Motocultor 2016 - jour 3

Ça fait déjà trois semaines que nous faisons doucement le deuil de la cuvée 2016 du Motocultor Festival ! Ah oui ! Il me reste une journée à chroniquer. En plus, elle n’est pas des moindres puisqu’elle voit le retour des Testament à St Nolff, deux ans après leur première escapade au Motocultor. En plus, d’autres excellents groupes étaient à l’affiche comme Ministry, Lost Society mais aussi de nouvelles valeurs sûres de Death français comme Recueil Morbide et bien d’autres encore ! 

La rédaction a fait la fête toute la nuit et commence clairement à ressentir la fatigue. Pas grave. Elle se rend au site et surprise, un jeune groupe de Punk/Crossover ouvre les hostilités. Pourtant connu dans la région, Poésie Zéro reste inconnu au sein-même de l’Hexagone, ce qui risque de changer. Le groupe marque les esprits d’entrée de jeu avec une musique légère pour le moins revendicative. « Ta gueule » ! « Salut le Hellfest », « Ce festival est vraiment pourri et le public est vraiment pourri » et d’autres paroles décalées prendront le relais. Malheureusement, nous n’avons pas retenu grand chose de leur musique si ce n’est que le groupe fait un usage intéressant de la boîte à rythme et que ses morceaux sont particulièrement énergiques. Ça chante faux, ça s’en fout… et ça marche avec des titres éphémères tels que « J’ai menti sur Facebook ». Ça remue bien les méninges, ça fait des Walls of Death, et ça réveille une populace qui semblait pourtant endormie au début. Mention spéciale à cette petite reprise de «  Sex and Violence  » de vous-savez-qui !  

Retour aux choses sérieuses avec Recueil Morbide, véritable étoile montante du Death français. Après une signature qui a porté ses fruits avec Great Dane Records, le groupe continue de promouvoir son nouvel album, Morbid Collection ! Et quoi de mieux que de vanter ses mérites en produisant dans un festival d’envergure nationale comme le Motocultor ? Bien sûr, le groupe est honoré et ça se sent. Malgré un son assez irrégulier (qui finira par s’améliorer au fur et à mesure), les Recueil Morbide mettent en exergue leurs différents talents: un chant bien growlé, bien fin et précis, un batterie tenace, et surtout une belle présence scénique. Oui, mais n’oublions pas que les guitares sonnaient un poil trop cru comparé au reste et que les samplers craquaient de temps à autres. Mais pas grave, nous aurons gardé un excellent souvenir de cette première fois ! 

Ceux qui étaient au concert de Leng Tch’e à la gare St Sauveur de Lille en avril dernier le savent: ce groupe dépote et transpire l’authenticité à des kilomètres et ça fait du bien de savoir qu’il existe encore des groupes comme ça. Le charisme de Serge n’y est sans doute pas pour rien. Oui, en plus d’exceller dans ses cris, le belge fait partie de ce genre de frontmen qui marquent. Vas-y que j’invite un fan à monter sur scène, vas-y que je vais à la rencontre de mon public et vas-y que je te balance des «  punchlines  » qui font plaisir à entendre. Le show est dynamique et il n’y a aucun temps mort. Un très très bon concert ! 

Rien n’arrête Black Bomb A. Rien n’arrêtera Black Bomb A. Black Bomb A a été programmé au Motocultor pour le plus grand plaisir de ses détracteurs ! Oui, car il est évident que la programmation de Black Bomb A dans un festival comme le Motocultor a pu faire sourire les plus «  trues  » d’entre nous. Et pourtant, la formation aura une fois prouvé qu’elle sait fédérer. Oui, car jamais nous n’avions vu les abords de la petite scène blindées de la sorte avant que Poun, Arno et leurs copains de jeu ne foulent la scène. Et comme toujours, la joie est au rendez-vous et une communication des plus intime se noue entre le groupe et ses fans dès « Comfortable Hate ». Le concert a été à la hauteur de notre attente ? Oui, et à 100%. Car venir voir Black Bomb A en concert, c’est s’assurer d’’assister à un concert où il y a de l’ambiance. Il faut dire que leurs morceaux « On Fire », « Born To Die  » et même « The Point Of No Return » sont taillés pour la scène: les riffs amènent les fans à se faire slammer et s’entretuer dans le pit. Poun et Arno sont toujours aussi complices et simulent une fausse dispute de couple. Oui, car le duo est toujours aussi charismatique. On aura particulièrement aimé le ton ironique de leurs interactions: « Je n’ai pas d’amis, je n’ai que des contacts  » Arno a-t-il lancé tout souriant. Bref, l’authenticité est au rendez-vous. Puis, voir Black Bomb A en concert, c’est aussi s’assurer d’assister à la performance de titres phares qui mettent tout le monde d’accord comme «  Police Stopped Da Way  » et bien sûr le revendicatif: « Mary ». En quelques mots, Black Bomb A est en forme, et autant vous dire que nous sommes pressés de les revoir ! 


