Sixx:A.M - Modern Vintage

Pour ceux qui auraient hiberné durant les cinq dernières années, Sixx:AM est un projet hard rock (dans un sens assez large du thème) réunissant Nikki Sixx (basse, Mötley Crüe [était il vraiment nécessaire de le préciser ?]), DJ Ashba (guitare, Guns'N'Roses) et James Michael (chant, producteur de Hammerfall, Papa Roach...). Après deux albums se basant sur des livres de Nikki, Heroin Diaries (2008) assez inégal mais qui montrait déjà de belles choses et This Is Gonna Hurt (2011) une tuerie absolue, Modern Vintage est donc le premier album de Sixx:AM qui existe par lui même. Un album pour lequel le trio devrait se lancer dans la deuxième tournée de son histoire depuis le Crüefest de 2008, une bonne nouvelle pour les fans (dont, vous l'aurez peut être compris, je fais partie) qui le sera d'autant plus si Modern Vintage est aussi bon que son prédécesseur. 

Les critères de qualité actuels sont basés sur la technique, Animal As Leaders, Periphery voilà ce que la jeunesse écoute. Du coup on apprécie d'autant plus les groupes capables d'écrire des chansons, des vraies. Un refrain imparable, une belle mélodie, des soli dont on se rappelle note pour note, la simplicité est aujourd'hui plus compliquée à atteindre que la technicité.

Comme pour This Is Gonna Hurt, le premier single publié par le groupe est une déception. Si « Lies Of The Beautiful People » se montrait des plus poussifs sur l'album précédent, « Gotta Get It Right » se montre un peu trop niais pour convaincre réellement, pour un peu le groupe pourrait prétendre à la BO d'un Disney. Et j'aime Disney, tout comme j'aime le fait que Sixx:A.M traite d'émotions simples et pures mais là c'est trop. Fort heureusement le reste de Modern Vintage se montre bien plus enthousiasmant. Plus positif que son prédécesseur (écoutez le final « Before It's Over » pour vous en convaincre) qui conservait toujours une part d'ombre, son mélange assumé d'old school et de « new school » est particulièrement efficient sur des titres comme « Get Ya Some », « Hyperventilate » et « Miracle » (ce clavier purement 70's, couplé à des parties dansantes proches du disco). Le groupe a eu recours a plus d'arrangements que jamais (« Stars », « Gotta Get It Right », « Drive ») ce qui permet de découvrir des détails et des mélodies même après plusieurs écoutes. N'en demeure pas moins que Modern Vintage habrite évidemment des tubes qui feront à coup sûr un malheur en live, en tête desquels le dopant « Let's Go » (qui n'aurait pas dépareillé sur This Is Gonna Hurt) mais aussi le plus rentre dedans « Hyperventilate ». Curiosité de ce troisième opus, « Drive » est une expérience rock/electro qui ne sera clairement pas au goût de tout le monde (un clin d'oeil au film de Refn ?). James Michael n'a jamais aussi bien chanté, les progrès qu'il réalise sur chaque enregistrement se ressent, reste à voir s'il sera capable d'assurer aussi bien lors des futurs concerts du combo ; ces différentes sorties (notamment aux Golden Gods) ne s'étaient pas toujours avérées très convaincantes.

Le trio se montre comme à son habitude très varié dans ses ambiances et certains titres vont bien au delà du rock'n'roll bas du front, à la fin j'ai presque l'impression que ces onze titres sont comme une ode à la musique en général et cela s'avère très addictif. 

Plus sophistiqué et un peu moins surprenant que ne l'a été son prédécesseur, Modern Vintage n'en demeure pas moins un excellent disque de hard rock moderne et une sorte d'hommage à la musique en général. Un grand bol de positivisme et d'accroche simple et efficace qui espérons le, inspirera des groupes à tenter la simplicité et l'ouverture d'esprit.