce tournant, tourment. Lorsque qu'Ate retentit, avec cette voix plongée dans le baril de vitriol, troublante de hurlements sans fin, on songe que l'EP prend fin trop rapidement, et que cette sorcellerie dans laquelle est parvenu à nous immerger Monte Ida est septentrionale,abyssale. Le titre s'incline dans une extrême lenteur, comme pour nous accompagner dans la chute cotonneuse qu'est la finalité de cet album. Sublime.Illustre. Parfait.

A travers Devotion, Monte Ida nous livre l'incroyable étanchéité de ses facette, sans jamais nous livrer ne serait-ce que le visage de ses musiciens. Mystère à part entière pour la mystique d'un groupe d'artistes très talentueux qui donne un son de Rock Hall Of Fame au screamo de France.