Pryapisme - Futurologie

« Pryapisme est un groupe au patronyme grotesque, à la musique incongrue et de toute évidence voué à un échec commercial et critique inexorable. »

Voilà comment Pryapisme se vend dans sa biographie, il y aurait de bien meilleur moyen pourtant de vendre ce projet barré fondé en 2000 à Clermont Ferrand, qui a déjà publié deux albums (Rococo Holocaust en 2010 et Hyperblast Super Collider en 2013) et une cassette « best-of »  version 8-bit : Blastbit Rococollider l'an dernier.

En ses rangs, Nicolas Sénac (guitares/synthé) que l'on connaît sur le net pour son travail avec le Joueur Du Grenier et Usul, qui a aussi collaboré avec Igorrr.

 Line-up :

Ben Bardiaux (claviers)

Nils Cheville (guitare)

Antony Miranda (basse/percussions/claviers)

Nicolas Sénac (guitare/synthés)

Aymeric Thomas (batterie/percussions/programmations)

 Amusant car sorti de la chronique de Dehuman, alors que je n'avais pas chroniqué de metal pur et dur depuis un moment, je ne voulais vraiment pas écouter une nouveauté metal.

Et là l'on m'envoie le nouvel EP de Pryapisme : Futurologie. Hors recevoir un disque moins metal que cela lorsque l'on écrit sur un webzine metal est absolument impossible.

 J'avais entendu parler du combo il y a peu étant donné qu'une tournée était à l'étude avec mes chouchous de 6:33 (pour l'instant une seule date a eu lieu à Lyon). Et en regardant les pochettes de Pryapisme l'on comprend rapidement qu'il est le genre de combo qui a en beaucoup trop pris. Mélange de metal expérimental complètement barré aux accents jazzy, classique, electro et des sons de consoles (des chiptunes comme le groupe aime à le dire). Un peu comme si Fantomas ou Mr Bungle (en tout cas il y a du Mike Patton là dedans), piquaient les plans les plus barrés de Frank Zappa et se mettaient dans un trip metal 8-bit furieusement electro dans le but de mettre fin à l'apocalypse félin qui s'abat sur nous.

Pour vous donner une idée du délire, Futurologie est composé d'un seul titre de vingt deux minutes intitulé « Petit Traité De Futurologie Sur l'Homo Crétinus Trampolinis (Et Son Annexe Sur Les Nageoires Caudales) », divisé en onze parties complété en « bonus » par une version orchestrale du même titre. Moins « riffu » et un peu moins délirant que Hyperblast Super Collider, son prédécesseur, Futurologie montre le visage le plus electro/chiptune/classique de la musique de Pryapisme.

Vous faire une liste exacte de la manière dont sonne chaque partie serait une perte de temps totale mais pour vous donner une idée « I » est très chiptune, « II » incorpore des sonorités asiatiques, certains passages mettraient le feu à n'importe quel dancefloor dans le monde comme sûr « IV » ou sur « IX », « X » est plus symphonique et grandiloquente. Pryapisme propose une musique très dense qu'il faut prendre comme une entité sonore à part entière, sur laquelle on ne peut pas réellement mettre d'étiquette et c'est très bien comme cela.

La version orchestrale est elle aussi très réussie et révèle encore plus la qualité mélodique du combo, de nombreux arrangements sont à s'en coincer les parties dans une porte mais « perdent » de leur « classe » musicale par l'utilisation des sons electro et chiptune. Imaginons juste un instant la quantité de travail que la composition et l'enregistrement de ces vingt deux minutes de musique, adaptables en electro/metal/chiptune ou en sympho, a du demandé....

 Un projet complètement barré qui il est vrai, n'aura jamais un succès commercial à cause de ses compos extrêmes, mélangeant énormément de choses et demandant un second degré extrême à l'auditeur. Un peu comme si l'on avait écrit la bande-son de Wario Ware en metal/electro avec une inventivité à toute épreuve.

La révélation de ce début d'année pour votre serviteur.

 Le groupe promet une strip-teaseuse à tous les chroniqueurs qui les soutiennent, j'espère que j'aurais droit à la mienne.