One-Way Mirror - Capture

Taxé de « supergroup » français (à juste titre), One-Way Mirror réunissait à la base les frères Potvin de Lyzanxia et les ex-Scarve Guillaume Bideau (chant, Mnemic), Dirk Verbeuren (batterie, Soilwork) et Loïc Colin (basse, ex-Watcha). Seuls les frangins et le frontman restent à bord, désormais complétés par Clément Rouxel (batterie, T.A.N.K, ex-Zuul FX) et le bassiste de General Lee, Vincent Perdicaro.

Après deux albums bien reçus dont le premier est paru chez Metal Blade (Amon Amarth, Brainstorm, As I Lay Dying) en 2008, le quintet revient avec Capture sans qu'on ne l'attende vraiment et pourtant ce troisième essai est sûrement son meilleur à ce jour.

Rien d'étonnant mais la production est, comme d'habitude avec les frenchies, en béton armé. Rien d'étonnant car les frères Potvin tiennent les Dome Studios (Deficiency, Kronos, T.A.N.K) et Guillaume a une activité de producteur vocal de plus en plus étendu. La basse de Vincent est très avant dans le mix, renforçant l'indutrialisation de OWM, on apprécie sur « Screenshot » sur lequel le bonhomme envoie d'excellents plans.

On commence avec le single de l'album « The Stinking Of Gold » dont les couplets rappellent un peu ceux de « One Way Mirror » sur Destructive By Nature (2012), comme d'habitude encore nous retrouvons un metal frontal et accrocheur aux refrains enlevés imparables. De la même manière qu'il est impossible de résister à l'appel de la nuit, il est absolument impossible de résister à ce « Neglected Skies » sur lequel Guillaume fait des merveilles. Cette accroche faisait à la fois la force et la faiblesse de l'opus précédent, car à force de vouloir se montrer forcément accrocheur le groupe se montrait un peu trop commun au bout de quelques titres. Ici le quintet se montre bien plus varié et peut être plus rentre dedans qu'avec son prédécesseur (« The Clock Is Ticking », « Speculations » sur lesquels Guillaume use et abuse de son chant hurlé).

Preuve de cette variation, « Warnings », sorte de power-ballade basée sur des samples indus qui évoque Nine Inch Nails, un bel essai qui surprend au premier abord pour révéler ses qualités en plus d'être l'ovni de Capture. Enfin, ce dernier point peut être sujet à débat puisqu'après avoir repris Frankie Goes To Hollywood et son fameux « Relax », One-Way reprend le « Lady Marmalade » de Patti LaBelle (remis au goût du jour par Christina Aguilera). Un essai absolument indispensable, qui donne forcément la banane à l'écoute d'un Guillaume qui s'éclate à faire écho aux « Voulez vous coucher avec moi ce soir ? » (qui le voit imiter Serge Gainsbourg et Eddie Mitchell) par des « J'y compte bien ! », « C'est une évidence ! » hilarants. Grand fan de Faith No More, le frontman s'essaye à un break schizophrénique à la Mike Patton sur « Confusion Core ».

L'album se termine sur « We Love To Complain », introduit par des orchestrations réussies accompagnées d'un beat discret qui nous ferait presque attendre une production signée Dr Dre (je devrais me faire lyncher en place publique pour une telle référence évoquée sérieusement non?).

Vous l'aurez compris, One-Way Mirror continue dans cette voie qu'il maîtrise et affectionne, celle de l'immédiateté et de la mélodie. Les détracteurs continueront à trouver le projet trop facile et sans intérêt, les fans préfèreront s'éclater et chanter ces refrains mortels à tue-tête. Pour ma part je dirais simplement que cet album est une vraie réussite dans ce qu'il veut transmettre, en variant sensiblement son propos OWM propose un très bon essai de rock/metal moderne « in your face » ! Et c'est bien là l'essentiel.