Phil Campbell And The Bastard Sons - Phil Campbell And The Bastard Sons

Difficile de faire table rase du passé et de se reconstruire après la disparition d’un être qui nous est cher. La disparition de Lemmy avait ému toute une communauté en décembre dernier, et il a fallu faire son deuil. Alors imaginez pour Phil Campbell et Mikkey Dee. Et pourtant, tout semble se passer pour le mieux pour les ex-Motörhead. Mikkey Dee remplace à Kottak au sein des Scorpions et Phil, lui, intensifie son implication au sein de son side-project « Phil Campbell and The Bastard Sons » et nous délivre ici son premier EP, éponyme, sorti récemment chez UDR/Motörhead Music. 

Les morceaux ne nous sont pas tous inconnus. Le jeune groupe, qui a fait ses armes cet été en sillonnant quelques festivals (notamment le Wacken Open Air) nous avait proposé quelques-unes de ses tranches personnelles et quelques reprises diverses et variées... Alors qu’on se le dise, ces cinq titres sont teigneux et renouvellent rien. Phil Campbell nous propose ce qu’il sait faire de mieux, un Rock ’n’ Roll efficace, qui transpire un certain mode de vie. 

Bien sûr, le style de Phil Campbell est resté intact et la plupart des morceaux auraient pu figurer sur un album posthume de la bande à Lemmy notamment « No Turning Back » et « Big Mouth ». Ce sont deux titres qui délivrent leurs petits lots de riffs bien pêchus. Sur « Big Mouth », on peut même surprendre le guitariste faire usage de la même recette que celle des titres de Motörhead. En fait, tout y est, enfin presque, la basse pleine hargne de Lemmy est absente… Quoi qu’il en soit, le guitariste reste tel qu'il a toujours été… 

Mais le plus important reste la patte apportée par les progénitures du guitariste. Il ne fait aucun doute que ces gamins vont suivre la trace de leur père et s’affirmer au fil des années, notamment Neil, le chanteur, qui en surprendra plus d’un. Son chant sonne juste et le bougre ne cesse de varier les intonations vocales au fil des titres. Quand « Spiders » peint un chanteur à la voix plus vive sur « Big Mouth » (sur ce dernier, Neil revêt sa voix d’une tonalité plus radiophonique), « Spiders » révèle un chanteur à la mélopée plus soyeuse. Ce dernier s’avère être le titre le plus lourd de l’album. 

Une seule erreur a été recensée par votre serviteur. L’ultime titre de la galette, « Life In Space ». C'est un titre qui, derrière ses « faux airs » de Led Zeppelin, cache une facette assez repoussante. Il s’agit là d’une ballade amoureuse nourrie de choeurs, qui, aussi bien construite soit-elle, perturbe la cohérence de l’objet. Nous ne retenons qu'elle pour finir... 

Hormis le dernier morceau, c’est un bel EP que nous a offert Phil Campbell.  Certains diront que le musicien n’a pas réussi à se défaire du style de Motörhead... Mais comment peut-on en vouloir à un musicien qui a passé plus de trente années de sa carrière à suivre les codes d’une musique souvent planifiée d’avance ? Je ne vois pas. Sur ce premier jet, tout est authentique et %100 Sons Of A Bitch.