Noise Dreamer Zone 2016

La fin de la deuxième édition de Noise Dreamer Zone présageait un bel avenir pour le festival… Pour l’année suivante, il fallait donc innover et proposer une nouvelle fois une affiche qui sorte du lot. La nouvelle étape était donc d’inviter un groupe international à se produire dans le môle 1… L’annonce de Biohazard avait mis les fans en émoi, mais cette joie ne fut pas de longue durée… Suite à un changement de line-up, le combo de Hardcore a annulé sa tournée, et donc sa venue au Noise Dreamer Zone. 

À quelques semaines des hostilités, il fallait donc marquer le coup avec une nouvelle tête d’affiche… C’est Textures, une formation d’un tout autre style qui a relevé le défi de faire oublier Biohazard… Autant vous dire que la tâche fut hardi. Quoi qu’il en soit, le line-up de cette édition 2016 est cohérent, pertinent de bout en bout avec des noms tels que The Walking Dead Orchestra (qui avait annulé sa venue l’année dernière et qui s’apprête à faire sa première date dans le Nord de la France), The Arrs, Kause 4 Konflikt, Wolves Scream, Luda et enfin Anunnaki ! 

Pourtant, encore une fois, rien ne se passe comme prévu ! À notre arrivée, nous nous retrouvons dehors, le môle a été jugé comme « non-exploitable » pour l’édition de cette année. Au final, nous apprenons que les concerts se dérouleront dans un corps de manège d’autos-tamponneuses… Les organisateurs ont vraiment tout fait pour transformer ce manège en scène de fortune. On ne remerciera pas la municipalité de Dunkerque d’avoir averti l’équipe organisatrice quatre jours avant le début des hostilités, de quoi massacrer tout le travail fourni par le Noise Dreamer Zone. Au final, l’ensemble des exposants et des fans s’est retrouvé dehors, sous un froid glacial… On dit merci qui ?  

Quoi qu’il en soit, les hostilités s’amorcent avec un peu de retard. C’est Anunnaki qui ouvre. Malheureusement, nous n’avons pas pu assister à la performance de ces jeunes qui, à coup sûr, ont marqué les esprits avec leur Metal parsemé de touches « Djent ». Il ne fait aucun doute que la formation a saisi l’opportunité de se faire connaître ! 

Nous sommes revenus quand Luda se produisait. Cette formation mérite à ce que l’on s’y attarde de plus près ! Composée de deux bassistes, elle peut expérimenter et modifier les codes du Metal Atmosphérique, ce qu’ils ont fini par démontrer en cette fin d’après midi à Dunkerque. Le sextet ouvre sur « Hell On My Back » et vite, nous nous rendons compte que l’alchimie prend instantanément. C’est à dire que malgré les conditions de jeu, Luda s’en sort bien ! Lou est en voix et nous propose toutes les facettes de son souffle sur des titres comme « Trapped Under Rubble » et « Slavery By Consent », ses cris alternent entre voix semi-claire et plus rauque par moment. Un régal. Enfin, nul ne sera resté indifférent devant les intonations entreprises par la formation… Passages plus calmes et plus lourds s’enchainent et laissent les deux basses de Mario et Kevin se répondre ! En quelques mots, ce fut un concert très intéressant que nous ont délivré les nordistes. 

Si Wolves Scream nous était encore inconnu la semaine dernière, c’est désormais du passé ! Et on le savait, la formation avait prévu de proposer une prestation « coup de poing » ! Et ça prend illico, les premiers pogos voient le jour dans le manège dès « Humans ». Mais ne vous y trompez pas, l'intérêt de la musique des Wolves Scream ne repose pas uniquement dans l’agressivité des parties proposées. Non, chez Wolves Scream, tout se joue dans la finesse de l’interprétation de leurs titres-clef chacun disposés à des moments stratégiques du concert, ce qui rend le concert particulièrement fluide et homogène. 

