Live Report - Hellfest - Vendredi (19/06/2015)

 

À l’occasion des dix ans du Hellfest, les organisateurs, Ben et Alex, se sont lancés le défi de réunir une affiche Best-Of variée et éclectique qui mêlerait les plus gros noms que le fest a accueillis en cette dernière décennie. Néanmoins, il n’y a pas que la manifestation qui fête son anniversaire, il y a également une formation invitée à souffler sa cinquantième bougie: Scorpions qui est de retour après cinq ans d’absence au festival. On célébrera également le retour sur scène de Faith No More en France qui décidément aura bien joué avec nos nerfs ces dernières années.

 

Cette année, encore une fois, il y en aura pour tous les goûts. N’en déplaise aux « Haters » qui ne perdent jamais une seconde pour casser les ambitions des programmateurs. Tous les genres sont au moins représentés par un groupe. Nous passerons au pays du Heavy Metal où Judas Priest devra prouver qu’il a encore sa place en tant que vétéran du genre, mais nous traverseront également des contrés plus obscures où les groupes de Stoner ou même Hardcore en devenir ont l’occasion de se produire sur la Warzone ou la Valley.

Un an, un an à se dire « vivement le prochain » et alors qu'il pointe le bout de son nez on a du mal à réaliser. Pourtant nous sommes bien aux dix ans du Hellfest, un rendez vous désormais incontournable qui affiche complet aussi vite que Mad Max fait tout péter. Ce malgré les nouvelles critiques sur une affiche qui selon certains n'amènerait que des groupes qui sont déjà venus, dans un festival qui ne cesse de chercher de nouvelles choses à proposer au public (grande roue l'an dernier, skate park cette année, etc...) pour faire du pognon. A cela, je dirais que faire de l'argent n'a jamais été scandaleux dans n'importe quel contexte et encore moins celui où plus tu gagnes plus tu ramènes de bons groupes. Cette affiche best of en est pleine et vouloir dire le contraire c'est joué l'enfant gâté. Après soyons clairs la tente World Of Warcraft a à peine attiré mon œil (n'étant pas vraiment gamer dans l'âme, je ne suis pas le public visé), j'ai trouvé le skate park uniquement gênant pour la circulation devant la Altar et les nouveaux décors entourant les Mainstages m'ont fait penser comme à tous à La Petite Sirène. Mais tout cela n'a rien à voir avec la musique et l'on en oublie presque une vraie raison de gueuler : la fameuse « Cashless ».

Une carte sensée faciliter la vie du festivalier afin qu'il ne se déplace pas avec beaucoup de monnaie sur lui. C’est en réalité une véritable arnaque qui ne marche que pour s'acheter à boire et qui prévoit une fidélisation du public si jamais il veut dépenser de l'argent qu'il aurait laissé sur sa carte à la fin de l'édition. Bref, parlons plutôt musique puisque c'est là l'essentiel.

Si le festival est réputé pour se produire sur trois jours. Il ne faut pas oublier que les hostilités débutent la veille même de l’évènement et que toutes bonnes soirées débutent par un apéro gourmand. En guise d’amuses bouches, nous aurons droit sous le Metal Corner à la performance de groupes comme Malkavian et Opium du Peuple. Même si le jeudi soir est souvent le moment privilégié pour marquer son territoire, il peut aussi s’avérer être le moment idéal pour découvrir des groupes prometteurs.

 

10H30 sous la Valley, une osmose se met en place. Glowsun fait son apparition sur scène de manière progressive et annonce dès les premières notes le délire métaphysique à venir. Il est agréable de voir que même si le combo Nordiste n’a pas forcément eu la chance de se produire à un horaire propice, il sait rendre le concert efficace en interprétant des morceaux comme « Behind The Moon » précédé d’un hommage à tout leur amis Corons présents sous la tente. La longue introduction brumeuse de « Dragon Witch » n’est pas sans rappeler le riffing Iommiens qui ravira tous les fans de Stoner dans la salle. Glowsun a donc réussi son pari haut la main. Rendez vous dans quelques années sur une des scènes principales ? (Axl)

Setlist Glowsun :

