Raptor King - Dinocracy

Monté l'an dernier par le roi Raptor V dans le but de convertir l'humanité à sa cause reptilienne, Raptor King est un quartet de sludge'n'roll aux influences variées. Dinocracy est son premier manifeste de dino-metal qui risque fort de vous rallier à la cause du Raptor King.

Line-up :
Raptor V (chant)
Nightsmoke (guitare)
Don Coco (batterie)

Thomas Jaegle (basse session)

La France n'est pas à plaindre en matière de rock/metal. Depuis quelques années de nombreux groupes ont tenté des choses et si le succès n'est pas forcément au rendez-vous ils semblent perdurer et avancer, chacun à leur rythme. 6:33, Malemort, Naïve, Trepalium, Hypno5e...
Et il va falloir désormais compter avec Raptor King !

Le concept débilisant du groupe risque d'en rebuter certains et tant pis pour eux. Loin des groupes de grind à la con qui en plus de parler de pipi et de caca mettent des choses mignonnes sur leur pochettes, ici la musique tient la route. Elle tient même méchamment la route ! Il y a donc bien quelque chose à retirer si voir un mec affublé d'un masque de dinosaure acheter chez Joué Club (et d'un sweat Anaal Nathrak qu'il ne lave visiblement jamais), censé venir de l'époque jurassique et cherchant à dominer le monde ne vous fait pas marrer.
Si le trio se définit comme une formation de sludge, celui-ci n'est qu'une composante de leur univers. Les parigots mêlent en effet « boueusement » le sludge, le rock'n'roll, en passant par le hardcore et un soupçon de black ("In Your Face") ou de mathcore ("Da Fuck Where I Just Lend"). Une décoction pas révolutionnaire mais personnel et ô combien efficace. Au chant Raptor V se montre lui aussi assez versatile avec une voix grave de poivrot qui rappelle Phil Anselmo et des hurlements aigus qui lorgnent plus du côté de Trevor Strnad (Black Dahlia Murder). Derrière les fûts Don Coco s'éclate sur des tempi changeant, par exemple en lieu et place d'un roulement classique le bougre lance quelques blast bien sentis sur "The Campaign" et "Jugular".
L'espèce humaine a du soucis à se faire car pour nous rallier à sa cause, le roi raptor a sorti une mine de tube. Cinq titres et pas un à jeter, cinq titres, tous mémorables et foutrement accrocheurs. Les plus marquants étant "Da Fuck" (qui rappelle quelque peu Down) et "The Campaign" et son refrain aux choeurs hardcore musclés. Pour ce faire la ligne vocale se fait plus mélodique et se rapproche de groupe rock US moderne comme Stemm, une technique particulièrement notable sur "In Your Face" et "Jugular".

Et si Ghost avait relancé la mode du visuel ? Entraînant dans son sillage quelques allumés capable de ne pas penser seulement à la musique, ni même seulement à son concept mais à voir les deux comme un tout indissociable. Moins fouillé que les suédois par un manque de moyen et par l'aspect comique de leur concept, le trio a mis ses compétences techniques enviables au service de son propos. Il faut dire que le groupe n'a pas l'air composé par des lapins de deux semaines, Nightsmoke officie notamment chez les lovers d'Evenline et Don Coco est un batteur de studio bien connu à Paris (il y dirige une école de cogneur prestigieuse).
C'est peut-être seulement l'immense fan qu'est votre serviteur qui s'exprime, surtout qu'il paraît qu'on parle déjà beaucoup trop de ce groupe d'illusioniste.

On attend la suite avec une impatience non feinte, tout comme un concert (car il paraît que la première date du groupe à tout déchirer) près de chez nous. La Dinocracy a tout pour s'imposer au monde, la personnalité, l'accroche, le niveau technique et ce concept qui saura plaire aux fans de Jurassic Park (à noter que si vous aimez Denver et Petit Pied, Raptor V veut les bouffer tout cru...). En 2017 si vous ne croyez plus en l'humain, votez saurien !