Main Square Festival 2017 - Jour 1

Pour la première fois dans son Histoire, Metal Cunt couvre le Main Square Festival, et les trois jours ! Alors quand la journée du vendredi 30 juin intéressait plus les ardeurs des Metalleux, les autres journées ciblaient, elles, une clientèle un peu plus « mainstream ». Mais aujourd’hui, c’est la journée du 30 juin qui nous intéresse. Vous savez, celle avec System Of A Down à l’affiche ! 

C’est North Rain qui ouvre les premières hostilités. Ce sont les grands gagnants du Tremplin ! Du coup, maintenant qu’ils sont dans la cour des grands, les régionaux n’ont pas le droit à l’erreur. Mais, pour les accompagner, la famille s’est passée le mot. Ils sont venus les soutenir. Alors North Rain nous a proposé un set équilibré proposant plusieurs tendances, allant du Rap au Metal mené à bien par les deux chanteurs, qui oscillent dans deux registres différents. Le premier gère un chant crié, l’autre plus clair… Ils se complètent bien et animent la foule si bien que ça s’agite. Le Rap/Metal fait des ravages, conséquence, une première personne se fait slammer. North Rain peut aujourd’hui se vanter d’avoir défendu ses couleurs comme il se doit et d’avoir véhiculé sa passion pour la musique : « dans la vie, il faut faire que l’on aime, nous, c’est faire de la musique ! ». 

The Inspector Cluzo ou la première surprise de la journée ! Ils sont deux, et sèment le trouble sur la scène principale. « No Computer, No Bullshit Just Music ». Alors le guitariste chanteur et le batteur ont donné le ton et rythmé leur show par l’intermédiaire d’une musique très instinctive. C’est du Rock ’n’ Roll d’énervé mélangé à un Blues/Country pas des plus dégueulasses. Mais ce qui fait mouche, c’est surtout le ton provocateur adopté par la frontman Malcom Lacrouts : « Un metalleux ne l’aurait pas fait », « ce morceau est dédié au musicien le plus inutile : "le bassiste », « Julien, on n’est pas au festival Rock en Scène, tu peux monter le son ? ». Bref, bien qu’il pleuve, The Inspector Cluzo assure et nous fait passer un agréable moment de Rock ’n’ Roll plein de débauche. À revoir ! 

Finies les paroles inutiles, place à la musique avec The Noface ! Ils sont tout nouveaux, originaires de Lille et ont adopté un concept particulier : seule la chanteuse a le visage découvert tandis que les musiciens, eux, occultent leur face. À l’occasion du Main Square, leur premier album Chapter One est défendu par des musiciens qui ont ce groove qui n’est pas sans rappeler celui de… Skip The Use, l’ancienne formation des protagonistes ! Alors les titres s’enchaînent aussi bien que les animations. Les projections sur le grand écran sont de bon goût et mettent en avant Oma Jali, la chanteuse du groupe qui jouit d’un regain de succès après être passée à la TV : « Quand je dis No, vous dites Face », « Où sont-vos masques ? Je veux voir vos masques ! » (une série de masques en carton avait été distribuée en début de journée). Bref, on a passé un agréable moment. Autant vous dire que l’on se tâte déjà de les revoir au Splendid de Lille à la rentrée ! 


Frank Carter & The Rattlesnakes ! En voilà un qui ne manque jamais une occasion pour faire parler de lui ! Après Gallows et Pure Love, Frank Carter décide de refouler les scènes avec son nouveau groupe. Après une performance vivement saluée au Hellfest, il décide de s’attaquer à un public un peu plus "mainstream". Bref, le plan promo idéal pour un musicien de cette envergure ! Bref, leur Punk/Hardcore du « plus-si-jeune-britannique » fait mouche dans le public. Les animations aussi diverses que variées s’enchainent, et les tubes, eux, ne font qu’un dans la masse sonore qui nous est proposée (comprenez par cela que les structures étaient similaires d’un morceau à l’autre…)… Mais pas grave ! Le jeune Britannique à la coiffe rose amuse la galerie en racontant quelques-unes de ses anecdotes personnelles, en organisant un maxi-circle-pit et en demandant à ses paroissiens de prendre leur chère et tendre dans leurs bras. Bref, ce fut un beau show, mais en aurait-il été du même si le public n’avait pas été à fond ?

Don Broco… Don Broco est un peu la synthèse de ce qu’est devenu la « Britpop ». Une basse groovy, des BC/BG en guise de musiciens, et une clientèle ciblée allant de 12 à 17 ans. Les lycéennes étaient donc de sortie pour apprécier les rythmiques houleuses d’ « Automatic » et « What You Do To Me »… Bref, tout le monde s’amuse, et le chanteur organise quelques sauteries pour ambiancer son public. Ça marche ! Néanmoins, pourquoi, bien que tout soit en place, le concert reste si creux sur le plan musical ? C’est peut-être parce que ça chante faux ? Mais le public s’en moque, il est venu écouter les tranches d’Automatic et faire profiter son déhanché de folie. Vraiment, on n’est pas client chez Metal Cunt. On n’a plus l’impression d’assister au concert de la copie conforme des 5 Seconds Of Summer qu’autre chose. C’est ça qu’est devenue la « Britpop » ? 

