Orchid - Sign Of The Witch

 

Originaire de San Francisco, le groupe de revival seventies Orchid revient pour un cinquième éponyme intitulé Sign Of The Witch. Préférant les formats courts aux douze titres, les ricains ne possèdent que deux albums à leur actif: Capricorn en 2011 et The Mouth Of Madness en 2013. Avec Sign Of The Witch, le quartette s'est promis d'explorer des variantes psychédéliques, groovy et bluesy afin de nuancer son heavy metal habituel.

Line-up:

Theo Mindell (Chant)

Carter Kennedy ( Batterie)

Mark Thomas Baker (Guitare)

Keith Nickel (Basse)

Les affaires ont plutôt bien tournées pour la bande de potes qui souhaitait seulement fédérer son amitié autour de quelques amplis. Leur premier éponyme Through The Devil Doorway les propulse au sommet d'une carrière brillante et, très bientôt, l'écurie allemande Nuclear Blast les prend sous son aile. Le groupe assied sa réputation de vintage rock lors du Rock Hard Festival et devient même l'une des formations préférées de Kirk Hammet, rien que ça! C'est par conséquent à un certain prestige que les fans s'attendent à l'issue de ce quatre titres.

Le premier titre "Helicopters" ne présente rien d'original et révèle une production tout ce qu'il y a de plus heavy, mais n'apporte aucun doute en ce qui concerne sa réputation affranchie de revival rock car la voix de Mindell aurait clairement pu jouer de ses charmes dans les années 70. En revanche, "John The Tiger" est plus intéressant, et plus virtuose dans ce pour quoi le groupe est réputé, à savoir des riffs qui ont su séduire l'oreille du légendaire guitariste de Metallica. Les solos un peu funky ainsi que le chant langoureux et sensuel intègrent un groove que le groupe souhaitait mettre en avant.

"Sign Of The Witch" nous immerge dans une sueur électrique et brute encadrée par les percussions utilisées très fréquemment par la bande. Efficace et implacable, le morceau éponyme est taillé pour mettre un festival en feu, bien qu'il reste simple et linéaire, sans grand mystère. La surprise se situe plutôt à l'écoute du dernier morceau "Strange Winds" dont le rendu s'apparente plus à The Doors qu'à Black Sabbath. L'intro est lente et énigmatique, ce qui sied à merveille aux percussions maniées avec retenue. Psychédélique et élégiaque, ce morceau ne rend pas seulement hommage au panthéon du rock mais s'incrit dans une certaine modernité comme ont su le faire The Temples ou encore Ty Segall et compars en recyclant le passé avec une griffe adaptée à notre époque.

Cet album scindera les auditeurs en deux catégories. Il y aura tout d'abord celle, plaintive et sévère, qui s'attendra à un album fracassant et un renouvellement, mais y trouvera au final un rendu plus terne que le septième ciel promis lors de chaque nouvelle production d'Orchid. Cependant, les fans de la première heure et les adeptes de vieux heavy y verront tout de même un album convaincant de la part d'un groupe qui a sans cesse l'envie de créer et d'explorer ses limites.