Les parties de basse valent également leur pesant d’or. Car sans pour autant transpirer l’originalité, elles sont grasses et mettent en relief chacun des titres. Enfin, Wolves Scream, c’est également un frontman accompli qui n’hésite pas à aller à la rencontre de son public afin de lui faire chanter les refrains de titres comme « Crow(n)s », celui-ci est particulièrement prenant ! Maintenant, quand on me parlera de Wolves Scream, j’expliquerai là qu’il s’agissait d’une de ces formations de Post Hardcore qui vaut vraiment le coup d'être vue en live !

Kause 4 Konflikt, ce nom ne nous est pas inconnu ! La formation s’était faite repérer l'année dernière au Hellfest, le jeudi soir en jouant sous la Metal Corner ! Cette fois-ci, les loups sont de retour dans le Nord pour présenter leur nouvel EP. Et c’est un show pertinent de bout en bout qui nous est présenté. C’est à dire que ces mecs savent y faire avec la scène. Leurs titres taillés pour la scène, et les interprètes sponsorisés « K 4 K » balaient à coup de riffs le peu d’énergie qu’il restait aux survivants de la tempête « Wolves Scream ». 

Leur set est cohérent et mêle ainsi les deux époques du groupe avec des titres tels que « Red Mist », « Overwatch » (tirés de No Better Friend - No Worse Enemy) et « The Last Self Made » (qui a fait l’objet l’objet d’un clip dernièrement, à visionner sur leur page Facebook), on aura donc pu distinguer les différences de style entrepris par le groupe. Quand bien la première phase se voulait plus agressive, la deuxième, sans pour autant délaisser la marque de fabrique du groupe, se voulait plus mélodique et subtile sur des titres comme « King’s Eye » et « The Score », les deux ultimes titres de la soirée. Le constat est donc sans appel, K4K a marqué le festival de son empreinte, ce qui n’est pas pour nous déplaire. À bon entendeur.   

Pour leur première date dans le nord de la France, les grenoblois de The Walking Dead Orchestra nous ont réservé un set dantesque ! Faudrait-il insister sur le fait que le groupe avait dû annuler sa venue l'année dernière quelques jours avant le Jour-J ? Non, c'est du passé ! En 2016, le groupe est bien là même s'il est privé d'un de ses membres... Malgré tout, ils assureront en interprétant des titres tirés d’Architects Of Destruction (« Swamp Fever », « Catharsis Of The Fallen », « Oppresive Procession », « A Way To Survive », « Holy Cleansing » et enfin « Coronation ») et quelques nouveaux extraits issus d'un prochain opus à venir. 

Voir The Walking Dead Orchestra en 2016, c’était surtout prendre conscience que le projet ne souffre pas du départ de l'ancien frontman de la bande, Florian Gabriele… Pour aller à l'essentiel, c'est sans peine que la formation réussit à combler cette absence avec un chanteur non dépourvu de toute qualité vocale. Au contraire, Florian Gatta, fraichement introduit a réussi à s’approprier tout le répertoire de The Walking Dead Orchestra. Leur Death Metal à tendance « core » de la formation fait donc mouche dans le manège. En effet, le public s’est amusé à s’entrechoquer pendant les rythmiques d’ « Holy Cleansing ». On aura même remarqué un de leurs fans accoutré d’un masque tout droit sorti d’un film d’horreur prendre son pied. Était-ce un clin d’oeil au nom du groupe ? Quoi qu’il en soit, le concert est plus qu’honnête jusqu’à « Coroners » qui achèvera les plus courageux d’entre nous. C’est à dire qu’il fait froid. Néanmoins, preuve en est, le mauvais temps n’aura pas empêché les metalheads d'apprécier le concert qui se profilait devant leurs yeux. Quant à nous, nous ressortons satisfaits de cette première fois, et attendons donc de pied ferme le prochain album de la formation.     

Avec une panoplie d’albums et dates à succès à son compteur, The Arrs fait partie de ce genre de groupes que l’on n’a plus à présenter. En effet, la formation est forte d’une fanbase qui fait le déplacement à chacune de ses prestations. Et le Noise Dreamer Zone ne fera pas exception à la règle. Et pourtant, elle n’avait pas d’albums à promouvoir. Ce soir, The Arrs avait décidé de se faire plaisir et nous faire plaisir. 