Death Face

Behind The Moon

Dragon Witch

Arrow Of Time

Dire que Sticky Boys est une formation de Hard Rock qui ne fait pas dans la dentelle est un doux euphémisme. Si le groupe s’est fait remarquer plusieurs fois dans l’hexagone en se produisant notamment en première partie de Gotthard, cette prestation résonne comme le point d’orgue de leur carrière. Le soleil est à son zénith quand le power trio monte sur scène. Le groupe attire non seulement ses fans qui se sont accumulés en masse mais aussi les plus curieux. Le « Salut à toi Hellfest » d’Alex Kourelis (chant/guitare) est prémonitoire du show à venir ! Les membres du groupe vêtus à la Status Quo ne cachent pas leur joie d’être là. Il faut dire que jouer au Hellfest, ça « fait pousser les couilles » comme le dit si bien le chanteur ! Avec une petite reprise de « Surfin’ USA » en conclusion, vous l’aurez compris, Sticky Boys est la première grosse claque de la journée. (Axl)

Setlist Sticky Boys :

Mary Christmas

Bad Reputation

Fat Boy Charlie

The Game Is Over

Great Big Dynamite

Party Time

Bang That Head

Surfin’ USA (The Beach Boys Cover)

Après le Hard Rock, place au Thrash Metal avec No Return. L’envie nous prend de vouloir comparer cette date avec celle du dimanche précédent à Lille (où le groupe avait ouvert pour Testament). No Return avait fait une très bonne impression à Lille le 14 juin à l’Aéronef. Mais au Hellfest, tout semble moins exceptionnel… À commencer par le son qui ne met pas en avant le talent évident de la bande à Alain Clément (guitare). Néanmoins, la foule se décoincera progressivement pour faire honneur à No Return en inaugurant les circle pits et autres animations de ce genre. Malgré les quelques soucis de son, force est de constater que le groupe a quand même réussi son challenge qui est de chauffer le public grâce à leur killer-track « Submission Falls » et le refrain de « Vision Of Decadance » repris en coeur par les aficionados. (Axl)

Setlist No Return :

Stronger Than Ever

Inquisitive Hegemony

New Items

Paint Your World

Submission Falls

Vision Of Decadence

Après la tempête de Vulcain qui a éclaté les vieux de la vieille avec son Speed Rock engagé, nous retournons sur la MainStage 2 rencontrer Sylosis qui n’a (à voir la foule présente sur place) définitivement plus rien à prouver. En quelques mots, malgré la chaleur, le public reste réactif et ne se décourage pas quand il s’agit de faire valser la chaussure de son voisin. Les pépites du dernier album du groupe Dormant Heart passent très bien. La basse de Carl Parnell dressée vers les cieux alliée aux levers de bras des fans et aux slams de quinquagénaires rendent le concert agréable à regarder. Les Breaks-Assassins des titres comme « Servitude » sont l’occasion rêvée pour se rentrer dans le lard. L’heure de la fin du concert a sonné, mais avant cela le groupe tenait à honorer ses courageux héros en interprétant deux de leur classique « Altered State Of Consciousness » et « Epyreal » tout droit sortis de l’album Edge Of The Earth. Un régal. (Axl)

Setlist Sylosis:

Dormant Heart

Fear The World

Mercy

Teras

Servitude

Leech

All Is Not Well

Altered States of Consciousness

Empyreal

Après avoir fait la queue presque une heure afin de me procurer un chapeau salvateur, je peux enfin me tourner vers les scènes et profiter de la musique. Je commence donc mon festival avec The Quireboys, sextet de rock'n'roll anglais fondé il y a trente et un an et je dois dire que la journée commence bien. Pas forcément des plus présents par chez nous, c'est une chance de voir les roastbeefs à l'affiche. Conscient de cette chance le groupe donne tout ce qu'il a dans le ventre guidé par son frontman, Spike, qui ne cesse d'haranguer la foule à coup de « Scream Yeah ! » ou encore « La prochaine parle d'alcool, de femme.... et de rock'n'roll ». L'ambiance décolle au fur et à mesure du set dans la joie et la bonne humeur. Si sa présence est très sympathique, sa voix ne l'est pas moins. Doté d'un grain furieusement rock'n'roll qui pue le whisky et le tabac froid à des kilomètres, la voix de Spike colle parfaitement à cette musique résolument old school qui pioche dans tout ce qu'on a fait de mieux : le piano évoque le rock 60's et donne une facette piano bar mais on pense aussi au glam, au blues et notamment au Aerosmith le plus bluesy. Une très belle découverte, d'un groupe méconnu. (Clément)

 

