Pitbulls In The Nursery - Equanimity



Le 4 mai 2015 est sorti Equanimity de Pitbulls In The Nursery, leur deuxième album studio. Revenons brièvement sur le passé du groupe : fondé en 2001 à Rambouillet dans les Yvelines, ils sortent rapidement une démo nommée Impact, avant de proposer en 2006 Lunatic, leur premier album sous le label « Black Lotus Records ». Ce dernier fera faillite en 2008, et Panda, le premier chanteur, quittera le groupe cette même année, ce qui aura pour effet de rendre son avenir quelque peu incertain. En effet, il faudra attendre 2011 pour voir débarquer Tersim en tant que nouveau chanteur aux cotés de Francesco (Basse), Mat (Guitare), Jerry (Batterie), et Saïm (Guitare), apportant avec lui un vent de renouveau et un style un poil différent, comme nous le verrons dans cette chronique. Au printemps 2013, le groupe retourne en studio pour travailler sur un nouvel album, et c’est ainsi qu’est né Equanimity, sous le label « Klonosphère », pour une nouvelle tranche de Death Progressif et Technique, avec par moments des relents de Core. Neuf titres pour 57 minutes de son, voici ce que vous réserve cette nouvelle production. 

L’artwork est assez suggestif, chacun aura son interprétation, toutefois on peut comparer l’image à des branches torturées sur un fond noir. Le nom du groupe et le titre de l’album sont sobrement écrits en bas de l’image.

 L’album commence avec le titre « Crawling » - un titre relativement long puisqu’il dure quasiment neuf minutes – durant lequel s’enchaînent des passages violents et rapides, puis des plus lents. De la même façon, on a droit à une alternance de chant saturé et chant clean. On notera que la basse est quasiment inaudible en dehors des passages calmes. En revanche, le son de la batterie est beaucoup plus satisfaisant que sur Lunatic, où la caisse claire évoquait celle de Metallica sur Saint Anger… Le titre suivant, « Rule The Plight », nous propose une atmosphère agressive ou la rage se fait sentir, mais on regrettera le côté répétitif rapidement lassant sur la première moitié du titre. Sur la deuxième moitié, un passage mélodique assez reposant nous est offert. Sur « The Oath », même recette que précédemment : un titre subdivisé en une plage calme et éthérée, et un passage violent et répétitif. « Reality » est sans doute le morceau le plus progressif de cet album. Une petite intro acoustique, les murmures de Tersim et son chant clean posent un décor relativement psychédélique, cédant ensuite place à un morceau mélodieux mais énergique.

À la moitié de la production, on a un « Interlude » d’environ 3 minutes, ce qui en fait le titre le plus court de l’album, mais également le seul morceau totalement instrumental. On note, une fois encore, qu’il a un côté assez répétitif. Sur « Insiders », « Conspiracy » et « Soulbones », on retrouve la méthode employée sur la première moitié de l’enregistrement : des alternances clean / saturé, lent / rapide, violent / calme, sans oublier une bonne dose de répétitivité dans les riffs… On arrive ensuite sur le dernier titre de l’album, qui fait office de bouquet final du haut de ses dix minutes. À partir du milieu du morceau, le même riff sera repris en boucle jusqu’à la fin, (soit pendant environ cinq minutes) avec addition d’effets sonores pour un effet contemplatif.

Vous l’aurez compris, le gros reproche qu’on peut faire à cet album, c’est sa répétitivité. Des riffs simples joués en boucle, ça peut marcher, mais cette méthode a clairement été sur-utilisée ici, si bien qu’à la fin de l’album on a l’impression de se réveiller d’une de ces nuits agitées dont on ressort encore plus fatigué que la veille au soir, et on ne peut pas dire avec précision combien de titres différents sont passés si l’on n’y a pas prêté attention. La longueur des titres n’arrange rien à cette impression, si bien qu’il est vraiment difficile d’écouter l’album d’une traite et de rester concentré dessus si l’on est pas habitué à ce format. Le style de chant de Tersim diffère beaucoup de celui de Panda, qui était beaucoup plus guttural et qui pouvait évoquer Chris Barnes (Cannibal Corpse, Six Feet Under), on a donc un album plus progressif que le précédent (ce qui peut en partie expliquer les titres aussi longs). Sans dire que cette production est mauvaise, on sent que le groupe se cherche encore et a du mal à se montrer original dans ce style. Néanmoins, Pitbulls In The Nursery n’est qu’au début d’une carrière qui promet encore de nombreuses évolutions : à suivre sur les prochains albums !