Radical Suckers - V.I.T.R.I.O.L.

Ils sont du Nord et risquent bien de conquérir la France entière : les Radical Suckers ! Peut-être que la formation ne vous dit rien, mais il convient d’insister sur le fait que les Radical Suckers, au bout sept années d’expérience, ont réussi à forger un style unique oscillant entre le Rock dégueulasse et le Hardcore moderne. Vous savez, tous ces « machin-trucs » tout droit sortis des années 60/70 (The Stooges, les MC5 en première ligne) et autres Sick Of It All dans les années 90… Et ça marche ! Les Radical Suckers, pourtant composé de trois seuls membres, se sont fait reconnaître par l’Aéronef de Lille… Rien que ça ! Nous sommes en 2017 et Radical Suckers publie enfin son troisième disque, le sulfureux V.I.T.R.I.O.L..

Quelques mots en ce qui concerne la pochette et le sens du titre de l’album. Radical Suckers a voulu incorporer une dimension plus symbolique à sa musique en sortant des sentiers battus. « Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem », comprenez par là que l’album nous invite à « visiter l’intérieur de la Terre, et en rectifiant, à retrouver la pierre cachée ». Rectifiant quoi ? On ne le saura jamais. Laquelle de pierre ? Pareil ! Bref, beaucoup de symboles et de métaphores pour pas grand chose au final… Car l’album se révèle être un véritable condensé de ce qui se fait mieux en matière Rock bien couillu. Point à la ligne. Pas besoin d’être philosophe pour comprendre. 

Car il est bien là l’atout de l’album. En proposant des morceaux qui ne durent pas plus de trois minutes (à l’exception de « Sex Slave », « AK47 » et « Philadelphion »), le groupe voulait faire l’effet d’une bombe sur des fans. Ainsi, vous l’aurez donc compris, peut-être que « Bullfight Terror » est un titre éphémère, mais l’énergie dégagée n’y est pas moins redoutable. On se prend un bloc de marbre dans la face et on s’éprend vite des rythmiques « groovy » de ce dernier… 

Mais si la puissance engendrée par le son des Radical Suckers est monstreuse, c’est dû au fait qu’ils ne sont que trois. Une batterie, une basse, une guitare et un chant très expressif, voilà la recette du succès pour les Lillois. Pas de fioritures, juste des rythmiques qui ne cessent d'évoluer. On pensera notamment à cet hommage à la scène « Hardcore » placé d’entrée de jeu par l’intermédiaire du titre « Hardcore » (sans blague). Mais on n’oubliera pas de faire référence à cette piste instrumentale, très reposante, « Astrud », qui sonne un peu comme le « calme avant la tempête ». Cette tempête a pour nom « Young Balls ». 

Vous l’aurez donc compris. Ici, les MC5 de la scène nordiste nous servent sur un plateau poisseux un Rock ’n’ Roll très dégueulasse teinté de touches Hardcore/Punk. Le groupe aurait pu se contenter de ça… Mais il a vu plus gros ! La production est excellente. La batterie est très intense tout au long de l’album, la basse dégouline de partout, et la guitare est sans artifice - elle dégage une énergie sans borne. Clairement, la décadence et le professionalisme sont de mise ici, de quoi déconcerter les amateurs du genre ! Et puisqu’on en veut toujours plus, le groupe s’est plu à surprendre la galerie en gratifiant sa dernière piste « Devil Inside » d’un morceau bonus. Appelez ça un « hidden track », on se contentera de dire qu’il s’agit là d’un dernier « coup de matraque ». 

En quelques mots, avec V.I.T.R.I.O.L., Radical Suckers a bien prouvé par A + B qu’il méritait bien tout ce qui lui arrivait. « On récolte ce qu’on sème » a dit un vieux singe !