Soilwork - The Living Infinite

Les voilà de retour, 3 ans après leur dernier album « The Panic Broadcast » (sortie en juillet 2010), le groupe Suédois Soilwork revient en force avec un double album : The living infinite, sorti en mars 2013. Ce neuvième album, de death metal mélodique, est le premier double album du groupe et le premier album du groupe avec David Andersoon, remplaçant le guitariste fondateur du groupe Peter Wichers qui avait quitté Soilwork pour la deuxième fois en 2012 faisant de cet album le deuxième sans Wichers. Le groupe pensait déjà faire un double album pendant la tournée 2011, ce donnant ainsi un challenge, après le départ de Peter.

The living Infinite offre un total de 20morceaux, 10 sur chaque album. On retrouve sur celui-ci la suite parfaite de The Panic Broadcast, (qui fut salué à sa sortie par la critique comme étant un des meilleurs albums du groupe) lui donnant ainsi, une avant critique très positive.
Dès le premier morceau, la similitude apparaît avec Spectrum of Eternity, le ton est tout de suite imposé, un peu comme fut late for the kill early for the slaughter, qui faisait guise d'introduction à l'album précédant. Ce premier son entame donc les hostilités, nous mettant directement une gifle, avec une intro bien amenée. La surprise et surtout la satisfaction de constater que le groupe est toujours aussi puissant et fidèle à lui-même ne peut que rajouter qu’un plus.
Les titres se suivent, toutes colorées et se dénotant chacune des autres, on retrouve les profiles signés du groupe, des guitares synchronisées et mélodiques, des solos puissant et Björn, littéralement comme vocalement présent dans toute sa splendeur.
Spectrum of Eternity, donné comme single, est pour beaucoup de fans, le morceau représentatif de l'album.
Memories Confined arrive en deuxième place, le riff des deux guitares donne très vite voix au couplet, sur un rythme assez soft, comparé au premier titre. « There is no savior and there is no gun », dévoile clairement la voix claire de Björn, tout aussi agréable que sur les précédentes production. Le solo est signé par Coudret. La chanson crée une atmosphère grise, un peu mélancolique, plutôt surprenant après la puissance du morceau précédent.
Mais pas de panique This momentary Bliss, troisième titre de ce double album reprend tout de suite le dessus, toujours aussi bien agencé, screams, riffs mélodiques, et chorus claire/scream représente encore l'esprit de ce dernier album. Le refrain reste en tête, les paroles aussi. Le solo est quant à lui signé par Andersson, mélodique et lent, après le bridge.
Tongue, chanson clef, confirme la couleur. Démarrage brutale de Björn, qui reste trompeur quant au refrain, assez surprenant en lui-même, voix clair, simple mais encore une fois efficace. On retrouvera les deux guitaristes au solo, d'abord posés et mélodiques, avant de reprendre du poil de la bête avec l'arrivée du batteur Verkbeuren.
The living infinite I, en 5e place, (on retrouvera the living infinite II en 6e place sur le deuxième album), commence avec un son de guitare acoustique, mais ne craignez rien, il ne faut pas longtemps pour que les gros riffs signés Soilwork arrivent. Cette chanson prend donc la place du milieu de l'album, question de logique ou non, elle est la parfaite transition et surprendre avec des paroles sombres, noires « let me go » « I ll be one with the abyss, it will bring me to life ».
Let the First Wave Rise, Puissance, Violence, ces deux mots définissent ce titre, autant au niveau de la batterie, que de la voix, que de la guitare. Tout est synchronisé afin de rebooster l'album et recaptiver l'auditeur. Deux solos, Coudret, et Andersson, après le bridge montant en puissance, avec une accroche captivante, « First, the Silence, then the Chaos. »
Vesta, septième morceau commence tout comme the Living infinite I avec un son acoustique. Un morceau Soilwork, si vous me permettez l'adjectif. Rien à ajouter, la recette y est.
Enfin, un petit truc commençant par le gros riff des guitaristes, Realm of the wasted, (on pensera à The Thrill dans l'album précédent). Une voix pour le chorus appliquée, avec des variantes d'intonation surprenantes par rapport à l'agressivité du titre.
The Windswept Mercy, commence directement et pour la première fois depuis le début de l'album avec une voix claire, mais pour combien de temps ? 23 secondes montre en main ! Et oui, nous sommes tout de même en présence de Björn, bien que très peu de scream sur ce titre, on ne se lacera jamais d'entendre ses cris violents.
C'est donc Whisper and lights qui clos ce premier album, qui pour le moment ne se ressemble pas, et encore à notre surprise, c'est sans scream que le titre commence, et pour couronner le tout, un riff à la guitare non saturée ! Et oui, il nous faudra attendre 1min 13 avant « d'entendre » Björn !

