Myrath - Legacy

J'avais découvert Myrath au Metal Ride Festival V lors de leur tournée avec Arkan et Orphaned Land. Dans la foulée leur troisième album Tales Of The Sand avait bien tourné dans ma platine. Autant dire que cinq ans plus tard j'attendais beaucoup des tunisiens surtout avec l'apéritif de choix « Believer » publié sur internet il y a déjà quelques semaines.

Les détracteurs du quintet ont eu tendance à rappeler la forte influence de Symphony X, avec qui Myrath est en pleine tournée actuellement, sur leur musique. Et cela n'aura probablement jamais été aussi vrai que sur ce Legacy.

Car bêtement je me suis fait avoir par le marketing. « Believer » m'avait tendu la promesse d'un album infiniment plus efficace que ses prédécesseurs, élagués des influences plus progressives pas toujours des plus intéressantes et d'une production ENORME. Ce titre plus cliché certes mais tellement tubesque en appelait d'autres et a tourné dans ma tête depuis sa diffusion.

C'était oublier que Myrath aime le prog et reste avant tout un groupe de power metal progressif arabisant.

Ainsi aucun morceau de Legacy ne s'avère aussi immédiat que « Believer » et j'avoue même m'être ennuyé lors des séances d'écoute de ce quatrième opus. Bien plus progressif que Tales Of The Sand, Legacy s'avère moins riche en refrains marquants et en mélodies entêtantes. On sent l'influence de Kevin Codfert (Adagio) et de son défunt (?) projet, producteur du quintet, dans les plus alambiqués « Get Your Freedom Back » et « Storm Of Lies » fougueusement épique. « Through Your Eyes » est quant à lui plus proche de la musique de film que du metal, les guitares se trouvant tout au fond du mix et le groupe va même jusqu'à caler un break djent sur « Nobody's Lives » bien senti mais qui paraît presque comme un devoir à l'heure où le style est LE genre progressif (je ne suis pas d'accord avec ceci mais c'est un fait).

Pourtant Zaher Zorgatti chante mieux que jamais, l'album se montre très amibitieux et fourmille de détails, « The Needle » et son intro guerrière est un excellent morceau qui va faire des malheurs en live et « I Want To Die » fait son office de ballade avec brio. Mais rien n'y fait, cet album me déçoit. Rien qu'en terme d'intensité, celui-ci semble s'endormir au fil des titres. Reléguant avec les minutes, la section metal à un rang ingrat de rythmique pour laisser la place aux claviers (toujours aussi cheesy) et aux arrangements diverses. Des rythmiques qui pourrait sortir de l'esprit d'un certain Michael Romeo, influence devenue réellement gênante ici tant elle transpire de chaque titre.

Legacy n'est pas un mauvais disque, loin s'en faut. Il est juste bien en deça de son prédécesseur en terme d'efficacité, le critère qui m'importe le plus dans le power metal vous l'aurez compris. Les fans de la facette la plus progressive des tunisiens risquent bien de se régaler mais je ne peux m'empêcher d'être déçu par ce disque qui souffle le chaud et le froid quand il devrait nous plonger au cœur du désert.