Scars Divide - EP

Scars Divide est un groupe de métal progressif/metalcore de Vevey (Suisse) formé en 2013 par des membres de plusieurs groupes suisses de renom. Leur premier EP éponyme, sorti en 2014 chez Tenacity Music et enregistré au célèbre Conatus studio par Vladimir Cochet, est une création caractérisée par une diversité de styles musicaux allant de metalcore mélodique post-rock avec la prédominance d'un son brutal.  

Fort de cette première libération massive, les Scars Divide sont maintenant prêts à partager leur musique avec énergie sur la scène, leur deuxième maison.

Line up :

Vincent : chants
Fabien Vodoz : batterie
Grégoire Parchet : guitare
Samuel Duarte : guitare
Pierre Carroz : basse

Le 28 février est le 59e jour de l'année du calendrier grégorien. Il reste 306 jours avant la fin de l'année, 307 si l'année est bissextile...
Et on s'en contrefiche ! (et oui quelle violence verbale !) puisque c'est bien le 28 février qu'est sortie la première production des Suisses de Scars Divide. Un EP composé de 6 titres, présenté avec un excellent artwork ! Côté design on peut dire que le boulot est fait, personnellement c'est pile poil ce que j'attends d'un album qui m'est encore inconnu ! Il faut que ça me donne envie dès les premiers instants ou j'ai l'objet entre les mains. Test réussi avec grand succès ! Alors bravp Joël Beney ! (www.aenigma-design.com)

Parenthèse fermée, on attaque directement avec le premier titre All that We Need, sonnant directement metalcore, avec un côté très technique qui nous offre quand même un aperçu beaucoup plus intéressant sur le plan instrumental. Le gros plus réside également dans le refrain propulsé avec grâce et efficacité, les screams de Vincent sont parfaitement exécutés.

L'instru' est juste à couper le souffle, avec des guitares balançant riffs distordues accompagnées par un jeu batterie/basse efficace. Je me risquerai presque à citer un petit côté djent.

La complexité de la structure de ce premier morceau rendra peut être difficile l'accroche disons 'commerciale'. Par cette phrase j'entends qu'on est loin du titre qui nous restera en tête au bout d'une seule écoute, le travail fait sur l'écriture et la composition est relativement poussé et, mis à part un refrain très bien placé, il ne sera pas forcément simple d'entrer directement dans le monde que Scars Divide nous propose.

Et c'est peut être ce côté qui m'attire, on a ici une production vraiment propre qui donne envie. On veut avancer par nous même et pas se laisser traîner là ou le groupe veut ! Tous les éléments sont à notre disposition. Car en dessous d'un metalcore très progressif, apparaît une émotion forte qui saura trouver écho quelque part en vous. C'est très finement amené, surtout avec les refrains, ce qui casse vraiment avec l'image que l'on aurait pu se faire d'une énième production metlacore sans couleurs.

Three Meters Sixty est amené par une intro intéressante, une certaine brutalité qui jusqu'ici ne s'était pas autant faite ressentir quand la voix se lie avec la rythmique. Une atmosphère extrêment dérangeante s'installe (ref : une sorte de Storm Corrosion à la metlacore, vous voyez un peu le bordel...), effaçant tous repères possibles. Notons un excellent jeux de batterie sur ce titre, avec des breaks core bien placés et efficaces dans la relance du son. J'aime tout particulièrement les touches mélodiques amenées par les guitares sur le chorus.

Toujours dans la pensée tordue, The Venom of Leviathan reste fidèle à l'univers que le groupe nous offre. Plus on avance dans l'EP, plus on se rend compte du travail que le groupe à fait sur la personnalité de cette prod. Autant sur l'aspect technique amené par les instruments que sur l'ensemble des titres qui dégagent une certaine cohérence.

Sensibilité, émotions, c'est aussi ça qui fait le point fort de Scars Divide, car même si elles sont parfois dissimulées sous une musique violente, on les retrouve dans certains passages plus implicite comme sur l'intro de Whispering Shores mais encore plus sur la dernière piste de cet EP. Rage, haine, courage, on a tout aussi envie d'avancer au rythme des titres.

Je m'attarderai beaucoup plus sur le dernier morceau qui est me semble très intéressant. En effet Salt, Ice and Fire nous plonge vraiment dans cette sensibilité qui nous était possible de déceler en dessous des torsions mélodiques et progressives des structures musicales. J'accroche tout particulièrement sur cette composition qui prend tout son sens après des plages comme All that We Need ou The Venom of Leviathan. Ça rejoint tout à fait l'idée d'une personnalité recherchée et bien loin des simples morceaux bourrins habituels core, et puis si on associe l'artwork avec l'esprit Scars Divide, on est encore plus vite charmé.

C'est donc un EP fortement coloré que les Suisses de Scars Divide nous présentent. Une forte personnalité associée à une maîtrise technique rendant à cette production le sérieux et l'attention qu'elle mérite. Je recommande cette expérience aux amateurs du genre, bien qu'il soit parfois indéfini. Une très bonne critique qui promet de beaux jours à nos amis frontaliers, on les attendra de pied ferme sur les scènes Françaises !