Ruins - Undercurrent

Les Tasmaniens de Ruins reviennent avec un nouvel album Undercurrent, estampillé Black/Death plein de subtilité qui sera désorientant pour vos oreilles, et qui sortira fin octobre sous le label Listenable records. Comme pour tout bon album la première approche peut paraitre banale, mais c’est en écoutant plus attentivement et de manière répétée que l’on se rendra compte des subtilités et de la richesse de la musique de Ruins.

Line-up :

- Alex Pope - guitare, basse, chant

- Dave Haley - batterie

Bien que relativement discret sur le plan communicatif, Ruins ce groupe de Tasmanie, une petite île au large de l’Australie dont on a peu l’occasion de parler dans le métal comme en général d’ailleurs, n’en est pas à son premier essai et revient avec un cinquième album. Quatre ans après le dernier album en date la formation ne change pas et se compose toujours des deux mêmes membres. Alex Pope, qui officie à la guitare, à la basse et au chant. Ainsi que Dave Haley qui officie à la batterie, et n’est autre que le cogneur de Psycroptic ! Pour le live le duo s’entoure de Joe Haley au poste de bassiste et de Kai Summers à la guitare. Sur ce dernier point d’ailleurs le combo a déjà tourné de nombreuses fois en Australie et en Nouvelle-Zélande avec des groupes de renoms tels que Satyricon, Celtic Frost, Pig Destroyer ou encore dernièrement avec 1349.

Mais c’est ce nouveau méfait répondant au nom de Undercurrent qui nous intéresse. Ruins nous distille une dose de Black metal, mêlant passages Death et pointes de groove qui donnent un vrai plus aux compositions. Bien que qualifié de Black metal de par l’allure générale, la mélodie des morceaux qui jouent sur la mélancolie, la sonorité un peu malsaine des riffs par moment, ainsi que les ralentissements qui nous mettent dans une ambiance plus propice à un sentiment d’obscurité, la musique de Ruins est bien plus que cela. On trouve un gros penchant Death dans les morceaux accentué par une batterie particulièrement impressionnante dont les parties regorgent d’une créativité qui nous surprendra et nous ravira sur l’ensemble de l’album. Mais on retrouve aussi un côté groove très présent et qui s’écarte, si on peut dire, des codes purement Black metal ce qui fait à juste titre tout le charme et donne cette profondeur à l’album. Cette présence du groove qui permet à la galette de ne pas tourner en rond. La voix d’Alex Pope donne une dimension supplémentaire à l’album avec son ton criard typique et granuleux. Un peu à la manière d’un Satyricon ou d’un Obituary pour pousser le vice mais résolument Black et monocorde dans le ton ici.

Ces diables de Tasmanie nous sortent un très bon album, mais comme je vous l’ai souligné dans les premières lignes, celui-ci se laissera apprécier pleinement après plusieurs écoutes attentives. Les sorties studio de Ruins sont souvent à double tranchant, soit on aime, soit on trouve cela banal et monotone et cet album ne déroge pas à la règle. Déroutant lors des premières écoutes, justement par ces changements de style pourrait-on dire, de tempo, de rythmique et riffing tantôt Death, puis Black, puis proposant un groove phénoménal, la musique de Ruins se montre plus complexe qu’il n’y parait sur ce nouvel album et ceci n’est pas à passer sous silence. Pas de martelage des fûts à longueur de temps ici mais une constance à changer de rythmique de manière répétée et rapide, ce qui peut paraitre déconcertant pour ce genre de musique puisque la lourdeur du côté Black n’a pas le temps de s’installer et l’auditeur sera sans cesse en train se recaler avec la rythmique. Structurellement parlant un petit bémol sur l’outro de la chanson « The Fires Of The Battlefields To Survive » qui pourrait clairement faire office d’interlude.

A travers les neuf titres qui composent l’album, Ruins nous montre tout l’étendue de son talent et nous pond un cinquième opus qui arrive à se renouveler et à ne pas tourner en rond. Pour certain Undercurrent sera insipide et vite lassant, pour d’autre l’écoute prolongé leur ravira les écoutilles.