Œstre - La Dernière Renaissance

 

Œstre est un groupe français né en 2003 à Limoges. Après d’importants changements de line up, le groupe s’est stabilisé et se compose aujourd’hui de Mickaël Ratinaud (chant), Romain Delettre (guitare et FX), Mathieu Delcourt (guitares et programmation samples), Pascal Dupeyron (Basse) et Maxime Lathière (batterie et programmation samples). Après 2 albums respectivement sortis en 2007 et 2012, le groupe revient en 2014 avec son 3ème opus : La Dernière Renaissance.

Lorsque j’ai reçu la biographie de ce groupe dont j’ignorais tout, il me tardait d’insérer l’album dans le lecteur pour découvrir à quoi pouvait ressembler un groupe dont le style oscille « entre le Metal Moderne, la Dum n’ Bass et l’Ambiant » dixit ladite biographie.
L’occasion pour moi de sortir de ma zone de confort et de vous présenter un groupe au style éloigné de mes chroniques habituelles !

Pour ce nouvel album, le groupe nous propose un artwork travaillé et intriguant dans lequel on peut d’ores et déjà déceler des éléments d’inspiration industriels et des thématiques assez pointues. Suspicions confirmées par la tracklist dont les titres  présagent d’une certaine recherche dans l’écriture.

Dès le premier morceau, on comprend pourquoi le groupe se réclame, entre autres, de Meshuggah. Structures très syncopées et déstructurées, batterie métronomique, et chant rageur. Des composantes que l’on retrouve tout au long de ce nouvel opus de 9 titres.

En outre, on distingue clairement l’influence industrielle du groupe, les nombreux samples et bruitages n’y étant pas étrangers.
Cela dit, on reste assez éloignés de groupes comme Divine Heresy.
En effet, c’est avant tout l’aspect Moderne qui ressort, l’aspect Indus étant inséré dans l’ensemble sans prendre l’ascendant dans les compositions.

Nous ne sommes donc pas non plus dans un style Ministry ou très martial comme l’avait proposé Rammstein dans sa période Herzeleid.
Ici, ça cogne dur, encore et toujours. En témoignent des titres comme La Sculpture de Soi ou Fragments Oniriques.
Cependant, le groupe intègre des séquences groovy agréables et nous offre même quelques breaks mélodiques, notamment sur Patient Zero et Memento.

Le groupe créé la surprise avec le titre Pable, sous titré La Dernière Renaissance, également titre de l’album. Après 4 minutes de déchainement, un voix féminine vient surprendre l’auditeur et l’emmène alors vers un nouvel horizon, bien moins sombre que celui dans lequel nous avons été plongé jusque là.
C’est justement à ce moment précis que le (seul) point faible de cet album se fait sentir : il faut attendre le 7ème titre de l’album pour obtenir cette première vrai variation dans les compositions.

S’ensuit un interlude de 4 minutes, tout aussi surprenant, alliant parties acoustiques et samples dans un style très jungle pour le moins surprenant.

L’album s’achève sur Le Théorème de Moebius, synthèse de l’album et du style proposé par le groupe, alternant samples, gros riffs et chant hurlé, sans oublier un brin de mélodie.

Côté production, Œstre nous propose un album très bien équlibré. Certains regretterons le son relativement peu incisif de la batterie, caractéristique souvent proéminente dans le genre industriel. Mais c'est aussi ce qui évite à Œstre d'être une sorte de Fear Factory à la française et lui donne son identité sonore propre. 

En conclusion, Œstre signe un album abouti dans son écriture et son concept. On regrettera peut être un aspect un peu compact à la première écoute mais les amateurs du genre seront néanmoins ravis. Un album que l'on pourrait rapprocher d'un Archetype de Fear Factory sans pour autant faire figure de vulgaire copie. Assurément un groupe qui n'a pas fini de réveler l'intégralité de son potentiel ! À écouter et à surveiller !