Malheureusement, à cause du retard accumulé, la formation s’est fait sucrer deux morceaux… Ce qui n’a pas empêché le combo Nico/Phil de fracturer quelques crânes pendant l’interprétation de leurs morceaux cultes « Hors Norme »et « Délivrance ». Bien sûr, ce sont les titres de Xpôvoç - Khronos (« Kombat », « Hors Norme »...) qui ont reçu le plus de suffrages de la populace. C’est à dire que la basse de Phil fait trembler l’enceinte de l’arène. Si ce dernier album marquait une évolution, et un retour aux sources, dans le style entrepris par le groupe, il n’oubliera pas de faire un petit clin d’oeil à l’ancienne époque du groupe en interprétant le titre « Passion » (re-visité dans Xpôvoç - Khronos). Bien qu’avorté, c’est un concert honnête que Nico et sa bande ont délivré. Bien à eux ! (À noter l’absence de Stefo qui a été remplacé par Mickael, le groupe annoncera quelques jours après le départ définitif du guitariste).

Ce n’était pas évident de faire oublier Biohazard, et pourtant l’équipe organisatrice a réussi avec Textures. Certes, les deux formations ne sont pas de la même trempe... Mais quand était-ce la dernière fois que vous avez vu la formation hollandaise se produire dans le Nord/Pas-de-Calais ? Quoi qu’il en soit, les fans de Djent et de musiques expérimentales étaient dans les starting-blocks ! Quant à nous, l’intérêt d’un tel concert reposait dans l’interprétation des nouveaux titres de la formation tous issus de Phenotype

Phenotype nous avait plu, mais nous ne nous attendions pas à ce que cet ultime show surpasse toutes nos attentes. Comme des pros (et heureusement qu’ils sont considérés ainsi depuis bien longtemps), Textures a réussi à s’adapter au milieu. Certes, le jeu de lumière est minime, et le backdrop a été boycotté, mais cela n’a pas empêché la formation de nous délivrer ce qu’elle sait faire de mieux: un Metal Progressif subtile et puissant. 

La setlist est des plus cohérente et re-visite une partie des standards de Textures dès « One Eye For A Thousand ». Dès la plage introductive, le doute n’est plus permis, c’est un show mémorable que nous ont réservé les hollandais. Le son est particulièrement bon et Daniel de Jongh (le chanteur) est en forme. Il varie les intonations vocales, allant du grunt au chant clair… Il s’illustre sur les titres « New Horizons », « Shaping A Single Grain Of Sand » et « Zman » (Phenotype). 

Le jeu de lumière, bien que réduit, demeurait assez bluffant ! C’est à dire que les faisceaux lumineux concordent avec l’ambiance que bagagent les titres « Awake » et « Singularity ». On en prend plein la face et le jeu de Stef Broks prouve une fois pour toute que Textures est la formation à suivre du moment. Mieux encore, ses parties de batterie sur « Zman » assurent qu’il sait mêler technicité et inventivité. Le doute n’est plus permis, c’est un spectacle total qui se joue devant nous. Néanmoins, il est évident que la musique proposée par Textures n’est pas accessible au plus grand nombre. Les réactions du public étaient diverses et variées. Pendant que les fans suivaient les rythmiques effrénées de « Laments Of An Icarus », l’ultime titre de la soirée, d’autres restaient stoïques devant une telle prestation bien qu’il s’agissait là d’une des meilleures performances assurées ce jour-là !

Que retenir de cette édition ? Certes l'équipe du Noise Dreamer Zone a rencontré quelques soucis d’organisation (Merci à la municipalité de Dunkerque, encore une fois), mais elle a tenu le choc et a su remodeler sa structure pour rendre l’événement le plus agréable possible, ce qui ne fut pas simple dans un manège en extérieur (à cause du vent et du froid). L’avenir du festival est encore incertain, pourtant il est évident que les fans raffolent de ce genre de programmation qui prône l'éclectisme musical. On croise les doigts pour l'année prochaine ! 

Mention spéciale au cracheur de feu et à son acolyte qui ont tâché de divertir la foule le temps de quelques jets de flammes entre les deux derniers concerts et ce, bien que la météo ne s'y prétait pas. La classe.