Snail - Feral

 

Snail, groupe de Potterville (Californie) crée au tout début des années 90 est de retour en ce second semestre 2015 avec Feral sorti par Small Stone Records. Malgré ces vingt-trois années d’ existence, celui-ci n’ est que leur quatrième album long, le groupe ayant connu quelques difficultés à l’issu de leur première sortie discographique en 1995. Le groupe s’étant malheureusement perdu dans les affres de la rock’n'roll attitude... au point de presque totalement disparaître des écrans radars musicaux. Ils font miraculeusement surface en 2009 avec Blood, album célébré à juste titre puis en 2013 avec Terminus tout aussi réussi. Septembre 2015 est l’occasion de retrouver les Californiens avec Feral.

Le groupe a choisi d’installer ses quartiers du côté de Seattle depuis quelques temps et ce passage du Nord au Sud de la côte Ouest Américaine semble avoir densifié les éléments sombre de sa musique. Snail ne cherche pas à révolutionner le genre, ils sont dévoués à la cause Stoner au sens large et la défende avec brio. Depuis Terminus, Snail a gagné en personnalité, prenant de la distance avec les références des débuts pour varier davantage ses titres, contraster les ambiances afin de nous proposer des compositions soignées ou la lourdeur des rythmes se trouvent magnifiée par des mélodies prenantes et une voix hypnotisante. Tout au long des huit titres de Feral, les musiciens mettent en avant leur amour pour les orchestrations et arrangements issus du Rock Psyché 70’s de Syd Barret et une noirceur héritée de Black Sabbath.

« Coming Home » titre de milieu d’ album, bien que construit autour d’un riff Bluesy des plus classique nous emmène de façon insidieuse vers les ambiances et les sonorités du fameux instrumental « Insterstellar Overdrive » du Floyd sur l’album The Piper At The Gates Of Dawn aidé en cela par une pochette colorée hautement Psychédélique signée Seldon Hunt, connu pour ses collaborations avec Isis, Neurosis ou Pelican. « Derail » « Thou Art That » ou encore « Psilocybe » enfoncent le clou mais avec des revendications beaucoup plus sombres et au combien jouissives. Les réminiscences Grunge des débuts de carrière sont bel et bien mises au placard pour laisser place à un Stoner-Doom que les musiciens maitrisent parfaitement et que Saint Vitus, The Obsessed ou Cathedral ne pourrait qu’apprécier et saluer.

Là ou Snail se détache vraiment de ce qui se fait dans le genre se trouve dans la voix de Mark Johnson, qui ne se veut jamais agressive, celle-ci serait même presque “Pop”, mais d’ une Pop qui aurait oublier d’ être terne, mielleuse et sans saveur. Bien au contraire, son chant, faussement détaché se révèle fantomatique, mélancolique, se fait sinueux à la limite du tortueux et c’est pour mieux nous accrocher. L’escargot tient sa proie et ne compte pas la lâcher. « A Mustard Seed » « Born In Captivity » et « Building A Haunted House » sont là pour vous convaincre que Snail sait y faire quand il s’agit de capter votre esprit afin d’abuser de vos sens.

Snail continue donc de nous faire voyager dans l’imaginaire de ses trois pères fondateurs, nous offrant une musique plus oppressante que dans leurs précédents albums, oscillant entre groove malsain, atmosphères dérangeantes et mélodies délicieusement hypnotiques. Le groupe continue son évolution, ose assombrir son propos et fait de cet album, un moment d’introspection salvatrice. Il serait vraiment dommage de louper un tel trip...