Prime Sinister - The Blackest Movie

Si Great Dane Records nous avait habitués de ses sorties Thrash/Death Metal « rentre dedans », l’écurie a réussi à faire preuve d’ouverture d’esprit en signant un groupe d’un tout autre genre. Le contrat endossé avec Prime Sinister le prouve bien ! Eux qui sortent leur troisième album, The Blackest Movie, doivent encore tout prouver devant un public qui réclame toujours plus d’innovations. À voir maintenant si la cérémonie des oscars s’est bien déroulée pour cette sombre série. 

Les metteurs en scène ont voulu frapper un grand coup en sortant des sentiers battus. Il faut dire qu'il n'a pas le même scénario que les autres candidats. La preuve avec cette première scène éponyme de vingt minutes qui renferme à lui seul l’intérêt de l’album. Il faut dire que le trio a su changer les intonations au sein même de ce fleuve. En variant les passages spirituels et lacunaires, les passages lourds et inquiétants prennent plus de relief. Tout est là pour plonger le spectateur dans l’ambiance sombre du film assez unique en soi. Belle mise en bouche. 

Bien sûr, Prime Sinister ne s’est pas reposé sur les acquis de ce premier morceau fort élogieux. Au contraire, chaque morceau propose son petit paquet de qualités comme le groovy « I Can’t Change » qui mêle la voix rauque et inquiétante de Pills à des parties de batterie endiablées. Le groupe a su tirer en plein dans les parties sensibles du public sur des titres comme « Sweet Time For A Crime » avec ses parties de guitares effrénées qui lancent à coup de balles à blanc des riffs mémorables. 

Les Orléanais ont su rendre cet album homogène dans son ensemble. C'est-à-dire que n'étant constitué d'aucun temps mort, le spectateur ne s’ennuie jamais et peut même se surprendre à siffloter le refrain de « Blood Red Blues » ou même à taper du pied les rythmiques hachées de « The God’s Failure ». « Let Me Down » contentera également les amateurs de Thrillers grâce à un synthé surplombant l’atmosphère. Accompagnée d’une voix épaisse et plaignante, cette ambiance s’inscrit dans la pure tradition du Stoner.

Le feeling dispose d'une place prépondérante sur cet album. Il est évident que les parties de guitare de Pills sur des titres comme « The End Is On » ou bien l’instrumental « Final Cut » n’ont laissé personne indifférent. Et pour le peu que nous puissions dire, c’est que, malgré le temps que le groupe a mis pour concevoir cet album, il aura fait en sorte de se focaliser sur un critère essentiel: la qualité avant tout. 

Comme dans le septième art, toutes les scènes s’engendrent et sont ordonnées de manière intelligible. Vous l’aurez donc compris ! Quand le long « The Blackest Movie » faisait figure de bande annonce, le reste de l’album n’est que la suite logique du macabre destin qu'a été réservé aux protagonistes. Ce n’est pas les effets vocaux pleins de reverb agencés à chaque début de titres qui démentiront ce concept. Évoquant souvent la folie sur des titres comme « Prime Cut » ou même « The Gods’ Failure », le trio est dans son élément en nous offrant cet album bourré d’effets visuels. 

Le constat est sans appel. Le dernier Prime Sinister aura fait carton plein après avoir surpris l’ensemble de l’assemblée. Et pourquoi ne pas leur remettre le sésame de la meilleure découverte Stoner de l’année ? C’est dorénavant chose faite.