RaismesFest 2016

 

Le soleil est au rendez vous, le cadre verdoyant. L’ambiance du festival est ultra cool, familiale et absolument séduisante. Les scènes sont belles et équipées pour faire résonner de belle façon ce cru 2016 orienté Hard-Rock Classic. Malheureusement ce n’est qu’un petit millier de personnes qui viendront profiter d’une programmation alléchante et pleine de promesses. L’équipe dans sa globalité est très professionnelle, les concerts s’enchainent sans temps mort, on sent que l’organisation du Fest a de l’expérience et fait tout pour donner aux artistes de quoi s’éclater on stage, de donner le meilleur d’eux mêmes et au public de passer un véritable très bon moment de musique. L’idée de recentrer la programmation sur le Hard-Rock au sens large est une très bonne idée en soit mais il faudra peut être encore une ou deux éditions afin que cette formule s’avère gagnante, fidélise une plus large audience et fasse du RaismesFest un événement majeur dans le monde des Festivals de musique. (place qu’il mérite!) Quoi qu’il en soit, ne boudons pas notre plaisir et penchons nous sur cette édition 2016. 

N’ayant pu être présent pour la journée du vendredi, c’est avec Iron Bastards que débute les hostilités en cette magnifique journée du 10 Septembre sur la main stage. A peine sorti du studio où le trio Strasbourgeois a enregistré son second LP Fast And Dangerous et le groupe est déjà fin prêt à le faire vivre sur scène. Leur Live s’avère méchamment efficace, leur Fast Rock’nRoll est parfait pour mettre nos oreilles en conditions. On sent de suite que le combo est grand amateur de Lemmy et de sa bande mais à vrai dire on s'ent fout, le Combo déploie tellement d’énergie et de sincérité que l’on oublie vite les évidentes similitudes de genre pour se laisser aller et prendre en pleine face un set carré et bourré d’énergie, offrant somme toute une vision assez contemporaine de l’univers de leurs ainés. 


Place sur la seconde scène aux Radicals Suckers, Le trio Nordiste qui a joué il y a peu pour le dernier live de General Lee ou encore Bukowski et No one is innocent donne dans le Speed Rock nerveux et sauvage. Le groupe nous offre une prestation à la hauteur de sa musique, un set franc, direct, s’autorisant une dose d’humour et communique facilement avec malheureusement un public trop clairsemé présent mais réceptif à ce que le groupe propose tant dans sa musique que dans l’attitude sur scène.



Retour sur la main stage avec les espagnols de The Electric Alley. Originaire de Cadix, le groupe est venu nous présenter son dernier album Get Electrified. Pour faire court, le groupe a tout pour devenir un très sérieux représentant de la scène Ibérique dans et hors de son pays. Leur musique respire le true Rock’n Roll et le quatuor prends un pied énorme a être sur scène devant nous. Musicalement The Electric Alley représente la suite logique de groupe comme Led Zeppelin, Aerosmith ou encore The Black Crowes. Une belle découverte et je vous invite vraiment à poser une oreille sur Get Electrified, une succession de titres Rock-Hard incandescent.



14h50, c’est le temps de migrer vers la seconde scène pour une autre prestation scénique au top. Overdrivers, quatuor bercé au son de Rose Tatoo, Krokus et évidemment AC/DC, dont ils sont réellement très proche, le groupe va délivrer un set du feu de dieu. Energie, bonne humeur, et les quelques soli rageurs joués dans le public ont fait qu’ Overdrivers a très vite mis celui-ci dans leur poche. C’est franc, direct, on tape du pied et on bouge la nuque à l’unisson. D’aucun leur reprocheront surement de trop lorgner vers le son d’Angus and Co mais après tout Aibourne l’a fait et on connait la suite... alors laissons à Overdrivers le droit de surfer sur un style qui les éclate car les gars font le boulot et quel boulot. A suivre de très prés !



De retour sur la scène principale et la encore très agréable moment que celui passé avec les Allemands de The New Roses. A l’instar de The Electric Alley, TNR donne dans le Rock-Hard made in US  d’une efficacité exemplaire. Le set enchaine les titres des deux albums sorti à ce jour Whithout A Trace et Dead’s Man Voice. Pas de temps mort, les morceaux sont ultra efficace, mélodique et groovy, tout bonnement calibré pour le live. On savoure pleinement la qualité du show proposé et on en sort réellement conquis.


Place à Drenalize dont je ne pourrais pas dire grand chose car la formation ayant connu de gros soucis de line-up peu avant le Festival semblait peu à l’aise et surtout sans bassiste. Le son déjà un peu brouillon manquait de ce fait cruellement d’assise et d’impact. De plus, le début de set fût émaillé de problème de son touchant le guitariste soliste, ami du groupe, appelé à la rescousse pour assurer le show. Difficile de porter un avis sur leur presta mais quoiqu’il en soit chapeau à eux d’avoir relevé le défi et d’avoir était présent malgré des conditions internes pas facile. A revoir avec un line up au complet et bien rodé.



Voici venu d’outre manche Inglorious, nouvelle sensation Rock made in Britain. Bienvenue dans le monde de Tesla, Quiet Riot, Dokken ou encore Y&T mais doté d’un son nettement plus moderne. Les musiciens excellent sur leurs instruments respectifs et Nathan James au chant assure un show de grande qualité. Point fort pour moi, la section rythmique, Colin Parkinson à la Basse et Phil Beaver au drums sont en parfaite harmonie et leur cohésion live fait autant plaisir à voir qu’a entendre. Le son du set est quasi irréprochable, dommage qu’à cette heure encore baigné de soleil, on ne puisse pas profiter plus des lights plutôt bien inspirés. 

