Resistance - The Seeds Within

Figure de proue de la scène belge, Resistance publie aujourd'hui son cinquième album : The Seeds Within. Après l'excellent To Judge And Enslave (2012), qui marquait un tournant stylistique pour le quintet et qui aura vu le départ et le retour d'Olivier Dris (guitare), l'un de ses plus anciens membres. J'attendais avec impatience cette nouvelle offrande qui s'est faite attendre; elle qui aurait dû sortir en avril dernier.

Comme je le disais en préambule, To Judge And Enslave marquait un vrai tournant pour le groupe. Après Lords Of Torment (2010) qui surfait encore sur la vague deathcore (bien que le groupe avait contrairement à d'autres, une personnalité) le quintet revenait avec un album assumant bien plus le côté death metal de sa musique mais qui amenait aussi une influence black metal les rapprochant de Dying Fetus.Et si à la première écoute j'ai eu l'impression que le groupe avait fait un petit pas en retrait et que The Seeds Within jouait la carte de son prédécésseur sans vraiment aller plus loin, les graines ont germé au fur et à mesure des écoutes pour révéler ce que le groupe a fait de mieux à ce jour. Si « Cross The River » lance les débats avec un feeling assez thrash (bien loin de l'intro lourdingue de To Judge...) on retrouve ce qui fait les qualités de Resistance, ce metal extrême à base de death et de black auquel on ajoute un soupçon de hardcore dans les placements vocaux ou sur quelques breaks bien sentis.

Tout cela dans une production excellente certes mais surtout actuelle car la musique de Resistance puise ses influences dans le old school sans que sa musique sonne datée, un des gros problèmes de tous nos revivals qui se répandent plus vite que des mauvaises herbes. Ainsi le groupe reste de pleins pieds dans son époque, un bon choix ! Mais surtout le gros point fort de ce disque, c'est son écriture meilleure que jamais. Le mélange death/black est mieux géré (ou digéré ?) que jamais, rendant l'ensemble plus efficace. Pour preuve ce « Darkness Arise » et ses choeurs scandés (« 666 » !), en font le « single » parfait comme l'était « Nihil » sur To Judge..., le lourdingue « The Underworld » ou encore l'éponyme plus sombre encore que le reste de l'album qu'on éviterait de mettre à la fête du village afin d'éviter une panique nationale. La dissonance issue du black metal reste là mais bien plus fine qu'auparavant notamment sur « The Gift To Inherit » se situant plus dans le jeu et la vibe. To Judge... marquait l'arrivée de Shaun Van Calster à la guitare mais aussi au chant, lui qui épaulait Xérus Liévin sur quelques titres ; son rôle de « chanteur » est plus important cette fois (il prend des parties leads sur quasiment la moitié de l'album), particulièrement sur « Apocalypse », reste qu' « Oblivious » demeure le seul titre de Resistance sur lequel il use de son excellent chant clair. En même temps pas sûr que celui-ci aurait trouvé sa place sur ce nouvel opus, contrairement à Xérus qui lui « grugrute » dans tous les sens et ne sera pas sans rappeller Julien Truchan (Benighted) à mes compatriotes.The Seeds Within s'achève sur « Antithesis » qui montre un aspect plus mélodique et épique de Resistance pour une franche réussite.

Au final si au premier abord The Seeds Within paraît moins aventureux que son prédécesseur, c'est par ce que les belges se sont encore améliorés question composition, rendant leurs titres bien plus cohérents et fins qu'il n'y paraît. Leur death/black est à des milliards de kilomètres d'un Behemoth ou d'un Svart Crown, car le groupe garde les pieds dans notre galaxie et notre temps en assumant un son et une production actuelle pour autant ce nouvel essai n'en demeure pas moins sombre et sale dans ce qu'il rejette.

Tel une pousse Resistance continue de grandir et de s'embellir avec les années, une pousse qui risque de se propager plus vite que des morpions !