Motocultor 2016 - Jour 1

Pour la deuxième année consécutive, la rédaction de Metal Cunt vous propose son live report du Motocultor festival ! On reprend ses esprits, on se repose « vite fait », et l’on replonge dans ses souvenirs et tout ce que la rédaction a vécu ce week-end. Vous le savez tout aussi bien que nous, le festival est en danger, mais l’équipe organisatrice a quand même fait de son mieux pour nous sortir une affiche cohérente sans forcément tomber dans le « Mainstream ». Ainsi, comme chaque année, on a eu le droit à notre petit lot de surprises, de belles découvertes, et de flops en tout genre.

Cette année, malgré les restrictions budgétaires, le festival a quand même évolué et a proposé deux scènes couvertes contre une en « open air ». Autre point positif, l’organisation a pris en compte les remarques de l’an passé concernant la nourriture. Cette année « adieu la queue ! », tous les festivaliers ont pu se ressourcer en temps voulu… Par contre, suite à des soucis d’impression, les festivaliers n’ont pas pu avoir le fameux running order… Pas grave, tout le monde s’y est quand meme retrouvé ! 

Nous arrivons à cinq heures sur le camping… L’emplacement a également changé depuis l’année dernière, nous prenons notre bracelet et rejoignons nos camarades de beuverie ! Il fait beau, mais pas pour longtemps ! Dès le lendemain matin, le premier jour du festivalier, il pleut des cordes et le moral retombe au plus bas… Et c’est là qu’on se rend compte de l’importance des chapiteaux…

C’est donc T.A.N.K. qui ouvre les hostilités sur la Dave Mustage. Encore une fois, si le groupe de Death/Thrashcore parisien se voit ouvrir pour un gros festival, cela ne leur fait pas peur. Eux, ils viennent comme ils sont, même si leur batteur a été remplacé… La prestation est carrée et ils font découvrir à nouveau les titres issus de Symbiosis. Quant à nous, nous avons surtout apprécié le lien qui s’est noué entre le public et ses fans ! Ces quelques punch lines: « Remuez moi vos têtes », « Merci au Motocultor de nous accueillir sous ce temps merveilleux » (ironie) et « faites moi le premier Wall Of Death du festival » ont marqué les festivaliers ! Pour faire court, mission accomplie pour les parisiens ! Espérons juste que cette date leur ouvrira de nouvelles portes, car ils le méritent. 

Les intempéries nous empêchant d’assister au concert de Furia, nous assistons de près au concert de Witchthroat Serpent sous le chapiteau de la Massey Ferguscene. Bien que nous n’ayons pas tout vu, le Stoner/Psychedelique aura fait bonne impression et fait oublier le temps de quelques instant les pluies torrentielles grâce à un concert très pro… Vous savez si des groupes comme Glowsun et Mars Red Sky ont la côte, ce n’est pas pour rien…  Witchthroat Serpent s’inscrivant dans la suite logique de ces groupes, ils font forts d’une identité propre et n’hésitent pas donner une nouvelle dimension aux titres issus de leur dernier album, Sang Dragon... Ce sont des tranches fortes d’une basse pleine d’effets fuzzy et d'une voix criarde. On a aimé. 

Nous revenons d’une interview et nous nous retrouvons devant Moonreich que nous avions déjà vu au Hellfest cette année. Tout comme à Clisson, maquillages et ambiance sombres étaient au rendez-vous. Mais ne comptez pas sur le groupe pour jouer ce qui pourrait être considéré comme une pâle copie de tout ce qui se fait en terme de Black Metal. Non, Moonreich nous a offert un très bon concert de Black Metal. Fort d’une mise en scène impitoyable et authentique, les guitares saccadées ont donné de relief au chant crié de Weedir et fait vivre une batterie pleine de textures - Elle s’alterne entre Blast/Beat et moments plus calmes. Après avoir gueulé « C’est la dernière », et lancé quelques derniers riffs assassins, les chevaliers du Moonreich repartent chez eux… Ce fut un très bon concert bien que la basse ait, de temps à autre, piqué la vedette à la guitare. 

