Noein - Infection – Erasure – Replacement

Noein est un groupe de cyber metal qui nous vient de la Haute Normandie (Rouen).
Après avoir réalisé une première démo en 2008 Chrysalis et un EP en 2010 The Initial Tale, le groupe sort son premier album, Infection – Erasure – Replacement.
Un line up assez spécial, dans ce milieu plus communément connu sous l’aspect barbu et masculin, puisque nous trouvons deux femmes, Jenny au chant, et Cindy à la basse. (Adrien : guitare, Nico : guitare, Sylvestre : Batterie, Programmation).

C’est ainsi que nous nous retrouvons avec cette dernière production, enregistrée en 2012 à La Gare aux Musiques, masterisée et mixée à Deviant Lab par Thibault Chaumont et sortie le 1er mai 2013 (Season Of Mist/Klonosphere).

Un premier album de 13 titres, à l’apparence cyber-futuriste, qui nous ouvre les portes d’un monde signé et dérangeant.

La famille cyber metal Française s’agrandie. Dans les noms qui figurent en tête du genre tels Herrschaft ou encore Malmonde, rajoutez sans plus attendre Noein, qui a de quoi faire trembler ses concurrents !
Il faut dire que l’album était vivement attendu, après un EP très bien reçu (The Initiale Tale), Noein déploie un nouveau son avec des sonorités Death.
C’est en écoutant l’introduction, I-E-R, que le groupe nous transporte dans un monde robotique apocalyptique, elle nous prépare littéralement à un voyage, aussi dangereux soit-il.
Il n’est pas nécessaire de prendre la peine de s’imaginer ou de se représenter à quoi pourrait ressembler cet univers futuriste, le travail de Hicham Haddaji (Strychneen Studio) sur l’artwork est exceptionnel, représentatif du monde que le groupe a créé. C’est une expérience audio-visuelle à ne pas manquer.
Côté influence pas de doutes sur Fear Factory (pour les sonorités industrielles) qui se fait ressentir sur l’ensemble des morceaux.

L’album comprend trois instrumentaux (hors intro), Infection, Erasur et Replacement, respectivement à la 4e 7e et 11e place, marquant une certaine structure et une ossature logique. Organisés de manière cohérente,  les titres s’enchainent et laissent parfaitement à l’auditeur le temps de rentrer dans cet espace/temps cyber humanoïde.

C’est un mélange de riffs puissants et coupants martelés par des coups de doubles pédales, et d’un chant (Jenny) maitrisé (ref : Angela Gossow/Arch Enemy).
Chant qui sera l’essence même de cette production, donnant une atmosphère très violente, (surprenante) et destructrice.

Le mixage et la qualité audio sont très bons, amenant une aisance d’écoute qui facilitera l’accessibilité.
Ce qui retiendra notre attention, ce sont les éléments électroniques qui parsèment les titres, troublant ainsi la dissociation possible du monde cyber et de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Certains vous parlerons d’une linéarité perceptible dans l’expérience Infection-Erasure-Replacement, autant sur le plan instrumental que vocal. Il semble que l’harmonisation des différents instruments soit identique tout au long de l’album, mais la construction des chansons ne permet pas à l’auditeur de se lasser, au contraire, il n’aura pas l’occasion de souffler. L’attraction au goût hypnotique, la touche de métal mélodique et le chant sauvage, s’emparent littéralement de notre contrôle mental et nous persuadent de continuer notre route, dans la peur de ne pouvoir revenir dans notre réalité.

Cyber mécanique, guerres robotiques, ce sont les caractéristiques de Noein, à la fois attirant et dérangeant, cet album est une expérience psychologique à relever. Le groupe  a déjà fait ses preuves live en faisant la première partie de Gojira, Sepultura.

Saurez-vous en ressortir indemne ?