Pop Will Eat Itself - Anti Nasty League

Source d'inspiration pour de pointures comme The Prodigy ou Nine Inch Nails, Pop Will Eat Itself, est un quintet anglais qui a débuté en 1987 avant de se séparer en 1996. Véritable institution dans son pays, le combo est autant alternatif, hip hop et indus que punk, rock ou metal. De retour avec un tout nouveau line-up en juillet 2011, dont seul Graham Crabb (chant) est un membre originel, New Noise Designed By A Sadist sortait en octobre de la même année célébrant leur retour.

Le groupe a aussi sorti l'EP Reclaim The Game-Funk Fifa avec le rappeur brésilien BNegao pour la Coupe du Monde de football l'été dernier.

Anti Nasty League, leur septième album (plus quatre lives, cinq best-of, cinq EPs et un album de remixes), prouve bien que leur retour est définitif. Un retour à contre courant puisque le groupe annonce d'hors et déjà que son album ne sera pas disponible sur les plateformes comme Spotify et Deezer.

On se surprend à constater que le logo depuis leur retour ressemble fortement à celui de The Prodigy, comme si le quintet voulait vraiment afficher sa paternité sur la légende du big beat

un peu dommage car si à l'écoute d'ANL les deux groupes se sont sûrement influencés l'un l'autre au bout d'un moment, ils n'en demeurent pas moins extrêmement différent. Ainsi PWEI se base beaucoup moins sur ses séquences électroniques, se montre bien plus rock, on trouve aussi beaucoup plus de chant (un élément très (trop?) mineur dans la musique de The Prodigy) et aussi bien plus mélodique que les rois du big beat. Peut être est ce encore un clin d'oeil ou un trait d'humour (après tout le frontman Graham Crabb a un projet appelé Je Suis Crabbie dont le single s'appelle « Bonophobic ») typiquement anglais, que nous pauvres froggies ne pouvons pas comprendre.

L'album s'ouvre sur deux titres plutôt hip hop, « 21st Century English Civil War », « You Can't Let Them Take (What You Won't Let Them Have) » (qui offre une saveur à la fois punky et dansante qui donne une folle envie de booty shake), une influence moins présente par la suite même si les couplets de « Digital Meltdown » et « Set Sail For Death » sont rappés et que « Sacrifice & Pain » est lui aussi très musique de la rue. On trouve aussi des titres plus pop/electro : « Mental Pollution » (au refrain aérien très marquant), « Set Sail For Death », « Sacrifice & Pain », « King Kisser » sur lesquels Graham Crabb et Mary Byker, les deux frontmen, montrent toute leur palette vocale parfois aidés par quelques effets. Nous avons aussi droit à des titres plus rentre dedans qui rappellent The Prodigy (enfin ce sont eux qui ont été influencé par PWEI... bref vous avez compris) dans les beats : « Middle East Street Party », « Watch The Bitch Blow » probablement le tube de l'album et dans une version différente de celle que le groupe a publié en fin d'année dernière et « Director's Cut » bien metal qui évoque plutôt Nine Inch Nails ou Rammstein avec son gros riff de brute.

Le groupe sait vraiment fusionner ses différentes influences, les éléments rock ne sont jamais relegués à un rôle ingrat de simple rythmique ou lorsqu'ils le sont, ils pourraients très bien être remplacés par des sons electro (« They Can't Take... »). D'où une impression que l'on écoute vraiment un groupe au style propre et non un patchwork informe de différents genres que l'on aurait tenté de coller les uns aux autres.

Si certains de ses anciens albums ont assez mal vieillis, notamment dans leur production, ANL se présente comme leur album le plus rentre dedans à ce jour, faisant de celui-ci une œuvre pleinement dans l'ère du temps.

PWEI s'il n'est pas des plus reconnus à l'international n'en est pas moins un sacré représentant de la scène fusion qui mérite bien plus de reconnaissance. Je ne saurais que conseiller à tous les fans de rock fusion de se jeter sur ce Anti Nasty League qui est déjà disponible en pré-vente sur le site officiel des rosbeefs.