One Last Shot, Frantic Machine, M.F Crew - Studio Campus - Paris - 13/02/2016

Vingt heures, au studio campus. Des gens discutent devant l’entrée, mais beaucoup sont déjà entrés à l’accueil de ce studio de répétition qui comporte aussi une salle de concert. On peut entendre les balances s’achever à travers la porte tout en sirotant sa bière. Ce soir, trois groupes parisiens fouleront la même scène pour la plus grande joie des spectateurs : MF Crew (En tournée pour présenter leur premier EP Last Beer que nous avons chroniqué dernièrement), Frantic Machine et One Last Shot (vainqueurs du Headbang Contest 2015). La soirée s’annonce donc agitée et c’est avec une certaine excitation que l’on franchit enfin la porte de la salle, plongée dans l’obscurité.  

Vers vingt heures trente, le MF Crew se met en place. Tatouages, cheveux longs, bandanas : ils nous servent pendant près d’une heure leur metal groove flirtant avec le stoner et le rock sudiste à travers les quatre titres de leur EP Last Beer, ainsi que d’autres titres inédits (à paraître prochainement dans une production plus longue selon une source sûre).

On ressent le savoir-faire et la maturité des musiciens qui exécutent leurs morceaux avec brio et de façon carrée. Pas de panique lorsqu’une des cordes du guitariste chanteur Boris casse, les musiciens se regardent, hilares et reprennent tant bien que mal. C’est aussi ça l’esprit Rock’n Roll !

Ce souci technique n’empêchera pas le Crew de faire vibrer la salle et headbanger les spectateurs, et même les faire rire comme par exemple sur le titre « Jam Bomber » aux sonorités punk, qui parle d’un sandwich disparu. Les différentes influences du groupe se marient à la perfection dans ce set aux longs morceaux épiques comme « Route 66 », mais également aux titres plus speed tels que le fameux « Jam Bomber ».

On s’en était aperçu en écoutant l’EP, et le live nous le confirme : le M.F Crew risque fort de faire partie des incontournables de la scène parisienne d’ici peu… On en profite pour préciser qu’ils seront sur scène le 12 mars prochain au new morning dans le cadre de la demi finale du festival-tremplin Emergenza, n’hésitez pas à aller voir ce qu’ils envoient en live !

 

 

 

Setlist :

Intro

Old Friend

Paris Is Burning

No Way In Hell

Last Beer

I’m Drowning

The Rover

Jam Bomber

Route 66

 

Une fois les bikers du M.F Crew partis, Frantic Machine se met en place. Ce groupe aux influences diverses n’a plus besoin de faire ses preuves et jouit déjà d’une certaine notoriété. Après un premier album en 2007 (The Beginning) et un deuxième en 2014 (Peace Of Mind), le groupe écume les salles parisiennes et gratifie les auditeurs d’un metal principalement thrash sans pour autant s’enfermer dans des codes stricts.

Treillis, casquette, ils lancent leur show énergique avec « Insane Pulse Remains » devant une salle qui s’est significativement remplie. Les musiciens donnent sans compter, et un échange d’énergie intense s’amorce avec le public, plutôt réceptif aux riffs acérés et au chant saturé assassin de Seb. Le sérieux et la concentration des musiciens ne les empêchent pas d’interagir régulièrement avec le public, notamment via des petites blagues du bassiste Laurent.

Tout au long du set, des sonorités thrash, punk, voire metal industriel se côtoieront dans cette synergie public-groupe pour la plus grande joie des spectateurs jusqu’au rappel, qu’ils « auraient joué même si on ne les avait pas rappelés » (dixit Laurent). Ce show très prenant s’achèvera au bout de près d’une heure, me laissant pour le coup tout hébété. À voir et revoir, et on ne peut que vous conseiller d’aller headbanguer avec eux s’ils passent près de chez vous.

    

 

Setlist :

Insane Pulse Remains

Liar

Peace Of Mind

No Freedom No Justice

My Needs

The Other Me

Taliban Bolero

Clear Your Way

Scream Of Rage

Legalize


Free Loader

 

22 heures 50 : One Last Shot arrive sur scène. Poing américain sur le micro, chapeaux de cowboys, il ne manque que le six-coups pour que la panoplie soit parfaite.

Cowboy metal ? Non, dust metal comme ils le précisent eux-même sur les réseaux sociaux. En pratique on pourrait comparer ce style à un genre de thrash aux relents heavy, tout à fait dans la ligne des deux groupes précédents. Pour l’occasion, les musiciens mettront en avant les titres de leur EP First Gear sorti en 2014 devant une salle désormais bondée. Le public est bouillant, les musiciens aussi, une fois encore une synergie qui fait plaisir à voir s’installe dès la théâtrale entrée en scène du groupe sur une musique de western.

Les musiciens ne s’économisent pas, et donnent tout au public, allant jusqu’à provoquer un wall of death sur le titre « Prophesick », scène amusante dans une salle de cet acabit. Dans une ambiance bon enfant, le groupe s’amusera avec ses accessoires (chapeaux-éventails) ainsi que ses instruments (solo de guitare derrière la tête), ils se font plaisir et ça se ressent.

One Last Shot rendra hommage à feu Lemmy Kilmister en interprétant à sa sauce le morceau cultissime «Ace Of Spades », durant lequel la fosse headbanguera comme jamais. Le concert se termine vers minuit avec le titre « Brawler », généreusement salué par l’assistance.

 

Setlist :

 Live Fast, Die Young

One Night Stand

Prophesick

Thou Have To Be Drunk

Skateboard Song

G.A.S

Mariachi

Ace Of Spades (Motörhead cover)

Headbangers

Brawler

  

 

On sort de cette soirée pleinement satisfait : trois groupes de qualité avec des prestations scéniques superbes, chacun dans son registre. L’acoustique tout à fait correcte de la salle et la bonne humeur générale due à un public réceptif en ont fait un moment de communion réunissant les spectateurs autour de leur passion commune : le metal.

Crédit photo : Lykh'Arts, merci à lui !