Of Mice And Men - Cold World

                                                        

Avec déjà quatre albums à leur actif depuis le début de la décennie, les californiens d'Of Mice And Men ont laissé leur empreinte au sein de l'empire metalcore. Leur nouvel opus Cold World succède à Restoring Force sorti en 2014 et acclamé par le public. Une tournée avec Linkin Park cette même année a également permis au groupe d'asseoir sa réputation auprès de nouveaux auditeurs et a beaucoup influencé Cold World. 

Line-up: 

Austin Carlile (chant)

Aaron Pauley (basse, chant)

Valentino Arteaga (batterie)

Philip Manansala ( guitare)

Alan Ashby (guitare)  

Depuis sa formation en 2010, la bande d'Orange County a bien roulé sa bosse. Lors de la sortie de son deuxième album Flood en 2011, le groupe accède au Billboard 200 en se hissant à la 28 ème place, un record pour le label Rise Records chez qui le groupe est signé depuis ses débuts. Malgré les problèmes de santé du leader Austin Carlile, le quintette continue de se battre et Cold World est teinté des couleurs de la lutte. 

Le bal s'ouvre avec le très grave "Game Of War", dont les mélodies sont maculées de sonorités glaciales et envoûtantes. Les paroles sont lentement scandées, prenant le temps nécessaire pour marquer le morceau des mots qui devront le hanter. L'alléchant "The Lie" signe un post-hardcore de haute facture, composé d'un rythme progressif aux instruments subtilement éraillés. Les guitares sont saturées d'une puissance heavy, le screamo est impeccablement craché et reprend sa respiration là où il faut pour insuffler un peu de chant clair à la chanson. Le synthé présent sur "Real" colore un peu l'univers musical des californiens et sert ici à délivrer une note plus solaire et pop, à l'atmosphère langoureuse et planante. 

Le primitif "Like A Ghost" cherche à attraper la puissance à pleine bouche sans y parvenir totalement en raison d'un refrain que l'on a trop poli aux angles. Les fûts toniques conservent cependant un tempo entraînant. En mélangeant le néo-metal de Korn et les penchants électroniques de Linkin Park, on obtient "Contagious" dont l'influence est très marquée. L'interlude "_" tout autant atmosphérique qu'angoissante précède et prépare l'excellent "Pain". Vicieusement conçu pour ne pas vous sortir de la tête, "Pain" est un morceau asbolu où les membres du groupe ont jeté à dévoulu leurs tripes sans aucun remords. Le résultat est délicieusement angoissant, presque horrifique. On pourrait ici songer à du Rob Zombie, tant souffrance et jubilation se mêlent.
On l'aura bien compris, une des thématiques majeures de cet album est la survie et chaque track contribue à faire ressentir cette adversité. Morceau réservé de prime abord, "Hunger" se sert d'un chant clair épanoui en guise d'avertissement où la répétition d"open up your eyes" s'agrippe à nos oreilles. "Relentless" choisit de travailler son chant avec des accents hip-hop à la Rage Against The Machine lors des couplets et la voix lorsqu'elle part dans les aigus est détonnante, mais les refrains s'édulcorent. Sur "Away", ce sont les mélodies et riffs intenses qui prédominent. Le son lors du chant clair est un peu trop léché et conventionnel, mais l'émotion répond à l'appel. Ultime morceau de l'opus, "Transfigured" prend le parti d'une voix adoucie, où la colère s'estompe peu à peu, laissant la place à un souffle plus léger après le tumulte. 

A sa sortie en septembre, Cold World a essuyé de mauvaises critiques, reprochant au groupe de se reposer sur ses acquis et de plagier vainement Linkin Park. Certes, cet opus ne ravira pas tout un chacun mais force est de constater que la rage et la créativité de Of Mice And Men ne se sont pas rompues, parant généreusement chaque nouvelle oeuvre d'une richesse mélodique.