Le deuxième album dans la chaîne hifi, et c'est parti pour Entering Aeons, une intro (2min 33) progressive, une guitare saturée et un son au clavier par Karisson, arrive ensuite la batterie, double pédale, des screams en arrières plans.
Et on y retourne avec Long Live The Misanthrope. Gros riff dès le départ. On aurait très bien pu placer ce morceau dans les trois premiers morceaux du premier CD. Donc une très bonne suite.
Drowning with the Silence, 3e morceau, ou 13e selon les préférences, est marquante par ses paroles pessimistes, (ou réaliste?) « I can laugh in the face of God Cause i won't be loved in the end » ou encore « nothing's changed, nothing will, we still live in the other truth ». Une rythmique plus abstraite, un solo harmonique, une chanson originale qui demande à être écoutée plusieurs fois.
Encore un titre commençant par un son acoustique de guitare, un rythme très posé, et on peut insister sur le « très » comparé au reste de l'album. Antidotes in passing offre une voix encore une fois claire, le refrain ramène l'auditeur face à la réalité de Soilwork, bien que pour une durée assez courte. Le groupe sait faire preuve d'originalité et cela paie.
Que pensiez-vous ? Leech ne nous met pas de claque, non, c'est un coup de poing que l'on se prend dans la face, une explosion, autant niveau chanté, que musical. Et pourtant peut être aurions-nous pu penser que le double album serait très rapidement monotone, fade, et c'est là le véritable danger que le groupe a su surmonter.
The Living Infinite II arrive, guitare claire, de même que pour le premier album, on passe du chaud au froid, du brutal au plus posé, Soilwork joue avec nous, et on tombe facilement dans le jeu proposé par le groupe.
Le seul titre instrumental arrive en 7e place. Joué par Coudret, c'est 2min 34 de technique qui nous est ainsi proposé.
Rise above the Sentiment est le 8e de ce double album, et comme si il y avait besoin de confirmer quelque chose cette chanson nous remporte dans un univers progressif amené au début du deuxième album. Le solo est signé Coudret. On remarquera que ce morceau amène doucement la fin de l'album... il termine par les paroles « in the end »...
Le moment est arrivé de s'écouter Parasite Blues, la voix aigu de Björn est mise à l'épreuve, on retrouvera Andersson au solo. Et en guise de fin « You just kill a friend ».
Et voilà... on y est, le dernier titre, Owls Predict Oracles Stand Guard, comme un au revoir, une petite intro, nous avons trois choix comme nous le dit Björn, « three choices escape, stand guard or give in ». C'est toute l'entreprise du groupe qui prend fin sur ce son, et l'on pourra noter dans les paroles cette phrase. Le voyage s'arrête avec un sourire sur mon visage « my travel ends with a smile on my face ».

Après bientôt 20 ans d'existence, le nouveau est essentiel chez les Soilwork. La bonne note, à part le fait que la sortie soit un double album, est que l'on ne veut pas zapper une chanson, même si ce n'est pas spécifiquement une réinvention du groupe, cette formule de perfection amène un univers dans lequel on souhaite s'imprégner au plus vite, et deux écoutes suffisent amplement. L'impression que le groupe a pris plaisir à enregistrer cet album se ressent également. On sent une certaine confiance et assurance, Soilwork savait ce qu'il voulait, et le résultat en est tout aussi glorifiant, il n'y a plus rien à prouver.