Mourning Soul - Ego Death-Ritual

Si vous ne connaissez pas Mourning Soul, voici l’occasion de vous y mettre. Le 25 mars dernier, les Italiens ont sorti leur premier album intitulé Ego Death – Ritual sous le label français Dolorem Records. Premier album, oui et non : le groupe a déjà quatre démos, une compilation et trois albums splits à son actif, mais cette dernière production est la première au format full-length qui ne soit ni compile ni split. Voici le compte-rendu de notre plongée dans leur univers.

Mourning Soul est fondé en 2003 en tant que « one man band » par Sacrifice (basse, chant) ; ce n'est qu'en 2007 que Decrepit (guitare) et Nocturnal Fog (batterie) rejoignent la horde. Trois ans après Sigilum Solis – An Italian Black Metal Alliance (Split avec Khephra, Orcrist et Gort), les voici qui débarquent avec neuf titres flambants neufs, pour plus de 45 minutes de black metal se voulant fidèle aux Maîtres des années 90’. La production n’est pas faite à moitié, puisque le mixage et le mastering a été réalisé à l’Endarker Studio par Magnus Devo Andersson lui-même, qui a notamment collaboré avec Marduk et Funeral Mist. En effet, le son est propre mais pas aseptisé, l’équilibre est bon et convient tout à fait à leur style.

Les Prophètes du Chaos : voici un surnom que l’on pourrait donner aux protagonistes de ce groupe. Mourning Soul prêche effectivement le respect du Chaos sur la terre. Haine, mort, souffrance, nihilisme et autres joyeusetés sont donc au menu (pour notre plus grande joie, il faut bien l’admettre). On peut comparer cet album à une ode à la destruction, du fait de l’ambiance qui règne tout le long de l’écoute. À grands renforts de voix d’outres tombes, de passages acoustiques énigmatiques, d’intros mystérieuses, de hurlements de terreur et de psaumes impies, on est plongé dans une tourmente où la volonté et la haine se mêlent et s’expriment en musique, offrant à l’auditeur une catharsis qui le laissera pantelant. Le chant caverneux de Sacrifice assenant son growl avec violence sur les riffs de Decrepit ainsi que les blasts et l’infatigable double pédale de Nocturnal Fog nous offrent un black metal un poil blackened death par moments. Certains morceaux comme « The Cold Embrace Calls Me » évoqueront Behemoth, d’autres comme « Resurrection Through The Serpent’s Light » ou « Ultima Solitudo » (morceau instrumental) pourront faire penser à Satyricon. Plus globalement, on peut sentir des influences comme celles de Marduk ou encore Watain.

Ego Death – Ritual porte très bien son nom : on peut en effet y voir un rituel en l’hommage de la Mort et de la Terreur, où tout est pensé dans les moindres détails – ce qui est assez ironique quand on prêche le chaos ! Ceci dit, la sensation de désordre et d’entropie est donnée par les différentes ambiances au fil des morceaux. C’est aussi ça la force de cette production, dans laquelle on passe alternativement du majestueux à l’abject ; de l’élégant au monstrueux.