Red Fang - Closet Disco Queen - L’Aéronef - Lille

Quand deux anciens de la maison The Ocean décident de se réunir pour aller coller des trempes, ça donne un truc du genre Closet Disco Queen. Bon, OK, vu le turn over du groupe teuton, ça pourrait être n’importe qui ! Mais il s’avère que Jona Nido, guitariste et Luc Hess, batteur du collectif helvético-allemand alors à l’époque où sortait le magistrale combo "Heliocentric" et "Anthropocentric", ont fondé Closet Disco Queen et arrive donc dans ce rôle d’ouverture avec un nouvel opus sous le coude ("Sexy Audio Deviance For Punk Bums"), un petit EP trois titres.
Que pourrait-on dire de leur performance ? Une batterie et une guitare, une lumière terne (un jaune pâlot) et fixe, une bouteille de blanc pour la bonne cause et… c’est tout ! Les deux musiciens n’y vont pas par quatre chemins : ça joue, ça tabasse et ça quitte en un rien de temps toute réalité. Le jeu du duo Hess / Nido se veut rugueux, brut et sans réelle parade possible alors que leur attitude se fait comme éloignée de tout ce qu’il se passe autour.


Et d’ailleurs, dans la salle, c’est comment ? Et bien, c’est bien fourni, très bien même (votre serviteur du jour en est encore vraiment surpris) et l’Aéronef a très vite fait de monter en température à tel point que Jona Nido ira de son petit remerciement en comparant la date du jour avec la tournée récente et son manque de public… Bref, une grosse quarantaine de minutes durant, les Suisses n’ont pas fait dans la dentelle, envoyant chaque partie de leur musique avec autant de sincérité que de violence, donnant l’impression tantôt de se faire arroser à l’acide tantôt de perdre pied momentanément.

Faut reconnaitre tout de même que Red Fang attire toujours son monde. La veille au Download britannique, aujourd’hui à Lille, l’emprise que les Américains ont sur les fans du genre est assez incroyable et la jauge de l’Aéronef est plus qu’honnête en cet entre-deux festivals. Et les patrons du stoner ne vont pas mettre cinq minutes avant de mettre tout le monde d’accord.
Le son n’étant pas forcément le meilleur entendu à l’Aéronef (parfois les chants sont ou étouffés ou complètement inaudibles…), le ressenti n’en reste pas moins que le quatuor emmené par Aaron Beam est fidèle à sa réputation acquise et maintenue depuis maintenant un sacré paquet d’années : Red Fang maitrise et envoie à chaque fois. Que ce soit en festival, au fond d’une petite salle ou dans une plus grande place, le groupe ne baisse jamais le pied.


En offrant un set qui a su ravir son monde, passant allègrement par la discographie du groupe, dont "Only Ghosts" le petit dernier, et si la fosse compacte ne se meut pas d’emblée, des slammeurs commencent à se faire voir ça et là mais sans qu’ils ne soient trop nombreux.
Bien que la musique soit lourde et parfois étouffante, il faut reconnaitre l’extrême honnêteté du groupe dans son ensemble. Les sourires de Beam et le plaisir qu’il affiche, le duo SullivanGiles qui ratiboisent sans se soucier de rien, et un set qui file à vitesse grand V. Les aficionados ont apprécié, les néophytes aussi et les fans d’un bon rock qui tâche tout autant. Une vraie petite soirée réussie !

Merci à Danièle et l’Aéronef pour l’accréditation et la confiance accordée.