Saxon, Girlschool - Le Splendid - Lille

C’était l’un des derniers concerts auquel la rédaction a assisté et autant vous dire qu’il ne s’agissait pas de ce genre de concerts qui laissent les gens indifférents ! Non, puisque c’est Saxon et Girlschool qui sont venus clore les festivités de 2016 ! En tournée pour promouvoir son nouvel album live, Let Me Feel Your Power, Saxon ne comptait pas en rester là avec ses fans nordistes. Pour ce faire, ils ont invité leurs copines… Malheureusement, les Last In Line n’ont pas répondu à l’appel, mais ce n’est pas ça qui va rebuter l’équipe de Metal Cunt. Alors qu’on se le dise, Saxon a peut-être passé les quarante années d’activité mais il n’a jamais perdu son intégrité. 3, 2, 1, c’est parti ! 

Girlschool ouvre les hostilités… Et que l’on ne vienne pas me dire que les fans de Saxon ne connaissent pas Girlschool. Évoluant ensemble dans les années 80, les Girslchool s’étaient construites une réputation des plus appréciables aux côtés de groupes comme Tygers Of Pan Tang, Motörhead, Tokyo Blade et les autres de la NWOBHM. Mais que s’est-il passé ce soir ? C’est la performance d'un groupe au bout du rouleau à laquelle nous avons assisté. Certes, il n’est peut-être pas évident de jouer lorsque l’on est enrhumé… Mais pour nous, c’est l’incompréhension, les sections rythmiques de leurs plus gros hits tirés de Hit and Run ont du mal à passer. Est-ce parce que la section rythmique manque cruellement de rigueur et que les solos sont moyennement exécutés ? Alors, la conséquence est impitoyable sur le public qui, pourtant adepte de ces morceaux, ne semble prendre du bon temps. Presque personne ne tapera du pied au rythme des tubes « Hit And Run », « Future Flash » et « Demolition Boys » qui se sont répandus comme une trainée de poudre. Heureusement que le groupe arrive à se rattraper en interprétant quelques titres issus du bien nommé Girlty As Sin

Il faudra attendre le final le punky « Emergency » pour que quelques adeptes se mettent en mouvement dans la salle… Kim McAuliffe arbore fièrement les couleurs de son groupe et de Motörhead en avouant qu’elle a porté ce t-shirt tout au long de la tournée. Bref, la bonne humeur a tout de même été au rendez-vous, le reste fut secondaire. 

Après la semi-déception de Girlschool place à Saxon ! Un petit « It’s a Long Way To The Top » et Biff débarque sur le devant de la scène tel un corsaire. « Like A Battering Ram », Saxon sans fioritures nous explose les tympans avec le premier hit issu du nouvel album portant le même nom. Pas de de demi-mesure pour le groupe, il nous a interprété une belle panoplie de classiques : « Strong Arm Of The Law », « Heavy Metal Thunder », « Stand Up and Be Counted » et j’en passe ! Mais à l’instar de Girlschool, Saxon montre également quelques signes de faiblesse… La rigueur n’a pas toujours été au rendez-vous et le rythme semble s’être affadi avec le temps. Les longues tournées m’voyez… Biff préfère tourner en dérision ses propres bourdes : « On va jouer une nouvelle fois Never Surrender ». Oui, le bougre, enivré par l’accueil du public, a mal consulté sa setlist. Le groupe aura également mal enchainé une partie de son morceau clef « And The Bands Played On »… Pas grave, les britanniques enchaînent… 

Passons, Saxon en 2016, c’est aussi une belle brochette de nouveaux titres qui n’ont pas peur de se frotter aux autres classiques. Alors que les fans Old School n’ait pas fait leur mise-à-jour, c’est une chose, mais jamais le groupe ne s’est reposé sur ses acquis comme le montrent les récents « Sacrifice », « The Devil’s Footprint » et « Queen Of Hearts ». Et que dire si ce n’est que ces titres ne font pas pâle figure devant leurs ainés ? Ça sonne juste et nous avons eu la preuve formelle que Saxon savait toujours construire des setlists cohérentes vantant les mérites de chacun de ses albums.

Saxon et Motörhead ont toujours été deux formations qui ont entretenu une amitié sans borne, dépassant les frontières. « Run Like The Wind » sur une bonne vieille bécane sentant la débauche « Sex, Drug and Rock ’n’ Roll » comme dirait l’autre. Près d'un an après la disparition de Lemmy Kilmister, l’heure est à l’hommage. Ce soir, le Biff Byford band a opté pour une reprise mémorable de « Ace Of Spades ». Quelle claque… On aura également été touché par le discours harangué par le maitre de cérémonie : « Lemmy, tu nous manques ! Tu dois être en train de t’éclater là-haut »… Oui, la Mort ne tuera jamais une amitié aussi forte que celle qu’entretenaient les deux groupes. 

Saxon ou le charisme au goût du jour ! Pas évidemment d’être en phase avec les avancées techniques. Biff, lui, n’a pas peur et s’arme d’un Iphone pour faire le show. « Wheels Of Steel », véritable apogée médiatique de ce concert, plonge encore une fois le public de Lille dans les eighties. Un morceau qui a été, de façon clairement anaphorique immortalisé par un produit hightech. Ainsi, les canons à fumée s’alliaient avec perfection à l’Iphone de Biff byford et au T-shirt Trust du vingtenaire placé au premier rang. On est en 2017, non ? Ces jeunes adultes sont nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas connue… C'est dingue. 

Le concert n’est pas encore fini. En effet, le groupe avait prévu pas mal de morceaux ! 21, rien que ça ! Bien que les derniers classiques se font attendre, les reprises ne manqueront pas de rassasier les derniers fans ! « Let Me Feel Your Power », « Crusader » ou même « Princess Of The Night » se contentent de saluer une paroisse, qui, totalement satisfaite du concert des britanniques n’a qu’un seul mot à la bouche : « On vous donne rendez-vous dans deux ans, même heure, même lieux ? ». On l'espère. 

Saxon a tout raflé, flirte avec la perfection à chacune de ses venues, toujours quarante années après ses premiers pas. Biff chante toujours aussi bien, et - gageons que la formation a encore de très belles choses à nous faire partager. ça tombe bien, Paul Quinn nous a avoué travailler sur un nouvel album ! Déconcertant. Mais quand vont-ils s’arrêter ?