On enchaîne directement dans un autre genre de rock'n'roll avec We Are Harlot. Un combo dont le nom ne doit absolument rien vous dire et pourtant ses membres sont loin d'être des nouveaux venus : Jeff George (ex-Sebastian Bach, guitare), Brian Weaver (Silvertide, basse), Bruno Agra (Revolution Renaissance, batterie) et surtout Danny Worsnop l'ancien chanteur d’Asking Alexandria qui rappelons le à quitter le metalcore pour se consacrer à ce nouveau projet. Leur premier album n'est sorti qu'au mois de mars dernier sur Roadrunner et a particulièrement bien marché en Angleterre. Rien d'étonnant, le jeune homme n'ayant cessé de se rapprocher de ce style depuis quelques années. Je dois avouer avoir vu Asking de loin lors de leur passage au HF en 2013 et de m'être dit que ce chanteur avait une pure voix. C'est donc un plaisir de l'entendre dans un groupe plus rock, style dans lequel il est d'une facilité affolante et dans lequel il a l'air de s'épanouir complètement à en juger par tous les sourires qu'il échange avec ses camarades. Pour autant le quartet fait moins fort que ses aînés juste avant lui, moins authentique, beaucoup plus FM et lissé (les chœurs sont samplés). On verrait bien tous ces morceaux en BO d'un blockbuster hollywoodien et s'ils ne sont pas dénués de qualité il leur manque une énergie que le groupe ne balance pas sur scène. Ce qui ne l'empêche pas de proposer une très bonne reprise de « Tie Your Mother Down » de Queen qui a eu sans aucun doute une influence majeure sur le groupe tout comme Aerosmith (le plus glam cette fois) et Whitesnake. Difficile cependant de perdre toutes les vieilles habitudes, il demande donc un circle pit sur un « One More Night » plus rentre dedans sur lequel il use de son hurlé. Un moment sympa qui ne fait pas figure de révélation. Ce qui est sûr en revanche c'est que We Are Harlot va cartonner sur les ondes américaines (c'est déjà plus ou moins le cas) et c'est tant mieux pour eux. (Clément)

 

Setlist WAH :

Denial

Easier To Leave

Someday

Never Turn Back

The One

Dancing On Nails

Tie Your Mother Down (Queen Cover)

One More Night

Le mélange des genres commencent vraiment à se faire ressentir dans le festival. Pendant que les anciens de Quireboys et les nouveaux de We Are The Harlot, qui en reprenant « Tie Your Mother Down » de Queen, proposent un Hard Rock vif et sans fioritures, nous pouvons assister sous la Temple à la prestation de Enthroned. Avec leur Black Metal, les Belges présenteront un spectacle total où violence et agressivité seront les maitres mots. Mais malgré leurs différences, ces trois formations ont toutes des points communs : la foule est décidément présente même aux heures « matinales » pour assister à leurs démonstrations de testostérone ambiante et virulente ! (Axl)

Programmer Armored Saint au Hellfest est un évènement pour les fans de Heavy Metal. Car la formation se produit très rarement dans nos contrés (seulement trois concerts chez nous en plus de vingt ans de carrière), nous ne pouvions pas passer à côté de la performance de la bande à John Bush. Et le petit homme ne manquera pas de marquer les esprits grâce à son chant clair-cassé maîtrisé. Nous ne pouvons pas cacher notre envie de penser au succès de John Bush pendant ses années Anthrax. Mais nous sommes là avant tout pour Armored Saint, donc au placard Anthrax ! Les New Yorkais revisiteront avec efficacité leur répertoire en interprétant pas moins de dix titres tous issus de six albums différents passant par March Of The Saints (1984) ou encore La Raza (2010). Ses plus vieux morceaux ayant un côté plus kitsch et plus entendus, on leur préfèrera les plus récents plus inventifs et originaux. De quoi ravir tous les fans tout âge confondu. (Axl)

Setlist Armored Saints :

