Perihelion - Zeng

Neokhrome de 2001 à 2014, la formation hongroise se renomme Perihelion et hérite par la même occasion de la même police de logo après trois albums et deux démos. Sort alors un premier EP sous ce nom, un album chez Metallic Media et donc aujourd'hui un cinquième album chez Apathia Records (qui, non, n'est pas tenu par un certains Jean-Michel, pas de blagues là dessus).

Il est évident, dès la vue de l'artwork, que on a pas à faire à un album "metal", ici on oscille entre shoegaze, mélodie au chant à la limite du folk et blast-beats ponctuels emprunté à la scène post black metal florissante depuis maintenant quelques années, un peu à la manière d'un Deafheaven. D'ailleurs, en parlant de chant folk, le plus bel exemple de celui-ci se trouve sur la quatrième piste, "Végtelen Kék", magnifiquement accompagné mélodiquement par la guitare. L'ensemble alors très accrocheur se mue pour laisser place à un blast-beat classique mais cette fois surmonté par une orchestration. Ce morceau est sans aucun doute le plus accrocheur de l'album. Bien vite après, tout change avec l'enchaînement de deux morceaux experimentaux et ambiant. Le premier, "Égrengető" envoi une intro de deux grosses minutes en basse / batterie / chant. On remarquera le travail fait sur la composition de la batterie, dommage que la ligne de basse se répète autant. La suite du morceau est quand à elle plus "conventionnelle" par rapport au reste de l'album. Le second, "Űzött", est lui totalment ambiant avec ses larges couches de guitare boostées au delay et à la réverb, parfois sifflantes qui signent le retour de l'orchestration en accompagnement avec de larges nappes de claviers. "Vég se hozza el" se taille, lui, la place du morceau le plus aggressif de l'album avant de se changer en une progression de plans plus calmes et proches du shoegaze. Si vous avez écouté l'album ou un extrait, vous aurez bien évidemment saisit (à moins d'être sourd, mais là il y a pas de raison de s'essayer à l'écouter) la particularité de ce groupe, son chant. Une voix claire, légèrement rauque, mais surtout, uniquement en hongrois, accentuant par la même occasion le petit côté folk de l'album.

En définitive, Perihelion sert ici un album mature et à l'image de son expérience avec des particularités propres et des influences légères et maîtrisées. Seul bémol étant la longueur de l'album, à peine plus d'une demi heure qu'il aurait été intéressant de pousser à au moins 45-50 minutes histoire de pouvoir plus développer, s'essayer et poser les ambiances au lieu de les expedier un peu trop vite en deux minutes où d'autres auraient pris leurs dix voir quinze minutes.