Mortillery - Shapeshifter

Si Mortillery rencontre du succès aujourd’hui, ce n’est pas pour rien. Le groupe est audacieux et n’hésite pas à faire parler de lui, notamment en se produisant en première partie de groupes comme Sepultura et Suicidal Angels. Nous sommes en 2016, le groupe a déjà trois albums à son compteur dont ce petit dernier brûlot, Shapeshifter. Maintenant, la question est: est-ce que Cara McCutchen et sa bande ont réussi à faire mieux qu’Origin Of Extinction, sorti il y a déjà trois ans ?

Dès la première piste « Radiation Sickness », on reconnait d’emblée le style du groupe… Vous savez, ce mélange subtil entre Heavy Metal et Thrash « Old School ». Sont donc au rendez-vous, et ce durant tout l’opus, des titres dopés, remplis de hargne, qui ne sont pas sans rappeler le bon vieux temps où Exodus sortait encore Bonded By Blood. « Mantis » fera partie de ces titres qui feront exclusivement penser à la mouvance « Thrash » alors que le riffing d’ « At The Gates » est digne d’un tube de Twisted Sister (lequel, on ne le vous dira pas !).

Oui, Mortillery ne fait pas seulement dans le Thrash, et donne également beaucoup de crédit à la mélodie. Les mélodies incisives de « Age Of Stone » ne contrediront pas mon propros. Mais il est intéressant de voir le morceau en question prendre des aspects plus « Thrashy/Punk » par la suite, c’est dire si le groupe est en manque d’influences... Ça a la dextérité d’un bon vieux titre de Death Angel, ça a la finesse d’un morceau signé par Adrian Smith, et ça a le côté bien crade d’un tube de GHB. Clairement, on a aimé. 

Un autre point fort: Cara McCutchen et sa panoplie de variations vocales. En effet, comme à son habitude, la diva arrive à véhiculer une rage exemplaire sur les titres comme « Mantis » et « Bullet », mais parvient également varier les intonations et les techniques tout au long de l’album, notamment sur le titre « Black Friday » où cette dernière alterne entre chant clair et chant crié. En plus, elle n’hésite pas à monter dans les aigus comme sur « Shapeshifter »… C’est une voix qui s’est affermie depuis le dernier album que nous offre la Cara McCutchen, et comme toujours, c'est à celle de Mark Osegueda qu'elle nous fait penser… Il y a des signes qui ne trompent pas, le groupe s'inscrit bien dans la tradition du Thrash « Old School »...

Tous les morceaux sont particulièrement accrocheurs bien qu’un peu redondants (tous les titres tournent autour des 4-5 minutes). Toutefois, on sent quand même que le groupe a fourni beaucoup d’énergie à se renouveler depuis Origin Of Extinction. Certes, c’est raté pour cette fois… Mais cela ne fait pas de Shapeshifter un mauvais album pour autant… Au contraire, cela montre que le groupe est propriétaire d’un style qui lui est propre. 

La production est digne d’un groupe de la trempe: elle est bien crue et retranscrit comme il faut l’énergie propulsée par les 6 cordes. Par contre, il est regrettable que les guitares fassent de l’ombre à la besogne accomplie par Miranda Gladeau, la bassiste. Il faudra seulement attendre et écouter attentivement le titre « Torture » pour se rendre compte de la pertinence de son style.

Mortillery nous a sorti là un très bon album, non dépourvu de tout défaut pour autant… Shapeshifter montre néanmoins une formation qui est sur la bonne voix, et que l’on verra sûrement remplir des salles à moyenne jauge par la suite !