Autre groupe que nous ne voulions pas rater et ce, sous aucun prétexte, c’est bien Lost Society. Pourtant très jeunes, ces jeunes loups du Thrash Metal ont faim. Et ça se sent ! Après trois albums implacables, et des tournées qui n’en finissent plus, les jeunes nordiques posent enfin leurs flight-cases à St Nolff pour le plus grand plaisir des Thrasheurs. Et bien qu’il s’agisse de la dernière date de sa tournée estivale, le groupe affiche une forme déconcertante ! Bien sûr au rendez-vous, des titres issus du dernier album de la formation: Braindead (« Braindead », « I Am The Antidote », « Riot »… et d’autres issus de leur deuxième démos Trash All Over You (« Trash All Over You », « Kill (Those Who Oppose Me) » et surtout beaucoup d’animations dans le pit ! Certes, le Thrash/Crossover n’est pas très original, mais ils le font bien ! Si le groupe sort son épingle du jeu, c’est surtout grâce à Samy Elbanna, ce frontman aux multiples talents qui sait organiser de nombreux circle pits: «  Il faut que vous fassiez travailler les agents de sécurité ! ». Poussière, il y a eu beaucoup de poussière ! Ça tourne beaucoup et on aura même vu un jeune fan de Cult Of Luna se laisser prendre au jeu des slams. Pas mal ! Enfin, le dernier morceau aura été l’occasion de créer une cohue générale au sein du pit en demandant au public de s’abaisser et de se lever en même temps. Pas mal (bis). Mais pourquoi le groupe a t-il préféré privilégier des titres typés « mid-tempo » alors qu’il aurait pu faire du thrash dans notre froc avec des morceaux issus de Terror Hungry ? On ne sait pas. 

La rédaction avoue. Elle adore Vektor ! Elle voyait en Vektor le renouveau du Thrash Technique. Oui ! Le nouvel album de la formation avait tenu toutes ses promesses: plans progressifs très travaillés, concept album pertinent de bout en bout… Les mots nous manquent pour caractériser Terminal Redux. Et en live alors, ça donne quoi ? Eh bien, c’est décevant. Est-ce parce les pistes en studio sont tellement bien exécutées qu’il est trop difficile de les reproduire en live ? Oui, il y a un peu de cela. En fait, le groupe semble quand même être en forme et assure les parties de « Charging The Void » et « Pteropticon »… Mais ça manque cruellement de spontanéité et de naturel. Ainsi, ce qui est particulièrement planant et intéressant en studio ne l’est pas en live. Clairement, on s’ennuie et nous ne sommes pas les seuls, le public regarde souvent d’un air embêté le show qui se profile devant lui. Très peu d’interactions avec le public et un « Recharging The Void » en demi-teinte, et le groupe repart. La déception de la journée pour nous. 

Une interview avec Lost Society, et nous retrouvons Secrets Of The Moon sur la Supositor Stage. Si Secrets Of The Moon suscite l’intérêt du plus grand nombre, ce n’est pas pour rien ! Oui, il est temps pour la formation de défendre son nouvel album, Sun, un opus qui avait reçu les éloges du plus grand nombre ! Bien sûr, quelques tranches du dernier album ont été interprétées, notamment « Sun », « Dirty Black » et « Man Behind The Sun », mais le groupe revisite quelques autres standards pour varier les plaisirs. Les novices auront également été charmés par le Black Progressif transmis par les musiciens. En effet, comment ne pas tomber sous l’emprise du jeu de batterie si fin d’Erebor ? La batterie communie souvent avec le basse bien progressive de Marta Naama Ash. En plus, le show est d’autant plus surprenant que le groupe a favorisé une approche particulièrement de ses lourdes incantations. Pour preuve, le final majestueux et progressif dont se souviendront de nombreux fans de nombreuses années après la fin du festival. Un concert très sympathique pour les allemands. 

