Mustasch - Testosterone

Annoncé officiellement depuis le mois d’avril avec la mise en avant du titre "Be Like A Man", Mustasch nous revient en 2015 avec ce huitième album intitulé Testosterone dont d’ après les dires de Sieur Gyllenhammar (Guitariste/chanteur) traitera de virilité, de dignité et de tendresse. Tout un programme... Depuis 1998 nos suédois distillent un très excitant mélange de Stoner, de Heavy Rock ou encore de Hard Rock ultra mélodique et inspiré, que la France malheureusement semble boudée. Le groupe a fait évoluer sa musique au fil des albums, gardant à l’ esprit que création et liberté artistique vont de paire et ce nouvel album en est une nouvelle preuve.

Le single “Be Like A Man” proposé en début d’ année avait annoncé la couleur en nous mettant face à une direction musicale toujours aussi mélodique et efficace mais semblant s’ orienter vers des arrangements franchement Rock Classic voire même Pop Rock. La sonorité du refrain de ce dernier m’ ayant à la première écoute fait penser à l’ univers de Muse... enfin dans les intentions car il s’ agit bien des arrangements dont il est question, pas du style, car on retrouve avec ce single tous les ingrédients que Mustasch défend avec ce fantastique savoir faire made in Sweden depuis tant d’ années. j’ entends déjà quelques voix s’ élever...“Ouais mais bon là quand même, ils abusent... le plan Dubstep c’est tout much...” yeap ! Peut-être, mais le groupe semble s’ éclater et garde le contrôle de ses créations, assumant totalement ses choix artistiques. “Be Like A Man” envoie le boulet, c’est sacrément bien écrit et en live, ce refrain sera à coup sur une véritable tuerie. Testosterone se livre à nous avec “Yara’s Song”, autre vraie réussite de l’ album avec des arrangements très travaillés, qui mis en relation avec un riff déjà accrocheur rend le tout méchamment addictif. Pour faire court, chaque refrain de cet album est une véritable réussite, les couplets posent parfaitement les ambiances et les refrains se chargent de vous finir, on tape du pied et on fredonne encore des heures après l’ écoute. Ok, cest album n’est peut être pas forcément aussi radical et original en comparaison des albums que sont All Above, Ratsafari ou encore l’excellent Latest Version Of The Truth sorti en 2007, mais la passion et la sincérité du propos des musiciens l’emportent sur un quelconque sentiment que le groupe perd son âme au fur et à mesure des albums. L’ efficacité mélodique associée au côté lourd et ambiant de leur approche musicale est peut être ici à son paroxysme. En témoigne un titre comme "The Rider" et son atmosphère faussement calme ou l’ambiance est noire, presque malsaine, on pense aux "Cries In The Night" et "Sleeping (In The Fire)" de W.A.S.P. “Down To The Earth”, “The Hunter” et pour clore l’album, "Testosterone”, sont des concentrés d’énergie destinés à mettre le feu aux futures prestations live de nos compères avec encore et toujours ces refrains qui emmènent tout sur leur passage et ceux avec une justesse imparable.

Parler de Mustasch n’est pas facile car le groupe aime à brouiller les pistes, s’ amuse à nous déstabiliser par des arrangements empreints de modernité sur une fondation plutôt Old School et c’est peut être là que réside la force du groupe sur cet album, c’est cette facilité à associer une approche résolument vintage à ce côté made in 2015. Mustasch va de l’avant et se plaît à s’amuser des codes musicaux, éloignant certes le groupe encore un peu plus de la référence Stoner de leur début mais il reste toujours cette intelligence d’écriture, ces refrains ciselés et accrocheurs et c’est pour cela que Testosterone vaut la peine d’ être écouté, réécouté et savouré live.