Win Hands Down

March Of The Saint

Nervous Man

Pay Dirt

The Pillar

Mess

Last Train Home

Left Hook From Right Field

Reign Of Fire

Can U Deliver

Encore une formation qui rameute les foules aux USA et que l'on voit très rarement dans la vieille Europe, il faut noter une tournée avec Metallica tout de même et quelques dates en festival. Il est logique de voir Godsmack fouler les planches du Hellfest qui plus est devant un beau parterre qui lui réserve un superbe acceuil. L'entame avec le puissant éponyme du dernier album, « 1000HP », fonctionne très bien et montre que la bande à Sully Erna (chant/guitare) est très motivée aujourd'hui. Sorte de fils spirituel du Metallica de Load (1996) et d'Alice In Chains le groupe propulse des tubes imparables dont certaines rythmiques rappellent les grandes heures du néo. Le show est millimétré, Sully sort les mêmes speechs à chaque concert, comme celui où il demande à la faute de sauter sur « Something Different » à tel point que la terre tremble jusqu'à Moscou. En dehors de la voix de son frontman, le point fort de Godsmack est son diable de batteur : Shannon Larkin (Ugly Kid Joe). Quel bonheur de le voir martyriser ses fûts avec son jeu si visuel. Le groupe sait comment se faire bien voir par un festival metal et glisse un extrait de « Walk » au milieu de « Keep Away » (Godsmack, 1997). Le son est très gros et le set file à vitesse grand « V », nous amenant rapidement au sing along de « Whatever » qui précède toujours LE tube du quartet : « I Stand Alone ». Des retours pas toujours encourageants sur ses dernières prestations m'avaient quelque peu refroidi, au final Godsmack a donné un bon concert qui aurait presque mérité d'être un peu plus long. (Clément)

 

Setlist Godsmack :

1000 HP

Cryin' Like A Bitch

Awake

Something Different

Keep Away

Voodoo

Batalla De Los Tambores

Whatever

I Stand Alone

Chaque année le Hellfest ramène des groupes qui détonnent des autres formations : Dropkick Murphys, Les Ramoneurs De Menhirs, Iggy Pop... Billy Idol est de ceux là mais son statut de légende ne le rend pas plus légitime à jouer sur la Mainstage 1 à une heure qui doit lui paraître matinale mais qui est un beau cadeau. Parler de déception serait sous entendre que j'attendais quelque chose de ce concert, hors j'étais venu en curieux, les bras croisés (comme un enfoiré !). En quelques minutes je me rappelle pourquoi je n'aime pas Billy Idol : c'est un chanteur qui chante faux ! On peut retourner le truc dans n'importe quel sens, le côté pas vraiment en place et faux fait parti du bonhomme mais ça ne rend pas sa musique bonne. Le son pour ne rien arranger n'est pas très bon et l'ambiance l'est encore moins. Même les tubes que sont « White Wedding » et « Rebel Yell » ne réveillent pas vraiment un parterre nombreux qui est venu voir ce que le papi avait encore dans le ventre. Même les légendes ont des jours sans. (Clément)

 

Setlist Billy Idol :

Postcards From The Past

Dancing With Myself (Generation X)

Flesh For Fantasy

Rebel Yell

Mony Mony (Tommy James & The Shondells Cover)

White Wedding

LA Woman (The Doors Cover)

Billy Idol était donc la surprise de ce jour. Mais il n’y a pas que des bonnes surprises au Hellfest. La preuve avec Sodom qui, à cause d’un son ignoble, n’était pas en posture de remplir sa mission de remplacement avec Anthrax de manière efficace. Bien que la bonne ambiance est à son beau fixe et que les circle pit s’enchainent dans l’espace réservé pour, nous ne pouvons que nous effondrer face à l’interprétation de « City Of God » et « Agent Orange » privée de guitares, instrument qui donne pourtant toute sa crédibilité au Thrash Metal. (Axl)

Setlist Sodom :

Among The Weirdcong

Outbreak Of Evil

Surfin' Bird/The Saw Is The Law

Christ Passion

Sacred Warpath

Sodomy & Lust

City Of God

Agent Orange

Stigmatized

Remember The Fallen

Premier concert sous une tente pour moi avec les rednecks de High On Fire, encore une formation que l’on n’a pas l'habitude de voir par chez nous. Leur sludge/stoner/thrash m'avait pleinement convaincu sur leurs deux derniers albums et j'attendais de découvrir le phénomène en live, eux qui ont décidé d'appeler leur nouvel album Luminiferous (comme une petite formation death française qui a hélas splitté. Oui, oui, oui). Niveau présence scénique difficile de se mettre quelque chose sous la dent, Matt Pike (chant/guitare, Sleep) est bloqué et ne prend la parole entre les morceaux que pour annoncer le nom du prochain morceau, Jeff Matz (basse) headbangue sans arrêt mais a l'air de ne pas vraiment se rendre compte qu'il a une tente bien remplie devant lui quant à Des Kensel (batterie) il a tant de roulements à faire qu'il lui est bien difficile de faire autre chose. Leur style n'est pas très fin mais s'avère bougrement efficace, ce même si leur son très lourd passe mieux sur les passages les plus lents que sur les parties plus thrash. En même temps le groupe met en avant sa facette la plus heavy, là où un petit « Frost Hammer » aurait fait des merveilles. Pour finir le trio a gardé le magnifique « Snakes For Divine », plus fin pour le coup, qui reçoit un superbe retour de la Valley. En un mot : lourd ! (Clément)

