Nervosa - Agony

Après Victim Of Yourself, sorti en 2014 chez les gros bonnets de Napalm Records (Alterbridge, Powerwolf, Devildriver), le power trio de Nervosa revient cette année avec son album Agony, toujours chez Napalm, et laissez moi vous dire que les brésiliennes les plus burnées du game sont encore bien vénères !

Line-up:

- Fernanda Lira à la voix et aux grosses cordes.
- Prika Amaral à la guitare.
- Pitchu Ferraz (il doit y avoir des jeux de mots à faire avec ce prénom) à la batterie.

Comme on a déjà pu le voir dans son premier album studio, Nervosa officie dans du Thrash plus que violent. Les influences sont très vite reconnaissables allant chercher directement du côté des seigneurs du Thrash saxon: Sodom, Kreator ou encore Destruction. Ajoutez à cela un bon côté Death et un soupçon de Hardcore et vous voilà parti pour cinquante minutes de défouraillage "rentre-dedans" et franchement assez bien senti. L’album attaque avec "Arrogance", morceau au-dessus duquel plane l’esprit de South Of Heaven, tout comme sur "Deception" ayant des relents de Slayer "old school". "Guerra Santa" quant à elle, s’ouvre à la manière d’un Sepultura, influence que l’on retrouve également au niveau de la politisation des textes dans "System Failed" et "Intolerance Means War". Au passage cette dernière est probablement la chanson le plus révoltée de l’album et semble, pour le coup, avoir été totalement enregistrée dans les années 80. La grande surprise de cet album vient enfin du dernier morceau "Wayfarer" (comme les lunettes) écrite sur un ton bien plus "Heavy Traditionnel" (avec un côté motard à la Black Label Society ou encore à la Motorhead) où Fernanda Lira nous partage un chant clair sortit de nulle part qui, en fin de morceau prend une allure complètement Soul mise en valeur par le choix de la Capella.

En parlant de Fernanda Lira, c’est elle qui est sans conteste le meilleur atout du groupe, même si son jeu de basse semble quelques fois peu assuré (comme sur l’Intro de "Cyber War"). Son chant est lui totalement maîtrisé, un Growl limite Death, des rugissements interminables (dix secondes au conteur pour l’intro de "Deception") et en plus une assurance dans le chant clair qui fait plaisir à entendre. Le jeu de Prika Amaral est loin d’être inventif mais reste tout à fait dans les standards, proposant des riffs efficaces et "rentre-dedans", on notera un côté maladroit sur l’intro de "Surrender By Serpents" qui semble étrange à l’oreille mais qui, après plusieurs écoutes peut trouver un intérêt dans un esprit dissonant et malsain. Enfin, Pitchu Ferraz nous sert une rythmique rapide, à base de "Poum-tshak" avec quelques blast façon années 80 par-ci par là.

La production est assez propre : un ton assez eighties avec un côté un peu sale et râpeux, renforçant encore l’aspect assez Death de cet Album. Enfin, la cover reste dans les standards Thrash Death, bien réalisé avec un mélange «Fantastique» et «violent» s’accordant bien avec la musique du groupe.

Pour résumer, Agony est un très bon album de Thrash aux accents Death et old school. Bien que manquant parfois d’originalité, officiant dans un style se rapprochant plus du revival que du Thrash plus moderne, il peut toutefois ravir n’importe quel amateur du genre appréciant les riffs violents qui ne se prennent pas trop la tête (comme les trois-quarts d’entre nous.)