Psykup, Hypno5e, Rosabelle Believe - Le Poche, Béthune - 27/02/2016

Destination inconnue ! Qui aurait cru que la rédaction de Metal Cunt se déplacerait à Béthune pour assister à un concert de Metal ? Pas nous en tout cas ! Mais la programmation du 27 février au Théâtre en Poche de Béthune ne nous a pas laissés de marbre ! C’est a dire que la rédaction n’a pas souvent l’occasion de voir Psykup et Hypno5e partager la même affiche. Et nous n’étions pas les seuls ce soir ! Le show a affiché « complet » quelques jours avant le début des hostilités… 

… C’est à une petite formation de la région que l’on a confié la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Rosabelle Believe, bien qu’encore inconnu dans le milieu, avait toutefois suscité l’intérêt de pas mal de monde dans la salle ! Avouons-le, ils ont de la chance: faire ses premiers pas sur scène en première partie d’Hypno5e et Psykup, ce n’est pas donné à tout le monde… Les gaillards en sont conscients et ont tout fait pour honorer leurs aïeux ! Et c’est chose faite ! Malgré les quelques soucis techniques qu’ils ont rencontrés (problèmes de guitare), Rosabelle Believe s’en est très bien sorti. En plus de cela, le son était particulièrement bon sur les morceaux « Closed Cages » et « The King Is a Fool » et vite, nous comprenons que nous n’avons pas affaire à des amateurs. Leur musique est grasse et revêt une lourdeur atmosphérique poussée jusqu’à son paroxysme grâce à la fumée, qui s’est dispersée dans toute la salle. Le constat est donc sans appel. Qui peut se vanter d’avoir réussi à mettre le public en transe, au bout d’une demi-heure (cinq morceaux !) et ce, lors de son première concert ? Pas grand monde ! Rosabelle Believe est donc la nouvelle formation nordiste à suivre ! 

Après les avoir loupés au Hellfest, cette soirée au Poche était l’occasion rêvée pour la rédaction de se rattraper… Exclusivement venus pour présenter leur nouvel album, Shores Of The Abstract Line, les membres d'Hypno5e devaient également confirmer la pérennité de leur concept. Leur musique, qui mêle cinéma et réflexions métaphysiques, a le mérite d’ouvrir de nouvelles perpectives. Et c’est sur scène que leur musique prend tout son sens. Hypno5e foule les planches sur la bande de « East Shore - Landscape in the Mist » issu de Shores Of The Abstract Line. Mais contre toute attente, la setlist ne donne pas beaucoup de crédit à leur dernier rejeton. La formation a préféré réaliser un scénario constitué de plusieurs scènes tirés de Des Deux l’une Est l’Autre (« Maintained Relevance of Destruction Pt. II », « Tutuguri ») et d' Acid Mist Tomorrow (« Gehenne part 2&3 » et « Acid Mist Tomorrow »). 

L’ensemble des titres est particulièrement bien interprété ! Quand Emma Jessua jouait de son charme en chantant sur les arpèges tirés de « Maintained Relevance Of Destruction Part II », Théo Begue profitait des bonnes conditions de jeu afin de donner de l’envol aux parties de batterie complexes de « Acid Mist Tomorrow ». Plus surprenant encore, Hypno5e enchainent les différents mouvements de ses morceaux comme si de rien n’était. Ce soir là, nous avons ressenti ce que procurait les riffs distordus alliés aux douces parties de guitare façon « Hypno5e ». Tout ce que l’on peut vous dire, c’est qu’il faut le vivre pour le comprendre. 

Généralement, les titres qui font plus de dix minutes ont tendance à faire fuir les spectateurs… Mais ce ne fut pas le cas pour Hypno5e. Car leurs thèmes se fondent dans un ensemble commun. Ce ne sont pas des morceaux qui s’enchainent, mais bien une vraie histoire qui se profile devant nos yeux… Les enregistrements vocaux nous aident même à scinder le spectacle en différentes saynètes. Lors d’un concert d’Hypno5e, c’est bien l’intellect du public qui est stimulé. 

Mais leur concert ne se limite pas à la musique. Voir Hypno5e en live, c’est se donner la possibilité de prendre conscience de l’étendue des possibilités engendrées par leur musique. Il n’aura donc pas été surprenant de voir « Maintained Relevance Of Destruction Part II » et « Tutuguri » jouir de jeux de lumières bluffants. Tous nos sens sont conviés pendant ce concert, à un tel point que notre sub-conscient se met à créer des liens entre les morceaux et les jeux de lumières. Plus qu’une simple performance, c’est bien un « spectacle total » qu’ils nous ont offerts. Et pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le groupe sera en concert à Douai, le 19 mars. Amateurs de musique atmosphérique et cinématographique ? On vous y donne rendez-vous ! 

« 13 ans que j’attends ce moment ! » me lance un fan de Psykup. En effet, le trentenaire n’avait eu l’occasion de voir son groupe préféré ces dernières années. Et à vrai dire, nous comprenons son enthousiasme. Après huit années d’absence discographique, Psykup a enfin réédité son oeuvre majeure (Le Temps de la Réflexion) remémorant ainsi les folles années du groupe. Car il faut l’avouer, la grosse majorité de la salle est constituée de fans de la première heure qui avaient découvert le groupe dans les années 2000.

On ne va pas y aller par quatre chemins, le groupe a décidé d’interpréter leur premier jet, en intégralité, afin d’assurer la promotion de la réédition. Choix stratégique, car cette piqure de rappel a permis à ceux qui ne se sont pas encore procurés l’objet de se rendre compte de l’intemporalité du projet.

 

Place à la schizophrénie musicale, le groupe ouvre sur le duet « To Be (tray) »/« … Or not To Be » et c’est une salle qui se met à boire les mots de Julien et Matthieu. Les deux bougres affichent une forme resplendissante sur l’ensemble de leurs morceaux comme leurs acolytes qui s’en donnent à coeur-joie sur les constructions absurdes, mais tellement additifs de « Libido » ou même « L’Autruche ». Ici, c’est bien la folie qui est représentée. Et « L’Autruche » qui dure plus de 14 minutes y contribue ! Ainsi, il n’a pas été étonnant de voir ce fameux Julien, orné d’accoutrements « Made In Asia » perdre la raison quand il assassinait son public à coup de riffs gras. 

L’ambiance est bonne et les Psykup ne cessent de vanner leur public ! En retour, les Nordistes ont scandé des « Psykup » tout en écorchant la prononciation. Ces affronts auront eu le mérite de provoquer Julien qui a même voulu s’en prendre à l’un de ses fans. Quoi qu’il en soit, les hostilités dans le pit se mettent progressivement en place… Quelques courageux se sont même lancés le défi de slammer, à leur risque et péril, à la fin du concert. Les deux derniers morceaux, « Time & Space » et « Rebirth & Recession » ne calment pas l’ambiance.  Au contraire ! Les plus festifs d’entre nous se sont pris dans les bras et ont dansé sur les rythmes effrénés de ces deux derniers morceaux !  

Quelle soirée ! Nous avons bien compris le message véhiculé par Psykup ! Sauvons la musique, mangeons des Hipsters ! À bon entendeur…

Comme une envie d'en savoir plus sur Hypno5e, cette interview répondra à tes questions !

En plus, on a chroniqué leur dernier album ! (en écoute ci-dessous)