Sipping - Fin d

Si la Fusion et le Neo Metal se sont éteints au début des années 2000, ces styles regorgent encore de formations qui n’ont pas peur de ré-actualiser cette musique ! Elle connait même un renouveau ces temps-ci. Souvent désignés sous le terme de Rap-Core, ces groupes redonnent une seconde jeunesse à des groupes comme Limp Bizkit qui étaient disparus de la circulation ! Et Sipping en digne héritié du genre n’a pas chômé depuis… Après une démo en 2012 et un EP 49.25 - 6.20, ils accouchent d’un premier Full-length, Fin d’une Ère. Sipping, fer de lance du renouveau du Neo Metal ? Ça se pourrait bien ! 

Pour un groupe qui s’exprime en Français, Sipping n’a pas loupé sa première cartouche ! L'usage de la langue de Molière nous rend apte à comprendre les textes des deux rappeurs/screamers Clément et Kévin. Et nous pouvons ainsi remarquer la variété des propos tenus par les deux lascars. Quand l’ironique « Boobies » exprime la frustration dans le monde dans lequel son narrateur vit, « À La Gloire des Peuples », grâce à ses airs revendicatifs, persuadera son auditeur à prendre les armes ! « Lève le poing » ! L’alliance des deux Frontmen est efficace. Entre alternances et supports, les deux gars se complètent et offrent des moments assez exceptionnels comme dans « Soleil Vert ». 

Musicalement, ça cogne sévère ! Tous les groupes Francophones et Anglophones qui ont fait la gloire du style sont dignement représentés indirectement. Les fans de Neo Metal s’y retrouveront avec aise pendant les semblants de Blast de « À la Gloire des Peuples » qui montre un Maxime qui ne se contente pas seulement de frapper les peaux de cette innocente batterie... Cette démonstration de puissance qui est mise en oeuvre n'est pas sans rappeler celle de Mass Hysteria. Pourtant, si le groupe fait du Neo Metal, il n’oubliera de mettre à jour ce style vieillissant en y intégrant quelques touches de modernité comme dans « Emmuré » qui prend des airs de Djent. Avec les notes saccadées congrues d’effets électroniques assez novateurs et des growls bienvenus, Sipping aura réussi le pari de dépoussiérer le genre.  

Bien que les morceaux de la première partie de l’album peuvent paraître un poil stériles et linéaires en studio, il serait absurde de se demander si ces titres mettraient l'ambiance en live ! Grâce à ses guitares tranchantes et ses paroles revendicatives, Fin d’Une Ère s’illustre comme un véritable Passe-Port vers l’univers ghetto, de la banlieue et des revendications de celle-ci.

Contrairement à la plupart des albums qui s’ouvrent sur un titre phare, Sipping a fait le choix de l’originalité en incorporant à sa première missive une « Intro » et un « Outro » qui, sous la forme de déclaration casi-poétique, nous font voyager dans l’univers de Sipping. Ces discours à la première personne prennent des allures autobiographiques et montrent bien que Fin d’une Ère est une histoire personnelle séparée en deux parties par une « Interlude » acoustique bienvenue. 

Histoire personnelle mais aussi un album qui rend hommage à ses fans et à la musique en elle-même. « Ceux Qu’On Laisse » conclue l'album sur une très bonne note en s'illustrant comme une dédicace à tous ceux qui ont soutenu Sipping dans son parcours ! 

Avec des mélodies assez récherchées, des titres innovants qui tiennent la route et qui s'enchainent de manière agréable et logique, le groupe semble avoir trouvé la clef du succès. Si Fin d'Une Ère apparait comme une réussite à tout niveau, tout reste encore à faire et à prouver sur scène si les Sipping veulent percer dans le milieu. Et c'est bien tout le mal que nous leurs souhaitons !  

Remerciements: M & O Music et M & O Office !