Omrade - Edari

Vous aimeriez sûrement tout comme nous avoir de plus amples infomartions sur Omrade. Vous n'en aurez pas. La bio du groupe nous parle de musiciens d'un pays qui n'existe pas, nous explique que la musique du groupe peut être décrite comme du « classical post ambiant nocturnal atmospheric neo-electro-progressive industrial metal world rock » (respirez), que son premier album Edari est un chemin vers la solitude, le désespoir, la tristesse ou encore la rage. A l'origine du projet l'on retrouve Jean-Philippe Ouamer (Idensity) et Christophe Denhez (ex-6:33, Mur, nerv), complété par des invités et des intervenants diverses dont on ne nous dit rien.

Line-up :

Jean-Philippe Ouamer (batterie, programmations)

Christophe Denhez (chant, guitare)

et d'autres...

Dans Trainspotting (Danny Boyle, 1996) Mark Renton disait : « Dans le futur il n'y aura plus de mecs ou de nanas, il n'y aura que des tapettes. »

Il y a peu South Park nous montrait des jeunes qui ne voulaient être ni homme ni femme.

Omrade c'est un groupe qui n'a pas décidé ce qu'il voulait faire et qui du coup fait une musique qui se réclame un peu de toutes les scènes (un peu par ce que il n'y pas de rap ou zouk non plus sur Edari).

Après ne vous attendez pas à du metal ou à du rock mêlant d'autres influences, la musique d'Omrade ne peut qu'être qualifié d'avant-gardiste. Car c'est une entité sonore à part qui bien une cohérence dans son univers mais qui ne fait clairement rien de connu. En piochant tour à tour dans le trip-hop, le postrock, le jazz, le metal, l'electro ou encore la world music créer une univers distordue mais d'une richesse et d'une créativité qui force le respect.

Un univers dans lequel le chant se mêle à la musique comme un instrument à part, d'où peut être le choix de ne pas en mettre aussi souvent que cela. Seul « Luxurious Agony » se montre vraiment pleine de parties chantées, assurées par notre Guillaume Bideau (ex-Scarve, Mnemic, One-Way Mirror) national. Le bougre montre une nouvelle fois toutes ses capacités en chant clair et quelques spoken word bien sentis pour l'un des titres les plus lumineux de ce premier essai. Au rayon des chanteurs, Asphodel (ex-Pin-Up Went Down, Penumbra, öOoOoOoOoOo) sublime le grandiloquent « Satellites And Narrow » de son chant soprano qui rappelle Simone Simons (Epica).

Le groupe aime les ambiances éthérées d'où ces « Friendly Herpes », « Luxurious Agony » ou bien « Skam Parfyme » qui bercent gentiment avant de se voir booster par des rythmiques electro joyeusement dansantes.

« Aben Dor » et « Otta Sen » à l'inverse emprunte au black metal son chant et une ambiance glauque et dérangeante, ce sans aucune saturations pour le premier (très peu pour le second). On pense à Ulver ou encore à Manes dans cette musique inqualifiable bien souvent porteuse d'une mélancolie, d'une détresse déroutante. Deux groupes qu'Omrade affirme clairement comme des influences.

Omrade est tel une peinture surréaliste, comme dans du Dali on y trouve une beauté, un charme qui marque même si l'on est pas sûr de tout comprendre ; ce qui est sûr en revanche c'est que l'on se retrouve bien seul et déboussolé en se plongeant dans une telle œuvre.

Edari vous fera voyager ou vous laissera un sale goût dans la bouche car sa musique est bien trop folle pour laisser un sentiment mitigé, à vous de savoir si vous prenez le risque ou non de pénétrer dans l'univers Omrade.