Parkway Drive, Betraying The Martyrs - Lille - Aéronef - 09/06/15

 

La scène Deathcore, en pleine effervescence dans les années 2000’s, commençait à perdre ses repères à la fin de la décennie. C'est-à dire que pour maintenir l’intérêt des fans, il faut se renouveler encore et encore. Ce soir, la région reçoit deux formations de la trempe. Une qui n’a plus rien à prouver, j’ai nommé Parkway Drive. Et Betraying the Martyrs qui commence tout juste à se faire un nom en dehors de nos frontières Francophones. Inutile de vous rappeler que le groupe ne jouait encore que dans des bars/concerts comme la Chimère de Lille, il y a encore cinq ans de ça. C'est donc une soirée pleine de promesses qui s'offre à nous en cette soirée de festivité à l’Aéronef de Lille. 

Ce que l’on a appelé à un moment la nouvelle valeur sûre du Deathcore Français fait les préliminaires sur l’instrumental « Liberate Me Ex Inferis » tiré de leur premier essai Breathe In Life puis enchaine sur le désormais classique « Because Of You » qui réveille les fans du combo Parisien et les invite à mosher sur les Breakdown. Ce soir, la formation Francophone joue la carte de la sûreté en interprétant ni plus ni moins cinq titres de son premier album très bien reçu par la presse Metal et d'autres titres plus connus comme « Man Made Disaster » ou même « Life Is Precious ». Il faut dire que la formation mise gros ce soir. Rafler de nouveaux fans venus exclusivement pour Parkway Drive est le mot d'ordre des Parisiens... 

… Et Betraying The Martyrs ne manquera pas son coup, rien n’est laissé au hasard! Le quinquet a tout misé sur la communication pour faire bonne impression auprès du public. Victor Guillet et Aaron Matts apparaissent comme deux complices, non seulement lors de leurs échanges lyriques entre chants claires et gutturaux lors de morceaux comme « Where The World Ends » ou même « Legends Never Die », mais aussi pendant leurs interventions où ils n’hésiteront pas à remercier leurs fans Nordistes les plus fidèles et certains de leur amis qui n’ont pas hésité à faire le déplacement de loin pour soutenir la bande. « If you hate or like it, it’s time to Let it Go! », Aaron Matts en est conscient, la reprise du thème principal de La Reine des Neiges est sujet à polémique. Comment prendre au sérieux un groupe qui reprend une chanson aussi juvénile? Quoiqu’il en soit, la cover fait mouche dans la salle mais les réactions seront encore une fois diverses et variées. Pendant que plusieurs headbangueront sur du Dysney et d’autres en profiteront pour faire la risette. Néanmoins, corsée par des jeux de lumières pertinents, la prestation de Betraying The Martyrs, parfois trahie par un son trop brouillon, a rempli ses engagements. On pouvait alors entendre des « Ça passe bien en fait » fuser entre les fans de Parkway Drive

La pause ou l’entracte, définissez cela comme vous le souhaitez, nous laisse le temps d’entrevoir la scénographie des Australiens. Il s’agit là d’un décor apocalyptique où sont disposés des pneus et drapeaux noirs avec en Back-Drop des illustrations citadines pour le moins originales. 

21H45, il commence à se faire tard et le public perd patience. Mais dès les premiers accords de « Wild Eyes », la foule regagne la salle et se met dans de bonnes conditions pour apprécier le concert. Faire son arrivée sur scène avec un des titres les plus connus peut être un choix rigoureux comme il peut aussi porter préjudice… Car le concert s’ouvre directement sur une note très positive qu’il faudra maintenir sur toute la longueur du show. Le groupe profitera également de sa tournée estivale pour interprêter ses morceaux les plus connus mais également pour gâter les Parkway Addict. Des titres plus rares comme la fausse ballade « Carrion » tiré de l’album Horizon a maintenu l’intérêt auprès des curieux et des coreux, qui s’en donneront à coeur joie pour mosher dans le pit. 

C’est donc une setlist variée et éclectique à souhait que la bande à Winston McCall soumettra. Les Australiens feront le tour de toute leur discographie de Killing With A Smile à Atlas en piochant les titres les plus efficaces en live à commencer par « Romance Is Dead » issu de leur premier opus Killing With A Smile qui, grâce aux parties rythmiques ultra-agressives de Ben Gordon et Jia Connor encourageront les plus vicieux à se provoquer dans les circle pit organisés par le leader de la formation. La forme est à son apogée au sein de la bande à Winston et celui-ci n’est pas peu fier d’annoncer qu’il s’agit là du cinquième concert que la troupe a donné en cinq jours (!), de quoi inspirer les plus mous de ce soir à se dépenser. La bonne humeur de Jeff Ling est à son plus haut cran et les problèmes d’intonation rencontrés au début du concert se résolvent.  

Vous souvenez vous du compte à rebours présent sur la page de Parkway Drive? Il a eu raison de lui et a fait profiter tous les internautes le jour-même de l’évènement du nouveau single interprété ce soir. À peine inauguré, « Vice Grip » reçoit un accueil mémorable et s’avère déjà être un hymne à lui tout seul grâce à ses parties mélodiques et s’inscrit dans la lignée même des classiques de Parkway Drive. Mais le groupe n’hésitera pas à reprendre un titre phare de Rage Against The Machine. « Bulls On Parade » ravira tout le monde dans la salle même si, il faut l’avouer, Jeff Ling n’a pas la même dextérité et ingéniosité que Tom Morello

Le cas échéant du rappel et la fin annonciatrice de « Home Is For The Heartless » fera des fans de Parkway Drive des orphelins qui ne seront définitivement pas rassasiés malgré les treize pépites de la performance. Pour ce qui est des insatiables, le groupe vous donne rendez vous au Graspop Metal Meeting le dimanche 21 juin sur la MainStage 2.

Le plateau Deathcore de la soirée a montré que le genre n’était pas dépourvu de toutes qualités et qu’il peut encore nous surprendre. Il faut dire que le Deathcore ne manque pas de nouvelles formations en devenir. À commencer par les jeunes Betraying The Martyrs qui, en dignes héritiés, s’avèrent être les petits frères de groupes stables et créatifs comme Parkway Drive. Et ce n’est pas pour nous déplaire. 

Crédit Photos: François Lampin

Merci à l'Aéronef pour les accréditations.