Post-Mortem - God With Horns

Décidément, la Saint Valentin ne sera pas passée inaperçue cette année ! Quand certains se sont contentés d’amener leur âme-soeur au restaurant, d’autres ont préféré offrir le nouvel album de Post-Mortem sorti chez Great Dane Records. God With Horns, de son nom, avait donc plusieurs promesses à tenir. Bien sûr, il ne fallait pas gâcher cette fête, et au mieux marquer les esprits ! Car on le sait tous, sortir son premier album n'a jamais été une tâche facile. 

Place à la musique, après « Beyond The Void », un titre introductif relativement bien ficelé, « Spine Trophy » prend la main et se joue de nous avec ses nombreux blasts. Vous traversez une mauvaise passe ? Vous avez un coup de mou ? Les Mulhousiens vont se charger de votre cas avec leur Death Metal qui ne perd pas en intensité jusqu’à « Umbilical Strangulation ». 

L’album contient également son petit lot de surprises. Personne ne l'aurait cru et pourtant, c’est bien Shawter de Dagoba qui s’est invité sur « Rules Of Death ». Marqué par ses rythmiques saccadées, ce morceau repose sur l’alliance de Dahu Grogneur et de Shawter. Et contre toute attente, ça marche ! Et même, nous sommes agréablement surpris par la qualité de la prestation des deux musiciens. Qui a dit de Modern Metal et Death Metal ne pouvaient pas être unis, du moins, le temps d’un morceau ? 

God With Horns est donc marqué par une richesse vocale des plus bluffante. Dahu, ce grogneur, est l’homme de la situation. À vrai dire, il sait tout faire, demandez-lui d’hurler, il le fera, demandez-lui de growler, il le fera, et il fera même les deux sur le même morceau. « Umbilical Strangulation » met en exergue cette puissance vocale. Et bien sûr, ces prouesses sont réalisées par un professionnel, et je ne saurais vous conseiller de ne pas reproduire ces vocalismes chez vous. 

Machine Infernale. Il est évident que cette puissance vocale n’aurait aucun intérêt si elle n’était pas soutenue par des sections rythmiques percutantes et agressives. Laurent martèle ses futs comme jamais et s’amuse à créer des circle-pits à chaque fois qu’il fait retentir sa double sur « Eat The Cadaver ». Mais le bougre se montre aussi fin lorsqu’il alterne la ride et la caisse claire sur ce « Eat The Cadaver ». Ça donne envie d’être necrovore tout ça… 

Ce qui fait également la force de God With Horns, c’est son caractère éphémère. Pas le temps de s’ennuyer ! Avec au compteur, six titres complétés par deux titres de courte durée (l’introduction « Beyond The Void » et le transitoire « Coming War »), l’auditeur ne se lasse pas. C’est à dire qu’avec des morceaux qui font trois minutes comme « Void Millenium Genesis », « Eat The Cadaver », « Rules Of Death », et « Spine Trophy » accompagnés d'une production soignée, on est vite pris par l’envie de faire tourner le disque encore et encore. 

God With Horns n’est peut-être pas l’album de l’année car il ne transpire pas l’originalité. Mais il est évident que vous passerez de bonnes soirées de headbang en compagnie de Post-Mortem ! Et peu de groupes peuvent se vanter d’être arrivés à leur niveau. À bon entendeur…