Après cette belle performance, et vu que le soleil est revenu, nous courons vers la Supositor Stage voir un peu le show de Onslaught, véritable icône du Thrash anglais. Mais que se passe t-il ? Le groupe prend beaucoup de temps à faire son sound-check, et c’est limite insupportable puisque cela retarde le début des hostilités… Dommage. Quoi qu’il en soit, le groupe arrive (et fait même jouer deux fois au lieu d’une fois sa piste introductive) et enchaîne ses premiers morceaux… Mais hélas, le son restera mauvais (on dira « pourri ») tout au long du show - Il y a beaucoup trop de basse et ça ne cesse de craquer ! Dommage, car ces morceaux, nous les aimons et écoutons souvent… En plus, son leader, Sy Keeler, est toujours aussi charismatique et entretient une très belle relation avec son public, il lui parle comme s’il parlait à ses potes… Si c’est pas la classe, ça ! 

Pendant que Onslaught règle ses problèmes d'ampli, nous nous précipitons devant la Massey Ferguscene où Barabbas était en train de se produire. Pour être honnête, la rédaction ne connaissait pas du tout ce groupe avant qu’il ne pose ses flightcases sur les terres bretonnes. En tout cas, ce groupe aura fait bonne impression avec un Metal Groovy à souhait. C’était une sorte de Doom Sludge pourvue de mélodies lourdes et guitares à la wah-wah qui ne sont pas sans rappeler celles d’un certain Tony Iommi. Certains diront que le chanteur en faisait trop lors qu’il est descendu rencontrer ses fans pour leur serrer quelques poignes... Mais en tout cas, nous avons aimé sa personnalité et son charisme. Autre chose, le groupe a su marquer le coup lors du dernier morceau en invitant des nonnes et un curé équipé d’un encensoir pour qu'il puisse exorciser la Massey Ferguscene. Un dernier salut envers son porte micro en forme de crucifix, et le groupe repart. 

Nous retrouvons les Vulcain sur l’autre scène ! Le groupe Parisien considéré comme étant le Motörhead français, il fut un temps… Après avoir joué au Hellfest l’année dernière, ils se produisent enfin au Motocultor, et c’est qu’ils sont heureux. Mais malheureusement, rien ne se passe comme prévu, Daniel rencontre des problèmes d'ampli (encore !) tout au long du set, et la performance ne s’avère pas toujours carré… Le tout a l’air parfois assez faible pour un groupe de cette envergure. Mais pas grave, le groupe fête les trente ans de Rock ’n’ Roll Secours et met pas mal de morceaux de cet album et de V8, son dernier album en date dans sa setlist. Le public est très réceptif en plus… Jamais nous n’aurions pensé voir des jeunes faire des pogos pendant « Ebony », « Avec Vous » et « L’Enfer ». En plus, le groupe a tenu à rendre hommage à Lemmy, l’homme pour qui il a ouvert plusieurs fois, en reprenant « We Are The Road Crew » chanté en français pour l’occasion. Un concert mitigé pour Vulcain, mais qu’est-ce que ça fait plaisir de les voir sur scène ! 

Nous prenons une pause et allons voir Holy Moses, un groupe culte de Thrash Metal ! Sabina Classen et ses sbires dévalent les abords de la Supositor Stage et tuent à coup de riff bien Thrashy/Punky le peu de cervicales qu'il nous reste avec des titres comme « Hellhound », « World Chaos ». Le son est propre et le groupe retranscrit avec perfection l’intensité de ses titres… Mais en live, une autre dimension est en jeu, la charismatique Sabina, toujours en voix ne cesse de crier et de gueuler si bien qu’on aurait cru croire qu’elle voulait manger des entrailles de ses fans. Et c’est ça qui plait. Après tant d’années d’activisme, le groupe est resté le même. Mais pourquoi y a t-il presque personne aux abords de la scène ?

La réponse s’appelle Atmospheres. Le chapiteau sous lequel le groupe se produit est archi-blindé. C’est à croire que les Djent/Metal Atmosphérique a la côte en ce moment. Dès que nous arrivons sur les lieux, nous sommes pris par l’ambiance si particulières des compositions du groupe, qui ne donne pas beaucoup d’importance au chant, seul le clavieriste en assure quelques parties de temps en temps. Cela pris à part, il fut agréable de voir que leur son était très propre, et que les parties s’emboîtaient très bien donnant au groupe beaucoup de crédibilité. Bien joué ! 

