Silver Snakes - Saboteur

 

Saboteur est le troisième album de Silver Snakes, quartet de post rock angelin formé en 2011. Recentré sur ce projet Alex Estrada, le maître à penser du groupe, a voulu lui donner un asect beaucoup plus industriel. Le résultat semble plaire puisque ce ne sont ni plus ni moins que Robin Staps (The Ocean) qui a signé le combo en Europe sur Pelagic Records et Claudio Sanchez (Coheed And Cambria) sur Evil Link Records aux USA.

Line-up :

Alex Estrada (chant, guitare)

Mike Trujillo (basse)

Jeremiah Bignell (guitare)

Garett Harney (batterie)

 

Désormais en charge du catalogue de Pelagic Records (The Ocean, Klone, Hypno5e) en France, Klonosphere (Trepalium, Flayed, RAB) peut nous envoyer d'autres perles comme Silver Snakes. Impossible pour moi de comparer Saboteur à ses deux prédécesseurs, très différents selon mes sources, mais cet essai est une superbe réussite vu l'entreprise.

Pas évident de faire cohabiter : post-rock, post-hardcore (même si l'influence est finalement la moins présente ici), doom et indus, sans se perdre à un moment.

Et pourtant le quartet de Los Angeles y parvient, non sans quelques accrocs certes mais il y arrive.

Imaginez un chant à la Chino Moreno (Deftones, Crosses), sur des compositions éthérées et atmosphériques (jusque là tout va bien), incluant parfoisn des beats indus à la Nine Inch Nails et des riffs plombés proches du doom. Tel est le voyage plus ou moins conceptuel de Saboteur, l'histoire d'un homme qui se saborde en manipulant les faits et les gens à cause de sa passion dévorante.

La fiche promo nous annonce que les deux plus grosses inspirations de Saboteur sont le Downward Spiral (1993) de NIN et Dopesmoker (1992) de Sleep. Si le premier transpire de « Charmer », de ce « Raindance » plus rock US et catchy ou encore de l'interlude « La Dominadora », le second paraît bien plus lointain. La basse de Mike Trujillo (avec un nom comme ça on ne peut pas jouer autre chose qu'une quatre corde) a cependant ce grain fuzz à quelques reprises (« Dresden », « The Loss », « Charmer »), en poussant loin on peut voir le côté stoner/doom du musclé « Electrify » mais il n'y a bien que « Red Wolf » et ses riffs plombés qui rappellent vraiment le duo.

Sera Timms (Black Mare, Ides Of Gemini, ex-Black Math Horseman) sublime de sa voix suave le début de « Dresden » (qui pour un peu s'approcherait du Ocean Machine d'un certain Devin Townsend), superbe titre planant de neuf minutes qui se mue en grosse bête doom à déchaîner les crinières sur son final qui lorgne plutôt du côté de Godflesh. Assurément l'une des plus grosses réussites de Saboteur. Le plus rageur pour la fin avec « The Loss » monument postcore sur lequel Alex Estrada éructe que son « rêve est mort » lui qui montre à plusieurs reprises ses capacités dans le growl (« Devotion », « The Loss »).

Malgré un léger manque d'accroche sur l'ensemble de ces cinquante minutes, le quartet a su digéré ses diverses influences et les faire siennes pour proposer son propre univers. A la fois éthéré, plombé, torturé, contemplatif et industriel. Saboteur est une belle réussite de post-rock/metal.

Alors, serez vous prêts à découvrir ces serpents d'argents difformes entre Deftones, NIN et du stoner/doom bien gras ?