 

Inepsys vient de prendre place sur la seconde scène. Tout comme Malemort qui apparaitra plus bas dans cette article, le style du groupe du Sud Ouest diffère quelque peu de la ligne artistique majoritairement Hard Rock du Fest. Le Metal Progressif proposé par Inepsys se veut plutôt inventif mais celui-ci n’a malheureusement pas attiré les foules, celles-ci se préparant surement à se régaler par avance du live de Diamond Head. Malgré les quelques bugs qu’a connu le claviériste avec les samples, le groupe a su trouver sa place sur scène et envoyer à la face des personnes présentes quelques bonnes bourrasques de metal prog de bonne facture et imposer sans difficulté les titres alliant les références à Rush, Iron Maiden, Pink Floyd ou Metallica

 

 

Attention, attaque massive de NWOBHM... Diamond Head investit les lieux!
Dire que Diamond Head est une légende est juste rendre hommage à un des groupes majeurs des Eighties. «Helpless», «It’s Electric», «Am i Evil?» tirés de Lightning To The Nation, leur premier album, seront joués ce soir et «Am I Evil?» qui clôturera le set sera particulièrement réussit assurant quelques frissons pendant le solo de Brian Tatler. Le groupe présente également quelques titres de sa dernière sortie paru il y a peu mais la magie opère un peu moins sur ces morceaux. Le public est nombreux et ravi d’avoir sous les yeux un groupe qui a marqué l’histoire du Hard-Rock. Un set efficace, carré, très pro, la maitrise de la scène est totale et l’émotion omniprésente. Dommage toutefois de les avoir programmé si tôt et de n’avoir pu profiter de quelques rappels bien mérités et réclamés par le public. Les zicos était prêt à relancer la machine le temps de quelques chansons mais le respect du timing obligea le groupe à saluer fièrement et respectueusement l’audience et de tiré sa révérence.



Malemort prendra la suite sur la seconde scène. Tout comme pour Inepsys, on trouve facilement a se positionner devant la scène, car le public est ailleurs... Metal Hybride, la musique de Malemort est peu évidente d’ accès pour celui qui n’a pas jeté une oreille sur leur production avant de les découvrir en live. Desservi de plus par un son vraiment pas au niveau, le chant quasi inaudible et incompréhensible gâchera pour beaucoup l’accès à leur univers novateur. Leur aisance sur scène est indéniable, le groupe déploie une grande énergie et une complicité évidente. Dommage que le son soit venu entacher une prestation pourtant réussie. 



C’est à Myrath de s’installer sur la main stage. Etant assez peu familiarisé avec la musique des Tunisiens, c’est en curieux et sans aucun a-priori que j’allais découvrir le groupe. Au vu du public présent dans la fosse et le nombre de Tee Shirt arborant fièrement le logo du groupe, ce dernier est attendu et a fait se déplacer les fans. Après une intro assuré par une danseuse Orientale, les titres s’enchainent et m’amène à penser à Orphaned Land pour l’approche ethnique de son Metal et du Prog/Power Metal de Symphony X ou Kamelot. Leur set est extrêmement propre et carré. Le groupe se singularise réellement grâce à l’apport des sonorités et des ambiances orientales. Celles-ci sont en parfait accord avec les riffs rageurs et la base résolument Metal de leur musique. Les musiciens sont on ne peut plus à l’aise sur scène et la maturité de leur concept ne fait aucun doute. Le groupe a conquis les fans et l’ambiance du RaismesFest s’en est trouvé d’autant plus conviviale. 



Pause boisson avant de retrouver The Answer, les irlandais déjà présent pour la session de 2012 (Année de la venue de Napalm Death, Pretty Maids...) reviennent donc quatre ans plus tard et fêtent avec nous les dix ans de leur premier album Rise. Le groupe nous offre un set énergique, transpirant le rock. Ambiance celtique en ouverture, le groupe offre un condensé de classic rock saupoudré d’un Rock-Hard un brin Stoner qui sur scène s’avère sacrement efficace emmené par la voix charismatique de Cormac Neeson. Addictif et sacrément plaisant. Le quatuor prépare parfaitement la place au dernier groupe de cette session 2016 du Raismes Fest, à savoir Mother’s Finest.


Crée en 1970, Mother’s Finest pourrait être considéré comme les précurseurs de ce qui quelques années plus tard générera le Metal Fusion, style très en vogue dans les Nineties mais en comparaison de la musique de Mother’s Finest, le Metal-Fusion est plus ancré dans le Metal, beaucoup plus (Violent and Funky ;))!!!. Curieusement on aurait plutôt imaginé Diamond Head voir même Myrath en clôture de cette édition car Mother’s Finest reste quand même avant tout un hybride plus que Funk/Rythm & Blues que Hard-Rock. Néanmoins le groupe a mis une bonne dose de bonne humeur et de professionnalisme dans son concert. Dommage que le duo Basse/Batterie mixé trop en avant (beaucoup trop!) est altéré l’homogénéité de la musique. Au final, un groupe surprenant pour clôturer ces deux jours mais ceux-ci ont confirmés la bonne humeur, le fun et l’ouverture d’esprit présente durant ces deux jours de Festivals.

 

 

De belles découvertes, une ambiance des plus agréable et un soleil omniprésent ont fait de cette édition 2016 un grand moment dédié à cette musique qui nous tient à coeur. Espérons que la ré-orientation de la programmation permettra au Festival de se re-faire une place majeure dans le monde des événements live dans les années à venir car de l’organisation au cadre bucolique, de l’accueil à l’enchainement parfait des concerts le Raismes Fest est un vrai moment de partage musicale addictif.

 A l’année prochaine!