Interview oblige, nous ratons Gaidjinn et nous nous retrouvons devant The Midnight Ghost Train, ou la grande découverte de ce premier jour ! En fait, The Midnite Ghost Train a réussi à donner un petit truc en plus à ses compositions de Sludge Rock Atmosphérique. Beaucoup seront du même avis que moi, c’est vraiment la basse et le chant si particulier de Steve Moss qui ont transporté les festivaliers ! Certes, la technicité n’était pas au rendez-vous, mais est-ce que ça a empêché de prendre du bon temps et de s’entremêler dans de nombreux pogos ? Non ! 

Puisque la rédaction s’est mis en tête de chroniquer le maximum de groupe, elle court vers la Supositor Stage pour assister à quelques bribes du concert qu’a donné Bölzer. Si le groupe s’inscrit dans la catégorie des musiques extrêmes, la foule ne s’est pas précipitée dans le pit et a préféré se concentrer sur l’aspect solennel de sa musique. En effet, les deux musiciens, un à la batterie et l’autre la guitare et au chant provoque la foule avec des morceaux fleuves parsemés de sonorités lourdes (guitare à dix cordes oblige).

Malheureusement, notre interview en compagnie des Vulcain a pris plus de temps que prévu et nous loupons l’intégralité du show de Grave… Mais nous tenions à nous rattraper avec les deux prochains gigs. Encore une fois, ce fut difficile de faire un choix… Que choisir entre Khors et Gruesome ? Il a fallu couper la poire en deux et assister à quelques parties de chacun des concerts… À commencer celui de Gruesome, ex-coverband de Death… Les mimiques et les techniques sont restées intactes, mais il est intéressant de voir comment la formation a su s’approprier le style de Chuck Schuldiner et les transposer sur leurs propres compositions issus de Savage Land et Dimensions Of Horrors. Et bien sûr, le groupe s’illustre en proposant un set carré, pertinent de bout en bout, n’oubliant pas de rendre hommage à ses aïeux en interprétant une reprise de celui-ci: « Open Casket ». Un excellent concert ! 

Pendant ce temps, Khors brandit le drapeau de sa nation et vante avec fierté les mérites de la culture ukrainienne. En effet, après son passage remarqué au RagnardRock, Khors revient en France pour présenter son Black/Atmosphérique nourri de touches personnelles. Et quelle claque ! Les sonorités sombres des morceaux issus de son dernier album, Night Falls Onto The Fronts Of Ours, rentrent bien en connivence avec un jeu de lumière infernal. Souvenez-vous de la noirceur des parties instrumentales de « Dead Bird Valley », elle s’associait parfaitement avec le ton orangé des fumigènes et la voix criée de Helg ! Une chose est sûre, le groupe est riche d’une personnalité qui lui est propre et n’hésite pas à le montrer que ce soit par l’intermédiaire des costumes des protagonistes et de l’interprétation sans faille des morceaux qui ont été présentés ! 

Rotting Christ n’est plus une denrée rare sur notre territoire, et à vrai dire, nous n’allons pas nous en plaindre ! Toujours dans l’optique de promouvoir son nouvel album, Rituals, le groupe fait escale à St Nolff. Et comme d’habitude, le concert des Rotting Christ est excellent, et ce, sous tous les angles. Les lumières sont très pures, et la setlist met bien en avant les meilleurs tranches des grecs. Ont donc été au rendez-vous des morceaux comme « Kata Ton Demona Eautou », « Apage Satana » et « Societas Satanas »… Mais si Rotting Christ récolte tous nos éloges, c’est bien au niveau du crédit qui a été accordé à la construction d’un show progressif. Construit en trois parties distinctes, le show a été ponctué par des moments forts qui ont eu la tâche de rythmer le show des grecs, qui prenait régulièrement des allures de messe noir. En plus, les grecs interprètent au poil de la lumière l’ensemble des morceaux ce soir et entretient, comme à chaque fois, une belle communication avec ses fans. Et c’est que les fans boivent les incantations de Sakis Tolis puisque le public ne l’a pas quitté des yeux lorsque celui-ci a été invité à headbanguer comme il faut sur les classiques du groupe. Un excellent concert. 