 

Je ne vous cache pas ma satisfaction de revoir le Rock n’ Roll en ce premier jour de festival. Car Lemmy et sa bande sont le Rock’n’ Roll. Je ne vais pas épiloguer sur les soucis de santé du Britannique, d’après les dires de son acolyte, Mikkey Dee, il est en forme ! En tout cas, il l’était pendant les trente premières minutes. Entendre « Shoot You In The Back » et autres « Stay Clean » était agréable, le vieil homme a toujours de la prestance et semble prendre son pied sur scène. Mais au fil des classiques, la qualité du show se dégrade progressivement jusqu’au point de non-retour. « Ace Of Spades » n’a été que la pale figure de ce que le groupe avait l’habitude de présenter, il y a, pourtant, peu de temps de cela… Le Rock’n’ Roll essoufflé tenait quand même à jouer le titre phare « Overkill » afin de saluer dignement (?) ses fans. La grosse question de ce soir sera la suivante: Lemmy doit-il faire sa révérence une dernière fois pour honorer sa carrière ou bien continuer à faire de la « musique » pour ses fans, en sachant que la qualité d’antan ne sera plus au rendez vous ? Gene Simmons a dit que le Rock’n’ Roll était mort à cause de ses fans, avait-il raison sur ce point ? La foule présente sur place demeure significative, tout le monde est venu voir le testament d’une légende, victime de son succès. (Axl)

 

Setlist Motörhead :

Shoot You In The Back

Damage Case

Stay Clean

Metropolis

Over The Top

(Solo Guitare)

The Chase Is Better Than The Catch

Rock It

Lost Woman Blues

Doctor Rock (+solo batterie)

Orgasmatron

Going To Brazil

Ace Of Spades

Overkill

Il y a maintenant trois ans de cela je ne donnais pas cher du futur de Lamb Of God. Après l'arrestation de son chanteur, Randy Blythe, pour homicide involontaire à Prague, je voyais mal comment l'agneau de dieu allait se relever. Pourtant les voilà, avec un nouvel essai qui ne saurait trop tarder dont deux extraits sont déjà sur le net. Très attendu, la prestation du groupe a été avancée de quelques heures, probablement à cause du contrat qui lie Five Finger Death Punch et Judas Priest disant que les premiers doivent jouer juste avant les deuxièmes.

Que cela ne tienne le set commence comme il y a trois ans avec deux extraits de Resolution (2012), qui montre LOG au top de sa forme, mené par un Randy qui a la dalle. Il rôde sur scène tel un lion en cage en éructant tout ce qu'il peut à un pit qui n'a besoin de rien pour se mettre en action. Rapidement le groupe propose « 512 », deuxième nouvelle chanson publiée sur internet, qui passe très bien le test de la scène avec son côté plus mélodique et son refrain efficace. La grosse caisse est un peu trop en avant, ce qui ne gâche pas pour autant le metalcore « panteresque » du gang de Richmond. On remarque que Chris Adler (batterie) porte un t-shirt Megadeth, une obligation qui fait suite à son arrivée dans la bande à Dave ou bien une envie ?

Oui je suis mauvaise langue...

Le classique « Walk With Me In Hell » est dédié au « Metal God » Rob Halford tandis que la seconde nouveauté « Still Echoes » (plus passe partout) est elle dédiée à Mastodon et EyeHateGod. Randy utilise un maximum de français, on gardera un souvenir ému de ces « vite, vite » pendant les circle pits, vraiment classe. En parlant de circle pit, « Redneck » en déclenche un sacré dont le groupe risque de se rappeler longtemps, ce avant que le public ne décide lui même d'ouvrir le traditionnel wall of death de « Black Label ». Grosse performance de LOG en ce début de soirée. S'il y a peu de chance que ses futurs opus nous surprennent de quelques manières que ce soit, des concerts pareils le garderont au top de la scène metal moderne pour longtemps. (Clément)

 

Setlist Lamb Of God :

Desolation

Ghost Walking

512 (Nouveau Titre)

Walk With Me In Hell

Ruin

Set To Fail

Still Echoes (Nouveau Titre)