Sortez vos barbes car Biffy Clyro « is in town »… Après Don Broco place aux Rock à la « dududududu ». Vêtu d’un jean au goût assez douteux et exhibant les cadavres exquis qu'il a sur le corps, James Johnston vient vanter les mérites de son dernier opus, Illipsis. Mais ne comptez-pas sur le power-trio pour proposer un concert décousu. La musique fait preuve d’une hargne et d’une fougue sans borne lorsqu’il interprète « Biblical », « Friends and Enemies » et d’autres tubes… On retiendra surtout l’éclectisme de son concert, s’adressant à la fois aux fans de Rock dur et aux autres « love-song-addicts ». Car chez Biffy Clyro, tout le monde se côtoie, le vieux fan de Motörhead accompagne la jeune fan de Green Day, ce qui n’est pas pour nous déplaire car derrière ces aspects un peu « lover » se cache un musicien riche d'influence diverses et variées, et un musicien qui sait alterner différents registres sans pour autant susciter l’ennui. Un dernier feu d’artifice de lumière, un dernier « We Are Biffy Fuckin’ Clyro », quelques médiators lancés, et voilà un James Johnston qui peut se vanter et dire : « j’ai embras(s)é le public du Main Square ». 

System Of A Down ! Serj Tankian continue de visiter l’Europe ! C’est donc trois semaines après son passage au Download France que la formation d’origine arménienne foule la scène du Main Square. La fosse, elle, est archi-blindée et les fans ont pris d’assaut le stand de merch’ du groupe. Bref, qui n’attendait pas le grand retour de System Of A Down dans le Nord ? Pas nous en tout cas ! Après avoir eu quelques retours controversés concernant le retour de la formation, nous attendions de les voir afin de nous faire un avis constructif ! Placé au dixième rang, l’ambiance est bonne et les fans de Biffy Clyro, curieux, ne savent pas vraiment à quelle sauce ils vont être mangés. Conséquence de la chose. Dès que les grands écrans s’allument, ils se retrouvent engouffrés dans une masse de fans qui ne pensent qu’à une seule chose : se rentrer dans le lard, et profiter (quand même) de la musique. Oui, le public n’était peut-être pas très fair-play, mais il n’aura pas remis en cause la qualité du set délivré par SOAD. 

Alors pendant que résonnent les premiers hits, « Suite-Pee », « Prison Song », « Violent Pornography », ces « incultes » s’en sont allés reprendre leur souffle au bar. Il faut dire que la violence est de mise, et que la discrétion scénique de Serge Tankian affole quand même un public d’hystériques qui n’a que d’yeux pour ses idoles. Aucune bavure, Daron Malakian assurés comme il se doit ses parties lyriques, les parties rythmiques de « Chop Suey ! » et « Darts » fracassent les nuques, les animations visuelles assurent le côté « moderne » du groupe. Tout est en ordre ! 

Oui. En 2017, System Of A Down n’a rien à promouvoir. Et Serge Tankian n’a aucunement donné d’indices concernant un éventuel nouvel album (qui serait en cours d’enregistrement)… En cette année, Ils profitent de leurs concerts pour jouir de l’accueil toujours grandissant que leur réservent leurs fans, et surtout pour interpréter plus de 20 titres tirés des cultissimes Toxicity, Mezmerize, System Of A Down, Hypnotize et Steal This Album ! Autant vous dire que tous les classiques du groupe sont interprétés dans leurs moindres détails. Bien sûr, un tel set requiert à ce que tout soit agencée de manière progressive. Alors, les derniers gros « hits » « Toxicity », « Lonely Day », « B.Y.O.B. », « Sugar » se sont retrouvés en fin de gig… Pas étonnant que tous les fans aient été pris de démence. La perfection. 

On pourra néanmoins reprocher à Serge Tankian & Co d’avoir limité leurs interactions à quelques « bonjour » et « remerciement » en toute fin de gig. Mais, une autre philosophie de vie semble s’être emparée du combo. Particulièrement statique dans leur démarche, à l’exception de Shavo Odadjian (basse) qui viendra saluer le public, les autres restent sur place, ce qui n’empêche pas le gig d’être excellent pour autant. Tous les morceaux s’enchaînent et ne laissent aucun répit aux fans. Impossible pour eux de reprendre leurs souffles, certains d’entre eux sont obligés de se faire slammer pour respirer. 

C’est après un excellent concert de System Of A Down que la citadelle d’Arras se transforme en Dancefloor avec les prestations décalées de Soulwax, de Vitalic et d’Above & Beyond… Trois formations qui embrasent une foule de connaisseurs. Ça « jump » et ça se prend dans les bras… Mais nous resterons indifférents face à ces musiques électroniques, qui ont pourtant réuni plus de jeunes mélomanes que nous l’aurions cru.