Slipknot - The Subliminal Verses III

The Subliminal Verses 3,  alias “Vol.3”, sorti en 2004 par Slipknot, fait du groupe nu métal, leur quatrième album. Les Américains s’engagent alors sur une nouvelle pente, prenant un tournant différent et changeant d’orientation musicale, avec cet album riche et varié, plus mélodique et moins violent que son prédécesseur, Iowa sorti en 2001.
L’album a été enregistré entre octobre 2003 et février 2004 à Los Angeles. C’est donc 4mois de travail pour 60minutes d’album produit par le producteur Rick Rubin (label : Roadrunner Records)
Inutile de se poser encore la question, Vol.3 se place 6e dans le classement top album Français avec un score de 105 000 exemplaires vendus.

L’album studio comporte 14 chansons, entamé par Prelude 3.0. Tout au long de cet album et au fur et à mesure de l’écoute, nous pouvons facilement constater le virage qu’a pris le groupe depuis Iowa, les screams de Corey Taylor plus porté sur les aigus, et des guitares plus mélodiques. C’est d’ailleurs, en écoutant la première chanson de l’album, à titre d’introduction, que le décalage se fait sentir, ou plutôt entendre. Car Slipknot n’a pas toujours fait dans le progressif posé en guise d’introduction, on citera la fameuse 742617000027 de l’album Slipknot sorti en 1999, ou encore (515) d’Iowa, et enfin .execute.du dernier album All hope is gone, tous marqués par une violence et puissance qui s’installe et marque directement le ton de l’album.
A quoi s’attendre ? Et oui, la question est telle que l’album réserve encore son lot de surprise, avec un démarrage (qui n’est pas sans nous faire penser à Gematria (The Killing Name) (All hope is Gone)) avec The Blister Exists (5min20 tout de même). Nous découvrons un Riff signé, une voix également, et des percussions encore plus présentent que rapides. Corey Taylor marque alors le ton d’un album qui saura se démarquer par son timbre de voix, et ses screams qui, en perdant certes un peu de violence face à Iowa, prennent une tournure plus sentimentale, comme nous confirmera The Nameless et Vermilion.
Les deux morceaux commercialisés apparaissent en 4e et 10e place sur l’album, Duality et Before I Forget, mélange assez classique, mais qui fonctionne. De gros riffs, une grosse voix, des breaks de batteries et le tour est joué, de quoi faire rugir un stade entier pour les chorus, et provoquer des moshpit de taille.

Mais ce qui marque principalement l’album, ce sont ces quelques titres, qui nous prouvent le nouveau chemin qu’a pris groupe. Circle, Vermilion Pt.2, Danger - Keep Away… des sons clairs, une voix et non plus des screams, une batterie peu ou non présente. Ces chansons sont peut-être à prendre comme une preuve que le groupe sait aussi faire des sons plus posés, plus progressifs. Tous les avis sont à prendre, est-ce pour toucher un public plus vaste ? Est-ce pour annoncer doucement le début de All Hope Is Gone? Quoi qu’il en soit, le décalage se marie correctement avec le reste de l’album donnant comme première impression une certaine gêne, une confusion.
Certes le décalage est à prendre doucement, on est loin de (SIC), Eyeless, Surfacing, Spit It Out, People = Shit, Disasterpiece pour ne pas citer les deux précédents albums dans leur intégralité.

En définitive l’album Vol.3 présente toutes les caractéristiques d’une nouvelle page que le groupe a su tourner et assumer, encore après la mort du bassiste Paul Gray mort le 24 mai 2010 et marquant le début d’une longue pause du groupe. Dans l’attente perpétuelle et le questionnement sur l’éventuelle reformation de Slipknot, on ne se lassera pas encore de cet album, qui laisse planer des soupçons quant à une prochaine production.