Hourglass

Now You've Got Something To Die For

Laid To Rest

Redneck

Black Label

Le temps de nous restaurer un peu, nous nous retrouvons engouffrés dans un monde imaginaire et sanglant doucement introduit par « Tubular Bell » de Mike Oldfield, autrement connu comme étant la musique de l’Exorciste. En quelques mots, carré, bluffant et magique ! Le bougre enchaîne les tubes de manières grandiloquentes à commencer par « No More Mr Nice Guy » et nous livre un spectacle total. On en prend pleins la face. Billets, colliers et autres artifices agrémenteront le concert. Car il ne faut pas oublier que l’intérêt d’un concert d’Alice Cooper ne réside pas uniquement dans la musique mais aussi dans la mise en scène qui gravite autour. Vincent Fournier change régulièrement de costumes au fil des actes et joue son rôle à merveille. Quand « Billion Dollar Baby » sera l’occasion rêvée pour l’acteur d’exhiber sa richesse, il profitera de « Dirty Diamonds » pour offrir aux spectateurs ses colliers. Si le leader est la star de ce soir, il n’oubliera pas de mettre la lumière sur ses musiciens afin qu’il puisse s’exprimer lors de différents passages du titre « Dirty Diamonds ». La pièce est vivante et Alice Cooper exploite bien son répertoire. Nous aurons droit à plusieurs titres issus de Welcome To My Nightmare mais aussi de Hey Stoopid, ainsi toutes les générations sont représentées. Descendances qui seront toutes réunies autour de « I’m 18 ». Bien sûr, il y a eu des moments attendus comme le Frankenstein Géant et le coup de la guillotine sur « Feed My Frankenstein » qui n’auront laissé indifférents que les incultes de la troupe. Après la piqure de rappel de « Poison », « School's Out » prend la relève. Agrémenté de « Another Brick in The Wall », « School's Out » prend les airs revendicatifs dignes d’un mai 68 qui nous rappelle que les vacances ont bel et bien débutée au Hellfest. Et un séjour acclimaté de cette façon, on en veut tous les jours! Le concert de la journée ! (Axl)

 

Setlist Alice Cooper :

Department Of Youth

No More Mr Nice Guy

Under My Wheels

I'll Bite Your Face Off

Billion Dollar Babies

Lost In America

Hey Stoopid

Dirty Diamonds (+solo guitare/basse/batterie)

Welcome To My Nightmare

Go To Hell

Wicked Young Man

Feed My Frankenstein

Ballad Of Dwight Fry

Killer

I Love The Dead

I'm Eighteen

Poison

Rappel :

School's Out

S’il y a un groupe qui ne déçoit jamais sur album mais dont les concerts sont bien souvent une plaie, c'est Mastodon. L'une des formations les plus créatrices de ces dix dernières années et pourtant l'une des plus critiquées en live. A croire que l'on ne peut pas toujours être créatif et performeur à la fois. Cela n'empêche pas le quartet de blindé la Valley alors qu'il joue à cheval entre Alice Cooper, Children Of Bodom et Five Finger Death Punch. Pas mal non ?

Et il faut dire d'entrée que les fans ont eu raison de prendre le risque car Masto est au top ce soir. Se concentrant sur son dernier né, le sublime Once More 'Round The Sun, le groupe en oublie certains classiques qu'on ne peut pas passer sous silence : en premier lieu « Blood & Thunder » et aussi « Curl Of The Burl » du tubesque The Hunter (2010). Cependant mieux vaut une prestation du niveau de ce soir sans ces titres, qu'un show de merde avec eux. L'un des points faibles du mastondonte a toujours été la difficulté de ses membres à chanter ses morceaux les plus récents, bien que Troy Sanders (basse/chant, Killer Be Killed) soit plus constant. Ainsi dès l'éponyme du dernier album (cf setlist) Brent Hinds (guitare solo/chant) massacre ses chants, en lançant péniblement quelques voix plus nasillardes qua jamais. C'est donc la peur qui s'empare de moi lorsque le groupe entame « The Motherload », le single imparable de Once More..., ô combien difficile à chanter que Brann Dailor (batterie/chant, ex-Today Is The Day) a massacré plus d'une fois. Le miracle du Hellfest a touché la gorge du cogneur car il le chante à la perfection juste un ton en dessous du studio. Le combo est aidé par de très belles lumières et un bon son (domaine dans lequel il a souvent été critiqué) qui permet de profiter pleinement des quelques vieilleries de Leviathan (2004), « Aqua Dementia » et « Megalodon » (ce break!), l'album qui les a révélé. On ne peut pas en dire autant de « Bladecatcher », inécoutable sur galette qui passe mieux live mais demeure anecdotique en festival lorsque l'on doit aller à l'essentiel. Fait assez rare pour être signalé le public se voit honoré par un compliment, un moment magique de la part de ces mutins. J'ai cru pleuré !