Graveyard ou bien comment remonter dans les années 70 ! En fait, oui, les vieilleries de ce groupe, véritable U.F.O. de la journée ont balayé le ton noirâtre des incantations des Secrets Of The Moon ! Oui, comme un vieil U.F.O., ils ont pris leurs vieilles guitares, ils ont mis leurs vieilles chemises, bien passées… Oui comme en l’an 1973, leur musique est assez pure, assez ringarde pour aujourd’hui, mais très exécutée. Si Led Zeppelin et Black Sabbath avait eu un enfant ensemble, comment s’appellerait-il ? Graveyard. Car oui, tout y est ! Un style assez progressif qui mêle différentes intonations, deux chanteurs qui ne cessent de chantonner leurs paroles et surtout quelques moments d’accalmie bienvenus avant les prochaines tempêtes à venir. Oui, ces magiciens nous ont fait revivre la magie de Woodstock au Motocultor festival le temps de quelques morceaux, et ce fut fort bon. 

Ce serait un doux euphémisme que de dire qu’Obscura a sorti quelques bons albums. Certes, le successeur de Omnivium s’est fait attendre, il faut avouer que l’attente en valait la peine. Ce soir, le dernier soir du Motocultor, la formation est là, et remet vite les choses en place en faisant l’amalgame de ses meilleurs titres. Et ce fut une branlée phénoménale. Oui, le ton est un peu familier mais comment exprimer clairement l’idée que le groupe a vraiment renversé les abords de la suppositor stage avec des morceaux tels que « The Monist », « The Anticosmic Overload » et « Ode To The Sun ». Le show n’est point linéaire car chaque morceau possède sa propre personnalité. Mais pas le temps de nous attarder sur le sujet alors que Bongzilla était en train de se produire sur l’autre scène ! 

Pas beaucoup de monde pour Bongzilla ! Les gens ont sûrement préféré se restaurer ou rester devant Obscura à la place de se faire transporter par les lourdeurs de Bongzilla. Lumières vertes, et festivaliers totalement sous l’emprise de quelques pilules de LSD, c’est un peu ça qui résume le concert de Bongzilla. Ah oui, les lourdeurs sont toutefois assez groovy et les titres issus d’Amerijuanican remporte un succès vif auprès des fans de la formation et pas que. Pendant la représentation, nous croisons quelques-uns de nos amis totalement immergés qui se prenaient en selfie tandis que d’autres planaient à trois cent à l’heure. Oui, c’est un peu ça un concert de Bongzilla. Ça ne laisse personne indifférent. 

Dans la famille, on les voit toujours, mais on aime ça : Soulfly. Le groupe est de retour en France pour faire la promotion de son nouvel album, Archangel. Souvenez-vous, nous les avions déjà vus la semaine d’avant et Zyon, le fils de Max avait rencontré quelques soucis techniques de batterie car il était totalement aveuglé par le soleil. Aujourd’hui, pas d’excuse, le groupe joue sous une tente ! Mais le show sera t-il mieux pour autant ? c’est un sujet à débat. Certes, Max se contente toujours du minimum, mais son charisme est tel qu’il organise de nombreux Walls Of Death et Circle-pits, et ce dès « Refuse/Resist » (de Sepultura). Le concert est donc digne, et le public « jump » dans la foule au rythme des classiques du groupe « Seek ’N’ Strike », « Blood Fire War Hate », « Prophecy » et bien d’autres encore. Et ce jeune Zyon, ça allait ? Oui et non ! La précision n’est pas son fort… Il a encore perdu quelques baguettes de temps à autres. Mais bon, la musique chez Soulfly, c’est une histoire de famille et on ne peut pas en vouloir à Max d’assurer un avenir à sa progéniture. Oui, la famille… le Metal est une famille pour Max et il n’hésite pas à le faire remarquer lors des petits clins d’oeil à Metallica, Ministry et Napalm Death en interprétant soit des parties ou morceaux entiers comme ce fut le cas pour « You Suffer » de Napalm Death. Ce fut un bon concert, nous nous sommes bien amusés.

Dying Fetus ou la grosse branlée de la soirée !  Oui, si la Supositor Stage a connu bien des problèmes durant ce week-end, ils auront été oublié le temps d’un concert: celui de Dying Fetus ! Oui, le trio de Death/Grind ne fait pas les choses à moitié et prépare les fans de Testament avec des titres comme « Your Treachery Will Die With You », « From Womb To Waste »… En fait, ce qui est surprenant avec un tel groupe, c’est que c’est toujours carré, et que le groupe inculque une de ces débranlade… Le pit n’est pas en manque de circle-pit et de slam. Le public est en forme ! Rien n’est plus sûr, c’est que Dying Fetus reste aujourd’hui une référence du genre sous tous les angles ! Sans doute le concert le plus pro que nous ayons vu à ce jour. 

