Sna-Fu Grand Désordre Orchestre-Knives & Bells

La Klonosphere se montre de plus en plus active question signature, privilégiant des groupes différents voir étranges. Citons entre autre : Nojia, Lopsided, Dwail. Dernier arrivé, Sna-Fu Grand Désordre Orchestre. Formé en 2000 avec un EP et deux albums dans sa besace, l'Orchestre revient pour un troisième opus, Knives & Bells, qui semble déchaîné les passions un peu partout sur la toile. Et leur CV affiche même des participations au Hellfest, Printemps de Bourges et Eurockéennes ainsi que des premières parties de Refused et Dillinger Escape Plan.

Line-up :

Clément Masson (chant)
Charles Castes (batterie)
Philippe Bonnaz (basse)
Hadrien Enlart (guitare)
Cédric Douhaire (guitare)

Dans Sna-Fu (je vais juste dire Sna-Fu par ce que leur nom complet sert probablement juste à emmerder le monde) il y a « fou » quelque part. C'est le mot qu'il va falloir retenir si vous vous risquez à écouter cet Orchestre du désordre. Car en effet le quintet n'aime pas ce qui rentre dans les clous et choisi donc de faire un grand pot pourri (c'est une façon de parler hein) de tout ce qui leur plaît.

Un mix complètement dingue de rock'n'roll, de metal, de stoner, de post-core. Un très bon exemple de cet état de fait est I'll Give You Money qui propose des guitares assez stoner complètement emballées qui se voient suivies par des passages plus hardcore et un break plutôt bourrin par rapport à tout ce à quoi nous avons eu droit jusqu'à lors (cette chanson est en quatrième position). 

L'album ayant été produit par Francis Caste (Bukowski, Zuul FX, Svart Crown) on pense à plusieurs reprises à un défunt groupe qu'il avait produit : Lazy. Dans ce mélange assez dingue, peut être incompatible sur papier mais qui dans les faits donne juste envie de sauter partout tel un cabri. Car au final comme les Lazy, malgré toutes les influences qu'on peut leur trouver, Sna-Fu fait simplement du rock'n'roll.

Pour rester en France on peut aussi penser au premier album de Ed Ake et de l'autre côté de l'Atlantique on pense aux Queens Of The Stone Age ou à Red Fang dans certains riffs (Deadosaurs, I'll Give You Money). Le son de batterie est comme toujours avec Caste très pur, ce qui est très appréciable à une époque où on a tendance à compresser cet instrument à outrance. Le soin apporté aux refrains, la durée relativement courte des morceaux (seulement deux d'entre eux dépassent les quatre mnutes) rend l'album vraiment in-your-face et empêche l'ennui.

A côté des rentre dedans You Don't Like This Song (et ses « again, again, again » qui rendent cinglés), I'll Give You Money ou Gangs le combo a su placé deux titres plus mélodiques qui permettent de respirer un peu au sein de ce maelström. En l'occurence I Hate Berlin et son refrain imparable, foncièrement plus « rock », et Catrina véritable ballade pour les « Fus ». La ligne de basse introductive de ce dernier titre rappelle fortement celle du bien connu Another One Bites The Dust de l'éternelle reine anglaise. Par ces deux titres Clément Masson prouve toute l'étendue de ses capacités vocales, loin de sae limiter seulement aux braillements. Un talent qui fait aussi valoir sur Clairvoyant aux sonorités plus « classic rock ». On trouve même quelques sons electros sur Serial Death Lane, complètement dingue je vous dit !

Alors que le deuxième volet de 300 s'apprète à squatter nos écrans, le définitif Rising semble rendre hommage au premier film (« Tonight we dinne in hell ! »).

Knives & Bells est la baffe française de ce début d'année aux côtés des Drawers. Originale sinon personnelle, la formule de Sna-Fu est efficace, accrocheuse, surprenante. Un vrai régal pour les oreilles de ceux qui avaient craqués il y a quelques années sur Lazy et qui attendent depuis un groupe capable de mixer la rage du hardcore, l'énergie du rock'n'roll et le grain de folie qui sublime le tout.