Sirenia - Dim Days Of Dolor

On ne présente plus Sirenia et son fondateur, Morten Veland, ayant déjà officié dans Tristania durant leurs glorieuses années avant de partir et créer son projet, Sirenia, au début des années 2000. Depuis, le groupe norvégien s'est forgé une sacrée réputation dans le milieu du Métal Symphonique, enchaînant le très bon, le bon et le moins bon mais toujours avec efficacité. Ailyn partie, c'est sur Dim Days Of Dolor que nous découvrons la nouvelle chanteuse de la formation, la française Emmanuelle Zoldan, déjà connue du groupe car faisant partie depuis l'opus An Elixir For Existence de son choeur officiel. Découverte.

Line-Up :

Emmanuelle Zoldan - Chant

Morten Veland - Chant, guitare

Jan Erik Soltvedt - Guitare

Jonathan A. Perez - Batterie

Dim Days Of Dolor va être quelque peu différent du précédent album du groupe, The Seventh Life Path. Déjà, par son chant, le groupe ayant intégré une nouvelle vocaliste en lieu et place d'Ailyn, partie vers d'autres horizons. Mais également par la structure-même de ses titres. Ceux-ci seront ainsi plus directs et iront droit au but, sans s'étaler trop en longueur comme le faisaient la majorité des morceaux sur The Seventh Life Path, transformant ce dernier en un énorme pavé d'1h15 un peu difficile à digérer jusqu'à la fin. D'ailleurs, ce fait se voit sur la durée des chansons de ce Dim Days Of Dolor, passant en moyenne à 5 minutes par titre contre près de 7 minutes pour son prédécesseur.

Et cela se répercutera sur l'efficacité des morceaux proposés par Sirenia. Les titres ne vont pas perdre de temps pour accrocher l'auditeur, et ce dès le début de l'album avec "Goddess Of The Sea", un titre sirenien par excellence avec ses guitares lourdes, ses choeurs reconnaissables entre milles ou encore ses parties de piano féériques. Le refrain ne sera pas l'un des plus fédérateurs de la galette mais le rythme pesant du morceau est idéal pour démarrer l'album, avec en prime un solo rafraîchissant de ce cher Morten Veland. "Dim Days Of Dolor" ou encore "Veil Of Winter" constitueront un exemple encore plus flagrant de l'ultra efficacité que Sirenia a voulu insuffler à ses compositions, proposant des mélodies simples et directes pour des titres de qualité.

Mais Sirenia n'abandonnera pour rien au monde sa capacité à accélérer le rythme tout en gardant en permanence ce côté majestueux des compositions. Aux leads toujours aussi accrocheurs, des morceaux comme "Treasure n' Treason", "Ashes To Ashes" ou "Playing With Fire" seront les tornades attitrées de ce nouvel opus, nous balançant à la tronche double pédale et autres riffs acérés. "Playing With Fire" nous impressionnera de par ses guitares saccadées, Morten Veland se permettant même de pousser son petit growl habituel.

Trois titres seront cependant révélateurs de la grandeur symphonique de la formation, offrant le parfait mélange entre la rapidité des instruments et l'élégance et la finesse des orchestrations, portées avec brio par le chant voluptueux d'Emmanuelle Zoldan. "Fifth Column" nous fera écarquiller les yeux devant la magie de ses symphonies, "The 12th Hour" nous envoûtera très rapidement grâce à une alternance vocale typée "Beauty And The Beast" de toute beauté (Emmanuelle Zoldan se lâchera totalement sur ce titre !) et "Elusive Sun" sera brillant de par son mid-tempo mélodique (qui nous rappellera l'album Nine Destinies And A Downfall) mais tout aussi surprenant par son pont et son blast beat dévastateur.

En somme, trois titres qui montrent que Sirenia n'est pas mort, et encore très loin de l'être ! D'autant plus qu'Emmanuelle Zoldan effectue un travail titanesque, proposant un chant très, très convaincant et qui me fera presque oublier Ailyn (je dis presque car j'ai toujours eu un faible pour le chant plus aérien et envoûtant de la chanteuse espagnole) sur cet album.

Sirenia fait donc très fort sur ce nouvel album, proposant un opus beaucoup plus rentre-dedans et direct que The Seventh Life Path, permettant à l'auditeur de découvrir plus facilement ces 11 compositions et sans l'épuiser musicalement avant la fin. Les morceaux sont résolument accrocheurs, le chant est plus qu'à la hauteur et les orchestrations sont toujours aussi bien servies par le maître à penser Morten Veland. Que ceux qui s'inquiétaient de l'avenir du groupe se rassurent, ce Dim Days Of Dolor démontre à quel point les norvégiens disposent encore de belles ressources dans leur besace. On peut encore compter les yeux fermés sur Sirenia en 2016 !