Pendant ce temps, Nashville Pussy débauche son public à coup de shooter de Vodka et de riff bien Rock ’n’ Roll ! Et oui, Nashville Pussy, toujours aussi authentique continue sa tournée avec toujours autant de classe, et c’est qu’ils voulaient nous partager leur amour de sonorités grasses. Et pourtant si le public du Motocultor est particulièrement fan de musique plus extrême, il était présent là, aux abords de la scène pour boire les mélodies de « Rub It To Death » et de « Up The Dosage ». Rien de neuf au programme ! Mais il est toujours plaisant de voir Ruyter Suy faire danser sa belle tignasse pendant l’interprétation de quelques solos bien huilés et de voir Blaine Cartwright arborer fièrement sa bouteille de Jack Daniel’s. C’était un concert bien cool ! 

Nous partons plus tôt que prévu pour assister au concert de Testament aux premières loges. Le groupe que nous attendions le plus du week-end… En fait, Testament affiche toujours une forme resplendissante et lève de nombreux raz-de-marée de slams dès « Over The Wall » ! En tout cas, les onze morceaux proposés ont fait un carton auprès des fans de la formation. Pendant que certains, tout écrasés essayaient d’headbanger au sonorité de «  The Preacher », d’autres s’entre-tuaient pendant « The New Order » et Disciple of The Watch  ». C’était carrément explosif. Mais que serait Testament sans son charismatique frontman, Chuck ? Rien. Il assure le show et sa voix parfois plus « criée », parfois « growlée » fait mouche tout comme ses gestes. Mais quand est-ce qu’il va arrêter d’imiter Alex Skolnick ? Lui aussi, il était à fond pendant « Practise What You Preach ». C’était un excellent concert en somme, qui sentait la fraternité à des kilomètres (le duo, Gene Hoglan et Steve Di Gorgio » est toujours aussi surprenant) ! Mais pourquoi le groupe n’a t-il voulu interpréter un morceau de son nouvel album ? Pourtant le groupe était en promotion à Paris le lendemain… 

Nous regardons « vite  fait » le concert de Batushka histoire de voir à quel genre de groupe nous avons affaire. C’est une messe noire, où l’occulte est au rendez-vous. Tous les musiciens sont vêtus de capes, et s’adonnent à des rîtes moyenâgeux qui ne sont pas sans rappeler ceux de Mayhem… Bref, c’était très archaïque… Et les gens semble divisés quant à ce groupe. Car musicalement parlant, rien de très surprenant n’est au rendez-vous et le Black Metal de la formation est assez linéaire… Certes, une certaine ambiance se met en place, mais ce concert nous a laissés indifférents à cause de la claque que nous a inculquée Testament ! 

Une petite pause, une petite bière au comptoir avec les Nashville Pussy et nous retournons sous le chapiteau de la scène principale où Ministry clôturait le festival sous les chapeaux de roue ! Tout comme à l’Alcatraz, le groupe réactive ses vieilles recettes et assassine à coups de riffs hyper répétitifs les derniers fans présents. Et c’est que ça marche ! Bien qu’il n’ y ait pas eu les fameux effets visuels, l’alchimie a pris quand les titres « Rio Grande Blood », « Waiting » et « N.W.O. » se sont bousculés. Oui, l’imagerie du groupe est assez « has-been ». Oui, les années 90 sont loin, mais on s’en moque et nous profitons des dernières mesures de « Thieves » pour nous remémorer les nombreux souvenirs de cette édition 2016 du Motocultor ! 

Dernier concert du Motocultor et nous retournons une dernière fois sur le camping où nos amis avaient déjà bien entamé le dernier apéro… Quel Motocultor… Cette édition a rencontré un succès non négligeable et pourtant son avenir demeure toujours incertain. Pourquoi ? Car la région ne finance pas assez le festival, seulement à hauteur de 2%… C’est dommage, non ? Et pourtant, cette année, le festival a tout fait pour répondre aux attentes des festivaliers. C’était pas mal les chapiteaux quand il pleuvait, n’est-ce pas ? Bref, prions pour que l’édition de 2017 ait bien lieu et que l’équipe de Metal Cunt puisse y revenir !