Satyricon - Live At The Opera

Comme pour souligner leur tournée 2015 « The Dawn Of A New Age », les incontournables norvégiens de Satyricon ont sorti le 1er mai dernier un coffret CD – DVD live : Live At The Opera. Le coffret contient donc le DVD du concert, ainsi que sa version audio, répartie sur deux autres CDs. Filmé le 8 septembre 2013 au Norske Opera & Ballet à Oslo (Norvège) Sous le label autrichien « Napalm Records » (Cradle of Filth, Powerwolf), ce concert est exceptionnel puisqu’il comporte la participation de pas moins de 55 choristes de l’orchestre national de l’opéra. Le live dure environ 1h40 pour quatorze titres faisant la part belle à leur album éponyme et dernier en date : Satyricon (2013), ainsi qu’à leur précédent Now Diabolical (2006) avec respectivement cinq et quatre titres. Les norvégiens ont pris le parti de ne pas ressortir leurs plus vieilles productions telles que Dark Medieval Times (1993) ou encore Shadow Throne (1993) ce qui pourra déplaire aux fidèles des premiers pas du groupe

Le spectacle commence fort, avec l’intro « Voice Of Shadow », durant laquelle Frost entre en jeu avec sa batterie en émergeant progressivement du dessous de la scène, suivi de près par Satyr (Guitare, Chant) qui apparaît de la même façon à grands renforts de fumées pour un effet surréaliste des plus réussis. On note immédiatement la présence des choristes et de leur chef d’orchestre (David Maiwald) sur scène, qui souligneront le côté épique du spectacle, y compris sur des titres ne comportant pas de chœurs dans leur version originale.

On remarque que le public est assis et semble très hétéroclite, ce qui peut laisser planer des doutes sur sa réactivité lorsque le concert battra son plein.

À peine le temps de se remettre de cette intro que le groupe enchaîne sur « Now, Diabolical », désormais culte et très efficace en live. Fort heureusement, on s’aperçoit vite que la plupart du public se lève et semble apprécier le spectacle, malgré des réactions un peu molles aux appels de Satyr. Les morceaux sont joués à la perfection par des musiciens engagés pour l’occasion : Steinar Gundersen et Gildas Le Pape aux guitares, Anders Odden à la basse et Anders Hunstad au clavier. La technique et le tempo sont parfaits, tout est incroyablement précis lorsque la chorale se joint aux rugissements des guitares sous la direction du chef d’orchestre et de la batterie puissante et infatigable de Frost.

L’éclairage joue un rôle important puisqu’il semble se focaliser sur Satyr et Frost, laissant très souvent les autres musiciens et la chorale dans l’ombre. Il est tantôt bleu glacier tantôt rouge sang, ce qui fait voyager le spectateur des flammes de l’enfer aux fjords gelés, pour un effet immersif très réussi.

Satyr interagit régulièrement avec le public entre deux titres, en anglais ou en norvégien, et le fera participer sur la chanson culte « Die By My Hand ». L’interaction avec les spectateurs semble bonne, malgré nos réserves initiales et la présence de sièges empêchant tout mouvement dans la fosse.

Un des points culminants du concert est atteint à peu près à la moitié du set sur « Phoenix », un titre tourmenté et lancinant chanté par Sivert Høyem (Madrugada, The Volunteers) dont la voix profonde ensorcèlera le public.

Après « To The Mountains », le groupe fait mine de quitter la scène avant de revenir pour un rappel plutôt glorieux, puisqu’il concentre trois titres phares du groupe : « The Pentagram Burns », « Mother North », hymne du black metal qui ravira l’audience dès les premières notes, et bien entendu l’indispensable « K.I.N.G » pour un final explosif.

Le concert est filmé de telle sorte à mettre Satyr et Frost au premier plan. En effet, les plans sur les autres musiciens sont relativement rares et brefs : même la chorale est beaucoup plus filmée qu’eux. Le son permet d’entendre tous les instruments de façon équilibrée, avec un très bon dosage musiciens / chœurs qui assure l’harmonie et la tenue globale du spectacle.

Tout le long du spectacle, on n’a pu que constater l’efficacité de la chorale qui apporte une dimension supplémentaire aux morceaux, tantôt cathartique tantôt cauchemardesque. Le talent et la technique des musiciens sont également à relever puisque chaque chanson sera exécutée dans une très grande fidélité à la version studio. Bien que le concept de metal – orchestre ne soit pas une nouveauté dans le black metal, le résultat est à couper le souffle et donnera la chair de poule aux amateurs du genre.