Parkway Drive - Asking Alexandria - Stick To Your Guns - Le Bataclan - Paris

Date unique en France ? Un retour en force sur Paris après un concert magistral dans la même ville en février 2016, à la Cigale plus précisément ? Connaissant l'incroyable efficacité des australiens de Parkway Drive en live, il était inconcevable que la rédaction de Metal Cunt ne soit pas de la partie en ce jeudi 13 avril au Bataclan, à l'occasion de la tournée européenne Unbreakable avec Asking Alexandria et Stick To Your Guns. Reporting.

Du monde, du monde et encore du monde ! Tels ont été mes premiers mots en passant devant la longue file d'attente qui serpentait dans les rues voisines de celle du Bataclan jusqu'à la salle en question. Mais les trente minutes en valaient vraiment la chandelle, au vu de la soirée fort sympathique qui m'attendait. Surtout qu'il est toujours possible de faire passer le temps en discutant à droite et à gauche avec d'autres metalheads !

File d'attente oblige, donc, je rentrais au moment où Stick To Your Guns entamait ses premiers morceaux. Pas super fan du groupe à la base, ce dernier officiant dans un Hardcore qui manque vraiment de pêche selon moi, je restais néanmoins près des petits escaliers menant à la fosse, confortablement placé pour profiter du show des américains. Et inutile de dire que l'ambiance dans la fosse était déjà bien surchauffée, avec un public qui réagissait au quart de tour aux encouragements du groupe. Une formation qui n'arrêtait pas de bouger, tout comme ses fans : un concert de Punk Hardcore dans toute sa splendeur, quoi ! Les Stick To Your Guns étaient fiers d'être là, motivés à fond et balançant coup sur coup leurs titres nerveux et emplis de rage.

Les titres interprétés en live sonnaient bien entendu mieux qu'en CD, avec toute la puissance et la violence du son qui nous arrivait dans la face, même si les guitares auraient mérité d'être plus tranchantes et plus présentes. Le chanteur, malgré un chant hurlé fort bien convaincant, avait cependant plus de mal à tenir son chant clair sur les refrains, avec un réel manque de puissance et des intonations qui n'allaient pas forcément avec la musique. Dommage, car c'était vraiment le point noir de ce concert. En dehors de cela, on appréciera donc toujours l'énergie et la passion des Stick To Your Guns, sans compter leurs messages de paix et d'espoir qui refaisaient surface entre chaque chanson. Des paroles qui faisaient plaisir à entendre, surtout au vu de l'actualité.

Setlist :

Against Them All
Empty Heads
Nobody
What Choice Did You Give Us ?
We Still Believe
Such Pain
Universal Language
Amber

Pour le reste du concert, je décidais de m'installer tranquillement au balcon du Bataclan, histoire de profiter au calme des deux derniers groupes. Pouvant admirer la scène dans son ensemble, je pus voir débouler les américains d'Asking Alexandria sur la fabuleuse introduction de mon album favori, Reckless & Relentless. Quel excellent moyen de débuter ce live, surtout quand les riffs et les hurlements du puissant morceau "Dear Insanity" suivent le mouvement ! "To The Stage", "Dedication", "Someone, Somewhere"... La setlist d'Asking Alexandria avait tout pour me plaire, avec également quelques titres de leur avant-dernier album avec "Moving On", "The Death Of Me" et "Run Free", sans compter le classique "The Final Episode" en dernier.

Connaissant également le groupe en live, nul besoin d'être surpris de voir bouger les musiciens, les voir courir sur scène, se mettre debout sur les retours et pointer leurs instruments vers l'avant. La fosse, impatiente d'en découdre, n'attendra que les puissantes rythmiques de "Dear Insanity" pour se mettre en mouvement, se bousculant et creusant par moments des pits Hardcore pour les phases de breakdowns destructeurs qui ont fait aussi la réputation du groupe (que penser de la fin de "Dear Insanity" ou  des couplets de "The Final Episode" !). Une énergie surpuissante s'est très vite emparée du Bataclan. Mais, car il y aura tout de même un "mais" parmi toutes ces très belles impressions, encore une fois, le chant est clairement en-dessous du reste. Même si les instruments à cordes auraient pu être plus pêchus, nous donnant parfois du mal à entendre telle ou telle rythmique (ou même tel ou tel solo), le chanteur avait véritablement du mal à tenir la baraque.

