Nibiru - Padmalotus

 

Nibiru est un trio italien de sludge psychédélique fondé en 2012 par des ex-Tronus Abyss (black pagan) qui a déjà publié deux albums : Netrayoni (2014) et Caosgon (2013). La particularité des ibériques est de ne proposer que des séances de jam, se refusant à composer de manière classique. L'autre particularité du groupe est de proposer des paroles uniquement en langue énochienne (langue occulte employée en magie découverte au XVI° siècle).

Line-up :

RI (basse)

Siatris (batterie/percussions)

Ardath (chant/guitare)

Il existe des artistes, des « performers » qui assument complètement leur délire. Quitte à laisser les trois quarts du monde sur la touche. Vous savez comme Romain Yurkievich et son « Bonsoir Love » ou TeuilTeuil et son « Déchaîner Pour Se Déhancher ». Alors certes les deux exemples choisis son extrêmes le fait d'avoir une idée originale et une personnalité ne donne pas forcément un résultat convaincant.

Nibiru a décidé qu'il allait donner tout un aspect rituel à sa musique de par la langue employée et de par le jamming, censé reproduire les ambiances telles qu'elles leur viennent sur le moment.

Seulement on se retrouve face à une musique résolument hermétique. Le tout semble vraiment fait à l'arrache (c'est le but mais quand même!), le trio emploit des couches de son qui se superposent les unes avec les autres créant des ambiances mystiques mais informes. La production et particulièrement le mix d'Emiliano « Pilloplex » Pilloni (Soundlab Studio) rendent le tout très personnel certes mais fort étrange. Le son est très roots, les racines black metal ne se font pas sentir que dans le chant de Ardath (chant/guitare) mais aussi dans cette approche très crue de leur entité sonore et dans certains passages plus violents et rapides.

Certaines ambiances sont clairement réussies et transmettent une certaine majesté, pour autant l'ensemble reste très bancal.

Nul doute que certains trouvent leur compte dans ce sludge aux touches black, à la fois agressif et angélique à la volonté très extrême mais je dois dire que je ne comprends pas du tout ce que le trio veut me faire ressentir.

Nibiru c'est un peu comme un voyage au temps des mayas, non seulement les mecs parlent une langue que l'on ne connaît pas mais en plus ils procèdent à des rites païens (pour les hommes du 21èm siècle que nous sommes en tout cas) violents et sans queue ni tête. Malgré de bonnes choses, le trip jam des italiens les rendent bien trop bancals et sales pour convaincre.