Si Mastodon donnait plus souvent des concerts de ce niveau là, nul doute que sa réputation sur les planches ne seraient pas si mauvaises. Car il a donné un grand concert ce soir, enfin à la hauteur de ses magnifiques essais. (Clément)

 

Setlist Mastodon :

Tread Lightly

Once More 'Round The Sun

Blasteroid

The Motherload

Chimes At Midnight

High Road

Aqua Dementia

Halloween

Bladecatcher

Black Tongue

Megalodon

Crystal Skull

Trois concerts en France, un en première partie d’Avenged Sevenfold, un en tête d'affiche à Paris dans un Bataclan blindé et le troisième au Zenith de Paris en première partie de Judas Priest juste avant le Hellfest. Telle est l'historique français des lives de Five Finger Death Punch. Autant dire que le groupe est parti pour ne donner que des dates énormes chez nous, surtout vu l'euphorie qu'il a déclenché ce soir. Il faut avouer que les morceaux des Wrong Side Of Heaven, Righteous Side Of Hell (oui « des » par ce qu'il y a deux volumes) font mal par où ils passent. Expliquez-moi comment résister au refrain de « Here To Die » ? L'avantage de 5FDP est bel et bien son chanteur, Ivan Moody, dont la voix rappelle beaucoup Corey Taylor. Peut être trop conscient de ce fait, le vocaliste est mis en avant en permanence. C'est ainsi qu'il chante quelques phrases a capella à la fin du concert et reprend même au micro sa reprise de « House Of The Rising Sun » (The Animals) alors qu'elle passe en sono. Malgré un set qui pue le « je suis américain keskiya ? », à base de changement de t-shirt (de football américain. Evidemment!) incessant et de speech vu et revu ; 5Finger respire avec quelques accalmies bienvenues (notamment la power-ballade « Coming Down ») et propose de vrais chœurs (n'est ce pas We Are Harlot) qui soutiennent des morceaux furieusement accrocheur. « The Bleeding » voit le public brandir briquets et portables dans les airs à la demande d'Ivan, classique mais efficace.

5FDP est un nouvel arrivant sur la scène et son succès n'est déjà plus à démontrer, son prochain album (Got Your Six) ne fera que confirmer tout cela. Bientôt le quintet fera les têtes d'affiches de tous les festivals européens devant des foules conquises. Qui a demandé où est passée la relève ? (Clément)

 

Setlist 5FDP :

Under And Over It

Burn It Down

Hard To See

Lift Me Up

No One Gets Left Behind

Bad Company (Bad Company Cover)

Burn MF

Coming Down

Here To Die

The Way Of The Fist

Rappel :

The Bleeding

« The Priest Is Back at Hellfest » est une des phrases que l’on pouvait entendre le plus au Hellfest ce vendredi. Rob Halford et sa bande n’ont pas décidément pas fini de faire parler d’eux. Et le retour de Judas Priest en 2014 avec Redeemers of Souls ne me fera pas mentir ! Enfin du nouveau matériel à exploiter en live. Un petit Black Sabbath et c’est parti ! « Dragonaut is near ! » Le groupe met littéralement le feu au ciel et enchaîne avec « Metal Gods ». Maintenant, nous savons à qui nous avons affaire ! Rob est en voix, voire un peu trop… L’ingénieur son n’a pas hésité à faire usage de divers effets (notamment pas mal de reverb) afin de croire que sa voix est intacte. Néanmoins, nous l’excusons. Après quarante ans de loyaux services, le Grand Monsieur n’a plus rien à prouver et pourtant il se permet comme lors de la tournée Epitath de lâcher quelques growls très impressionnants. Sous un décor de feu, « Demon’s Child » et « Victim Of Changes » s’enchainent et nous ne voyons pas le temps passer. Les solos sont très bien exécutés, Richie Faulkner est bien intégré et il n’hésitera pas à voler la vedette à Rob plusieurs fois dans la soirée. Le Metal God semble adorer son jeune guitariste et vient très souvent lui rendre visite lors de ses solos, exécutés avec un charisme naturel qui force le respect. Rob Halford est fidèle à lui et comme à son habitude, nous fait profiter de sa panoplie de costumes au fil des titres. Nous sommes passés de la veste boule à facettes pendant « Turbo Lover » au cuir et fouet pendant « Beyond The Realms Of Death ». Cela peut paraître Ultra Kitsch, mais voir Rob Halford déambulé avec sa moto pendant « Hell Bent For The Leather » n’a pas de prix. Avec la prestation sans faille de titres phares comme « Painkiller », « Breaking The Law » et « Living After Midnight », nous venons d'assister à l'un des derniers shows français du Priest. Ce à moins d'une « scorpionite » aigüe et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il fût vraiment excellent. (Axl)