Comme essouflé ou fatigué, le chant hurlé de ce cher Danny Worsnop n'était pas aussi retentissant que d'habitude, ayant du mal à suivre les instrus de ses compères. Même ses hurlements avaient du mal à convaincre. Et que dire de son chant clair ? Un chant clair sans saveur, que l'on entendait pas beaucoup et quasiment faux par moments. Quel dommage que Danny Worsnop n'ait pas vraiment été à la hauteur, et ce au vu du reste de la performance du groupe qui était tout à fait honnête même si j'avais eu l'occasion de voir auparavant beaucoup mieux de leur part ! Le très bon choix de la setlist était heureusement de leur côté. Une performance certes énergique mais un peu décevante pour ma part !

Setlist :

Welcome
Dear Insanity
To The Stage
Dedication
Someone, Somewhere
Run Free
The Death Of Me
Moving On
The Road
Not The American Average
The Final Episode (Let's Change The Channel)

Il est désormais temps de laisser place aux grands australiens de Parkway Drive. Que l'attente était insupportable, pour moi mais aussi pour le public, qui n'avait finalement rien trouvé de mieux que de faire un concours de lancers de gobelets dans toute la fosse. Vu d'en haut, cela en devenait presque comique, et inutile de préciser que nous-autres, résidents du balcon, avons bien entendu participé un peu à la fête. Mais cette fois-ci, c'est la bonne ! Les lumières s'éteignent et les premières notes de guitares résonnent dans l'air surchauffé du Bataclan, annonçant sous un déluge de hurlements le titre "Wild Eyes". BAM ! Les canons à confettis se font entendre sur la première grosse rythmique du groupe, et les confettis nous pleuvent dessus par centaines. La fosse est mise à ébullition tandis que le balcon se lève comme un seul homme pour saluer la fantastique entrée des Parkway Drive.

Et ce show ne sera que ça : des sauts, des hurlements, des chants scandés à tue-tête sur les refrains fédérateurs dont seul le groupe a le secret, du headbanging sur les moments les plus lourds ou les plus rapides... Qui n'aurait pas hurlé avec Winston McCall sur des mélodies aussi épiques que "Wild Eyes", "Destroyer", "Vice Grip" ou encore "Carrion", n'aurait pas headbangué sur des titres pesants comme "Dedicated", "Sleepwalker" ou "Crushed" ou n'aurait pas bousculé ses voisins proches sur des morceaux comme "Karma", "Boneyards" ou "Dark Days" ? Rajoutons à une setlist tout bonnement monstrueuse (même si j'aurais aimé plus de vieux titres, étant amateur des deux premiers albums !) et spécialement élaborée pour faire remuer les foules une énergie tout simplement fantastique des australiens ainsi qu'un son pur et parfaitement digne de leur rang de tête d'affiche. L'ensemble des instruments sonnait royalement bien, et l'on sent que le groupe est désormais totalement rodé sur scène, jouant comme un seul homme. Excepté une petite erreur de synchronisation sur le riff principal de "Idols And Anchors", tout était parfait ! Et que dire du chant hurlé de Winston McCall, venant effacer d'un seul coup les performances mitigées des précédents groupes sur ce point-là !

J'ai donc parlé de la pêche absolue des australiens sur scène, mais que dire du public ! Une fosse totalement acquise à Parkway Drive, enchaînant sans hésiter pogos, circle pits et autres Wall of Death sans que la formation n'ait besoin de le dire. Que ce circle pit était beau dès l'entame de "Karma", lançant l'ambiance pour un titre de pure folie ! Je penserais également aux pits Hardcore sur "Boneyards", un morceau alternant riffs à 200 à l'heure et breakdowns des plus efficaces !

Clôturant parfaitement bien ce show de toute beauté, un joli chant de la Marseillaise, comme un hommage du public français au groupe ! Un concert qui finit sur plus d'une seule très bonne note !

Setlist :

Wild Eyes
Carrion
Dedicated
Vice Grip
Karma
Sleepwalker
Dark Days
Destroyer
Boneyards
Writings On The Wall
Idols And Anchors
Bulls On Parade (Rage Against The Machine cover)
Swing
Crushed
Bottom Feeder

On tire donc notre chapeau à une tête d'affiche qui a parfaitement bien tenu son rang, avec un son et une performance scénique à la hauteur de mes espérances ! Et c'est lorsque je me vis sortir de la salle en sueur (alors que je n'étais même pas allé mettre un orteil en fosse !) que je pus réellement me rendre compte de la magie Parkway Drive en live ! Une musique qui te fait bouger où que tu te trouves, et sans que tu t'en aperçoives ! Un Parkway Drive des grands soirs, qui m'a fait rapidement oublier le show mitigé des Asking Alexandria et la rapide mais néanmoins efficace performance des Stick To Your Guns.