Tout semble aller pour le mieux pour Entombed A.D., depuis que le groupe est revenu sur le devant de la scène, qu’il a de nouveaux à proposer avec Back To The Front et Dead Dawn, il ne cesse de tourner, ce qui n’est pas pour déplaire aux fans de la formation. Mais Lars Göran Petrov et ses sbires auraient-ils trop abusé des spiritueux avant de monter sur scène ? Le frontman a l’air très joyeux et ne cesse de ricaner entre les morceaux. Mais rassurez-vous, cela n’a fait de tort ni à sa voix ni à sa performance, il a quand même assuré toutes ses parties. Mais là où ça clochait, c’était bien au niveau du son. Étant assez inégal dans l’ensemble, les titres « Second To None », « Living Dead » et les autres ont laissé un goût amer… Satanée Supositor Stage ! Une véritable déception pour nous. Est-ce un problème de perception ou d’un réel problème de mixage dont il s’agit ? On ne sait pas ! 

Il est impressionnant de voir à quel point Fleshgod Apocalypse pèse aujourd’hui dans l’industrie musicale « Metal » ! Aujourd’hui, les voilà en sous-tête d’affiche avec un excellent album à promouvoir, King. Et le groupe est confiant puisqu’il met tout en place sur scène pour donner à sa musique une dimension grandiloquente. Le concert que nous ont servi les italiens était donc orchestré par des moments phares et de nombreux jeux de scène sur l’ensemble des titres qui ont été proposés ce soir (pour la plupart d’entre eux tirés de King). Dimension grandiloquente disions-nous, oui ! Le piano de Francesco Ferrini s’associe hyper bien avec le chant lyrique de la choriste du groupe, qui apparaît masquée ! Oui, le spectacle est grandiose, et l’artifice est à l’honneur, mais quand l’artifice prend une place démesurée, cela peut donner lieu à des choses atroces et créer un manque de spontanéité... Tout le monde sera d’accord pour dire que la batterie, trop triggée, a gâché le show. Dommage.

Qui n’a pas été surpris par le show de Shining ? La formation de Jørgen Munkeby fait preuve de constance et commence à percer depuis quelques années maintenant… L’année dernière sortait déjà International Blackday Society, un album qui a réitéré les projets des norvégiens pour la suite: imposer la culture BlackJazz partout où le groupe se produit. Shining a prouvé en à peine une heure de jeu qu’il avait tout pour devenir un futur grand de la scène underground. En effet, seul sept morceaux ont suffi pour que Shining fasse planer l’ensemble du public ce soir… Et c’est que le concert est pertinent puisque Shining ne fait jamais semblant, il associe ses morceaux, les fait emboîter créant ainsi une sorte de bande originale vantant les mérites de trois albums: International Blackjazz Society, One One One, et Blackjazz, une véritable trilogie durant laquelle le frisson ne cesse d’évoluer crescendo et qui a trouvé son acmé lors du titre final « The Madness and The Damage Done ». Ce fut un énorme concert, très visuel, et surtout très pro - du début à la fin - nourri de nombreuses parties endiablées de saxophone. Shining n’a pas fini de faire parler de lui, oh non !

Children Of Bodom encore et toujours ! Et bien que la rédaction était légèrement fatiguée, elle a pris son mal en patience et a assisté au concert d’Alexi Laiho dans son intégralité ! Et bien que nous n’ayons pas retenu un excellent souvenir du concert que le groupe a donné à l’Alcatraz festival, le groupe s’est rattrapé cette fois-ci ! On entend les guitares, mais le son n’est pas comparable à celui dont a bénéficié Shining. Quoi qu’il en soit, cette semaine nous n’avons pas eu de mal à reconnaître quelques pistes issues du nouvel album Worship Chaos et bien d’autres issus des meilleurs albums du combo notamment ce fameux « Angels Don’t Kill »Le public semble être heureux de rencontrer le leader et ses copains de jeu, mais il se fait tard, et il est évident que cela a estompé l’enthousiasme de metalheads. Alexi Laiho, lui, reste le même et ne cesse de remercier (un peu trop) son public et méprise son guitar-tech car il n’a pas la guitare qu’il veut. Quoi qu’il en soit, le constat est affligeant, si Children Of Bodom plaît à une majorité de son public, il est évident, compte tenu de la popularité du groupe, que nous étions en droit d’avoir un meilleur concert de leur part. Une bonne setlist ne fait pas forcément un bon concert. 

De superbes rencontres, une pluie battante qui a fini par s’essouffler et de belles confirmations, le Motocultor s’annonce très prometteur. On se donne rendez-vous dans quelques jours pour le live-report de la deuxième journée !