Setlist Judas Priest :

Dragonaut

Metal Gods

Devil's Child

Victim Of Changes

Halls Of Valhalla

Turbo Lover

Redeemer Of Souls

Beyond The Realms Of Death

Jawbreaker

Breaking The Law

Hell Bent For Leather

Rappel :

The Hellion/Electric Eye

You've Got Another Thing Coming

Rappel 2 :

Painkiller

Living After Midnight

La perte d'un membre n'est jamais chose facile et pour une formation aussi médiatique que le gang de Des Moine, le coup a été rude. Pour ne rien arranger après le décès de Paul Grey, c'est Joey Jordison (Murderdolls) qui est évincé du combo, le congeur avançant qu'il n'a jamais quitté Slipknot contrairement aux dires de ces ex-camarades. Un gros foutoir qui a précédé la sortie de 5 : The Grey Chapter, un cinquième album à la croisée des chemins de leurs trois premiers albums.

Pour peu on croirait retrouver le Slipknot des débuts sur les deux premiers morceaux, les mecs ne sont pas contents du tout ! Drivé par un Corey Taylor en grande forme vocale, Clisson est littéralement bombarder par le Knot. Jim Root, peut être mécontent de sa récente défection de Stone Sour se donne comme rarement au même titre qu'Alessandro Venturella (basse, Krokodil) bien intégré. Tous les regards se tournent évidemment vers Jay Weinberg (batterie, ex-Madball, Against Me!) qui a la lourde tâche de remplacer Jordison. Et le bougre s'en sort à merveille, plaçant des blasts bien sentis sur les tout frais « Devil In I » et le bourrin « AOV ». Le combo assume sa facette plus mélodique avec l'étrange « Vermillion » (The Subliminal Verses, 2003), qui joué avec les bollocks passent extrêmement bien et fait office de respiration dans ce show rageur et enflammé (littéralement). En véritable commandant de son armée de maggots, Taylor demande aux fans de « chanter lorsque je vous demande de chanter et de sauter lorsque je vous demande de sauter » avant « Before I Forget » qui fait effectivement bien jumper le Hellfest (« My fuking family » comme le frontman aime à le dire). Avant « Eyeless » il annonce qu'il a une bonne et une mauvaise nouvelle, la mauvaise étant qu'il ne leur reste plus que quelques morceaux, la bonne qu'il leur quelques morceaux. « Spit It Out » est toujours l'occasion pour le groupe de faire s'assoir le public sur le break avant des rappels bien méchants (cf setlist) qui rappellent à tout le monde qu'il y a des années de cela Slipknot était un groupe dangereux.

Sacré concert qui prouve que Slipknot est encore capable de sortir les balls et de botter des culs sans ménagement. Il ne sera plus jamais ce qu’il a été mais sa reconversion en grosse machine est réussie.

L'ambiance fantastique aura à coup sûr fait oublier ce fameux concert du Fury Fest où le gang s'était fait lynché salement.

J'en connais qui ont eu quinze ans à nouveau. Chapeau aux masques ! (Clément)

 

Setlist Slipknot :

Intro (XIX)

Sarcastrophe

The Heretic Anthem

Psychosocial

The Devil In I

AOV

Vermillion

Wait And Bleed

Before I Forget

Duality

Eyeless

Spit It Out

Rappel :

(sic)

Surfacing

Le Vendredi au Hellfest ou une première journée qui a tenu toutes ses promesses ! Malgré quelques déceptions évidentes, nous avons eu la chance d’assister à des shows de qualité de groupes qui n’ont désormais plus rien à prouver comme Judas Priest, Alice Cooper et Slipknot. D’autres formations ont confirmé leur statut de digne héritier d’une culture Hard en nous délivrant de très bonnes choses. Je pense notamment aux Sticky Boys qui ont prouvé qu’ils avaient leur place sur la MainStage 1 auprès des formations internationales. On a également eu l’occasion de découvrir de nouveaux groupes qui ont un bel avenir devant eux (We Are Harlot, Five Finger Death Punch, Sylosis). Glowsun qui, en étant dans la logique même du Rock Stoner Psychédélique, nous a fait voyager dans un univers lointain dès les premières mesures…

Une expédition qui ne faisait pourtant que commencer en ce premier jour de festivités !